Site de Sommières et Son Histoire /SSH/ fr SPIP - www.spip.net Site de Sommières et Son Histoire /SSH/local/cache-vignettes/L60xH63/siteon0-dc90f.gif /SSH/ 63 60 Sommières il y a 100 ans /SSH/spip.php?article131 /SSH/spip.php?article131 2010-01-07T10:51:30Z text/html fr Laurent Boissier - <a href="/SSH/spip.php?rubrique21" rel="directory">SSH 2007 Bulletin N°16</a> Sommières et les verriers /SSH/spip.php?article130 /SSH/spip.php?article130 2010-01-07T10:45:38Z text/html fr Laurent Boissier - <a href="/SSH/spip.php?rubrique21" rel="directory">SSH 2007 Bulletin N°16</a> SOMMIERES IL Y A CENT ANS /SSH/spip.php?article124 /SSH/spip.php?article124 2008-12-13T16:36:36Z text/html fr G. Auburger <p>Au niveau national l'année 1898 commence par la publication le 13 janvier dans le journal de Clémenceau, l'Aurore, qui fait campagne pour la révision du procès Dreyfus, d'une lettre ouverte de Zola au Président de la République (Félix Faure) sous le titre de "J'accuse". "Voilà un an que le Général Billot, que les Généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose. Et ces gens-là dorment ! Et ils ont (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> / <a href="/SSH/spip.php?mot35" rel="tag">G. Auburger</a> <div class='rss_texte'><p>Au niveau national l'année 1898 commence par la publication le 13 janvier dans le journal de Clémenceau, l'Aurore, qui fait campagne pour la révision du procès Dreyfus, d'une lettre ouverte de Zola au Président de la République (Félix Faure) sous le titre de <i> "J'accuse". </i></p> <p><i> "Voilà un an que le Général Billot, que les Généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose. Et ces gens-là dorment ! Et ils ont des femmes et des enfants qu'ils aiment !..." </i></p> <p>Zola s'en prend nominativement aux ministres successifs, aux généraux de l'état major, au bureau de la Guerre. Il accuse le Conseil de Guerre de 1894 <i> "d'avoir violé le droit en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète" </i>. Il reproche à celui de 1898 <i> "d'avoir commis le crime juridique d'acquitter sciemment </i> <i> un coupable" </i>. L'écrivain conclut :<i> "qu'on ose me traduire en cours d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour. J'attends." </i></p> <p>Les parisiens s'arrachent les numéros de l'Aurore tirés à 300 000 exemplaires. Zola est aussitôt poursuivi pour avoir diffamé les juges qui ont acquitté Esterhazy. Deux camps se forment : pour la révision, Clémenceau et la ligue des Droits de l'Homme ; contre la révision, contre Zola, pour l'armée, la ligue Antisémite, la ligue des Patriotes, le Petit Journal, le Gaulois, la Croix.</p> <p>Le procès s'ouvre le 7 février dans une agitation extraordinaire. <i> "A la Seine, l'italien !" </i> crie la foule surexcitée. L'écrivain fait citer 200 témoins. Le 23 février Zola est condamné à un an de prison et 3 000 Francs d'amende. Le public crie <i> "Vive l'armée ! Vivent les généraux ! A mort les traîtres ! Mort aux juifs." </i>Zola, amer, murmure : <i> " ....ils veulent de la viande." </i> Et part en exil.</p> <p>Au mois d'août le Colonel Henry qui est accusé d'avoir fabriqué une lettre mentionnant Dreyfus, est interné au Mont-Valérien où il se suicide le lendemain.</p> <p>Le 9 septembre décède à l'âge de 56 ans le poète Stéphane Mallarmé, auteur de <i> "L'après-midi d'un faune" </i> et de <i> "A Rebours". </i></p> <p>La grève générale des cheminots s'achève au mois d'octobre sur un échec total.</p> <p>Au mois de novembre Charles Maurras crée le mouvement nationaliste et royaliste <i> "l'Action Française" </i> et publie une revue du même nom.</p> <p>Le 26 décembre Pierre et Marie Curie, dans un hangar de la rue Chomond isolent le radium. Le même mois se tient à Paris le premier salon de l'automobile.</p> <p>Nous ignorons si le procès Zola et les querelles entre Dreyfusards et anti-Dreyfusards ont un écho à Sommières. Les registres n'en font pas mention, mais ce serait étonnant que les clans, en ville, ne se soient pas affrontés à ce sujet.</p> <p>Le Conseil municipal élu en mai 1896 est toujours en place et se réunit régulièrement sous la présidence de son maire Louis Jeanjean.</p> <p>Les nouvelles écoles de garçons sont maintenant construites ; il s'agit de les équiper. Dans sa séance extraordinaire du 20 janvier, le Conseil <i> "considère qu'en construisant des nouvelles écoles il est du devoir des municipalités de les entourer de toutes les garanties possibles en vue d'assurer la sécurité des élèves appellés à les fréquenter" </i> et décide <i> "que le paratonnerre doit être compris dans ces garanties." </i></p> <p>Dans sa séance ordinaire du 18 février, M. le maire expose <i> "que le projet scolaire prévoit l'installation d'une horloge sur la façade principale des bâtiments. Le moment est venu de s'occuper de cette question." </i></p> <p>Le Conseil décide à l'unanimité de faire procéder à cette installation.</p> <p>L'indemnité de logement des pasteurs s'élève à 376 francs pour l'année 1896 ; comme l'année précédente, elle est refusée, malgré une lettre de M. le Préfet qui <i> "peut être considérée comme une mise en demeure adressée en exécution." </i> En revanche, est votée une subvention <i> "au Comité chargé d'élever un monument à la mémoire des combattants de 1870 - 1871 et des Enfants du Gard morts pour la Patrie. La somme sera votée à la session de mai." </i></p> <p>En outre, le Conseil décide de mettre en adjudication le balayage de la ville. La mise à prix pour les offres au rabais est fixée à 1 600 francs.</p> <p>Les problèmes scolaires préoccupent nos élus, car dans une séance extraordinaire en date du 11 mars, M. le maire expose au Conseil <i> "que, vu l'état d'avancement de la construction scolaire, il y a lieu de songer aux travaux de remblaiement des cours et préaux qui n'ont pas été compris au devis." </i></p> <p>Le Conseil Municipal décide que ces travaux feront l'objet d'une adjudication spéciale dont les conditions seront réglées dans un cahier des charges. <i> "Le remblaiement s'effectuera avec du tout venant du Vidourle ou tout venant similaire et le débris pierres de tailles à mettre au dessous de la forme des cours, préaux, terrasses proviendra de la carrière de Pondres. Le chargement à cette dernière ne donnant lieu à aucune indemnité, le carrier s'étant engagé vis-à-vis de Monsieur le Maire à ne rien réclamer." </i></p> <p>Il faut aussi prévoir l'installation d'un calorifère pour le chauffage des écoles. Le moment est donc venu de s'occuper de cette question. <i> "Considérant que l'installation d'un calorifère nécessite des soins particuliers qu'on ne peut trouver que dans des maisons spéciales, fort éloignées de la commune, que le mode d'adjudication doit être écarté pour ne pas augmenter inutilement la dépense" </i>, le Conseil décide <i> "qu'il y a lieu d'autoriser Monsieur le Maire à traîter de gré à gré avec la maison qui lui présentera les meilleures garanties d'installation et d'économie de prix." </i> En ce qui concerne le calorifère dans une séance extraordinaire du 25 avril, c'est le système de chauffage à vapeur de MM. Bouchayet et Viallet, constructeurs de Lyon qui est retenu pour un prix de 4 000 francs. Les élus s'aperçoivent qu'il faut encore construire un égout collecteur sur une longueur d'environ 225 mètres et un mur de clôture le long de la rue contiguë aux nouvelles écoles.</p> <p>Il est aussi question d'un projet de déviation du chemin de Grande Communication numéro 12 du Pont de Lunel à Sommières : "<i> Il serait très avantageux et fort utile pour la commune de Sommières, ainsi que pour plusieurs communes voisines, que la partie du chemin de Grande Communication n°12.......comprise entre la gare de Junas et celle d'Aubais fût dévié à partir de Gavernes à la gare d'Aubais, en passant par le chemin latéral à la voie ferrée". </i></p> <p>Nous savons que ce projet parfaitement cohérant n'a jamais connu de suite. Le préfet refusera au mois d'octobre, prétextant que la commune de Sommières vient de s'imposer de lourds sacrifices pour la construction de son groupe scolaire.</p> <p>Le chemin a servi pendant de longues années de raccourci entre Aubais et Sommières.</p> <p>La série des séances extraordinaires se poursuit : au cours de celle du 24 mai Monsieur le Maire est autorisé à passer un bail à loyer avec Monsieur Burbas, capitaine de Cavalerie en retraite, demeurant à Montpellier, pour la ferme de l'enclos appelée chalet Saussine. Le loyer annuel est fixé à 400 francs, le bail établi pour 9 ans, résiliable après des périodes de trois ans.</p> <p>Le compte de gestion du comptable au 31 décembre 1897 est approuvé dans la séance du 27 juin. Les recettes s'élèvent à 118 601,06 francs, les dépenses à 108 872,39 francs soit un excédent de recettes de 9 728,67 francs.</p> <p>Le maire soumet à l'approbation le budget primitif pour 1899. Il se monte à 34 832,50 francs, mais comme il présente un déficit de 15 000 francs il nécessite une imposition extraordinaire pour insufficance de revenu de 42 centimes.</p> <p>Le secrétaire de Mairie reçoit toujours un traitement de 1800 francs, le receveur municipal 1129 francs, les gardes champêtres 2100 francs. L'entretien de la maison commune, de la maison d'école, de l'horloge, des églises, du temple, du presbytère, des halles et du marché, de l'abattoir revient à 1000 francs. Celui des cimetières, des aqueducs, des puits et pompes, des pavés et de la promenade à 1 600 francs. L'éclairage public est en augmentation de 200 francs (4700 francs). Le préposé de l'abattoir perçoit un traitement de 860 francs et le porteur de télégrammes 300 francs.</p> <p>En ce qui concerne les écoles, la résidence des instituteurs occasionne une dépense de 1200 francs, le chauffage 450 francs, la caisse des écoles 650 francs.</p> <p>Les fêtes publiques induisent une dépense de 500 francs.</p> <p>Les élus, ne rechignant pas à se réunir un 15 août, c'est ce jour-là qu'ils se décident enfin à donner pouvoir à M. le Maire de traîter avec la Compagnie du gaz pour l'éclairage de l'Esplanade. Afin d'assurer le bon fonctionnement de l'éclairage de la promenade et des écoles, <i> "la Compagnie devra opérer dans un délai de un mois le changement des tuyaux actuels depuis l'avenue Emile Jamais, en passant par les quais jusqu'aux nouvelles écoles par des nouveaux tuyaux à dimensions supérieures." </i></p> <p>Les pasteurs n'ont vraiment pas de chance, puisque leur indemnité de logement leur est à nouveau refusée.</p> <p>Un poste de concierge pour les nouvelles écoles est créé ; ce dernier percevra un traitement de 700 francs et sera logé gratuitement.</p> <p>Tout semble prêt pour l'inauguration. Le 3 septembre, Monsieur le Maire <i> "demande au Conseil si après toutes les difficultés surmontées, après 10 ans d'efforts dépensés pour faire aboutir cette oeuvres démocratique, il n'y aurait pas lieu d'accompagner la cérémonie d'inauguration, fixée au 2 octobre prochain d'une petite fête qui servirait à marquer la satisfaction qu'ont enfin les pères de famille d'envoyer leurs enfants dans un établissement digne de les recevoir et où se trouveront réunis les éléments indispensables de bonnes et fortes études : le bien être et l'hygiène. La dépense qu'entraînerait cette fête serait de 2000 francs". </i></p> <p>Accord général et invitation à Monsieur le Préfet à assister à cette inauguration et à rehausser par sa présence l'éclat des réjouissances publiques.</p> <p>Quant à l'école des filles, au mois de novembre le Conseil autorise Monsieur le Maire à faire des réparations nécessaires à l'éclairage.</p> <p>Au vu de toutes ces délibérations nous constatons que le Conseil s'est réuni 11 fois, que la construction des nouvelles écoles des garçons a été la préoccupation première des élus, que les filles et les mères de famille ont été bien oubliées. Peu de travaux ont été exécutés en ville à cause des dépenses importantes faites pour l'éducaction des jeunes Sommiérois. En cette année 1898 nous sommes évidemment loin de toute égalité de sexe !</p> <p>La façon de procéder des élus paraît surprenante : on met au point pendant dix ans un projet de construction d'écoles pour les garçons, et à mesure de l'avancement des travaux, on s'aperçoit qu'il faut une horloge, puis un paratonnerre, un égoût, un mur, enfin l'éclairage. Ceci explique en partie la fréquence des réunions du Conseil municipal.</p> <p>Voici pour comparaison, l'Etat Civil de 1898 et celui de 1997 (jusqu'au 30 novembre ).</p> <p>Année 1898 : Naissances 64 dont 36 garçons et 28 filles. Décès : 81. Mariages : 21. Divorces : 1. Population de la ville : 3000 habitants.</p> <p>Année 1997 : Naissances (hors Sommières) 30 dont 22 filles et 8 garçons. Décès : 48. Mariages : 11. Divorces : 11. Population de la ville : 3 500 habitants.</p> <p>Il y a un siècle, on se mariait beaucoup, on divorçait peu ; les garçons étaient plus nombreux que les filles. On décédait davantage.</p> <p>Autres temps, autres moeurs.</p> <p><strong>Sources</strong></p> <p>GUERRA X. - <i> La France de la Troisième République </i> - Culture, art, loisirs, Paris, 1971.</p> <p>Archives Communales de la Ville de Sommières.</p> <p>Registres des Délibérations du Conseil Municipal. Côte : 1 D 10.</p> <p>Registres de l'Etat Civil.</p></div> SOMMIERES A TRAVERS LES ARCHIVES /SSH/spip.php?article123 /SSH/spip.php?article123 2008-12-13T16:35:19Z text/html fr J.P. Desaunay <p>NDLR : A l'occasion de recherches personnelles effectuées pour Sommières et son Histoire, des évènements concernant notre cité du XIe au XVIe siécles ont été relevés. Nous les publions ici. Dans la deuxième partie de cet article, l'auteur traitera des archives depuis le XVIIe siècle jusqu'à la Révolution Française. L'orthographe originale a été respectée. XIe SIECLE 1029 Noble Bermond de Sommières et plusieurs autres seigneurs ou nobles du pays furent présents à (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> / <a href="/SSH/spip.php?mot20" rel="tag">J.P. Desaunay</a> <div class='rss_texte'><p>NDLR : A l'occasion de recherches personnelles effectuées pour Sommières et son Histoire, des évènements concernant notre cité du XIe au XVIe siécles ont été relevés. Nous les publions ici. Dans la deuxième partie de cet article, l'auteur traitera des archives depuis le XVIIe siècle jusqu'à la Révolution Française. L'orthographe originale a été respectée.</p> <p><strong>XI</strong><strong>e</strong><strong> SIECLE</strong></p> <p><strong>1029</strong> Noble Bermond de Sommières et plusieurs autres seigneurs ou nobles du pays furent présents à la fondation faite par Garsinde, veuve de Bernard d'Anduze, et Almérade, frère de ce dernier, pour la rémission des péchés de Bernard, leur pére, du monastére de Saint-Pierre de Sauve.</p> <p><strong>1034 </strong> Noble Bermond de Sommières et plusieurs autres seigneurs furent présent à la donation faite à l'abbaye de Saint-Guillem du Désert, la paroisse de Saint-Pierre de Meyrues, située dans l'ancien diocése de Nîmes et aujourd'hui dans celui d'Alais, par Bermond de Sauve et Almérade d'Anduze.</p> <p> ** Différend entre Pierre vicomte de Béziers et d'Agde et Bermond de Sauve son frére utérin, qui prenait le titre de comte. Ils terminérent leur querelle par un accord qu'ils firent dans une assemblée à laquelle Etienne, évêque de Béziers, présida. Bermond s'engagea, par serment de se déclarer vassal du comte Pierre son frére, auquel il donna cinq seigneurs pour otages, entre autre Pons-Bernard de Sommières, qui cautionnèrent chacun pour la somme de mille sols.</p> <p><strong>1097 (16 septembre)</strong> Foulques, abbé de Psalmodi et ses religieux, ne pouvant souffrir que leur monastére fût soumis à l'abbaye de Saint-Victor, sous prétexte qu'il était immédiat au Saint-Siège, demandérent au pape Urbain II d''tre rétablis dans leur ancienne liberté. Le cardinal Richard, abbé de Saint-Victor, offensé de cette démarche, usa des voies de fait et chassa de son autorité l'abbé et les religieux du monastére de Psalmodi. Des arbitres de ce différent, nommés par le pape avec ordre de le juger, déclarèrent l'abbaye de Psalmodi indépendante de celle de Saint-Victor, et Richard souscrivit avec ses religieux au jugement qui fut rendu en présence de plusieurs seigneurs du pays, entre autre de Pons-Bermond de Sommières et Bermond, son frère.</p> <p><strong>XII</strong><strong>e</strong><strong> SIECLE</strong></p> <p><strong>1135</strong> Pons de Bermond (Poncius Bremundi) de Sommières, et plusieurs autres seigneurs du pays furent présents au nouvel accord que Béranger Raymond, comte de Provence par son mariage avec Béatrix, comtesse de Melgueil, passa avec Guillaume de Montpellier.</p> <p><strong>1146</strong> Bermond de Sommières et plusieurs autres chevaliers sont présents lorsque Bermond VI, seigneur de Montpellier, fit son testament dans la maison où demeurait Ermessinde, sa mére, et fit équiper plusieurs vaisseaux et alla servir en Espagne contre les Sarrasins.</p> <p><strong>1168</strong> <strong>(Juin)</strong> Bertrand II abbé reçut une donation des seigneurs de Sommières.</p> <p><strong>1183</strong> Donation faite par Bernard d'Anduze à la confrérie de Sommières pour le rétablissement de la paix que le comte de Toulouse fit enfin avec le roi d'Aragon.</p> <p><strong>1184</strong> Bertrand d'Anduze, seigneur de Sommières, fit donation à Jean, prieur, de dix saumées de sel à prendre annuellement dans la ville de Sommières, exemptes de tous péages et autres droits, donation faite à la chartreuse de Bonnefoy.</p> <p><strong>1185</strong> Désemparation par Bermond de Sommières de certaines terres sises à Aigues-Vives, et que son père avait léguées à Franquevaux.</p> <p><strong>1196</strong> <strong>(1er mars)</strong> Le comte Raimond VI de Toulouse à pillé les biens de la maison de Saint-Amans prés de Sommières, s'emparant du moulin et des moissons de celle-ci.</p> <p><strong>XIII</strong><strong>e </strong><strong>SIECLE</strong></p> <p><strong>1212</strong> <strong>(20 avril)</strong> Bulle originale d'Innocent III, adressée à l'évêque d'Uzés, légat du siége apostolique, et à l'évêque de Nîmes, au sujet d'une plainte de l'abbaye de Saint-Gilles contre Raimond comte de Toulouse, qui détruit des bâtiments de Saint-Félix d'Espeiran et le moulin de Saint-Amans prés de Sommières, église appartenant à l'abbaye. Les deux évêques jugeront cette cause. Donné à Latran, le douze des calendes de mai, quatorzième année du pontificat.</p> <p><strong>1214</strong> <strong>(février)</strong> Confirmation d'une donation de treize métairies (mansos), faite à l'abbaye de Bonneval en Rouergue, par Bernard VII, seigneur d'Anduze, à son fils aîné Pierre Bermond VI, seigneur de Sauve.</p> <p><strong>1215</strong> Mort à Rome de Pierre-Bermond VI.</p> <p> ** Pierre-Bermond VII, hérite de son pére Pierre-Bermond VI, seigneur de Sauve, de la seigneurie de Sommières.</p> <p><strong>1222</strong> <strong>(31 décembre)</strong> Guigues, parolier de Sommières, et sa femme Guillaumette, de leur bon gré et pure volonté se donnent tous deux à l'hôpital Notre-Dame de Montpellier, sous le nom de frére Donat et de súur Donate, hypothéquant audit hôpital tous leurs biens meubles et immeubles présent et avenir, de quelque qualité et conditions qu'ils fussent, et ce à Guitard de Benavent, maître du dit hôpital, à la charge qu'il ne pourra les contraindre de prendre l'habit de la religion, ni leur faire garder clôture, sans leur gré et consentement.</p> <p><strong>1223</strong> Mort de Bermond VII.</p> <p><strong>1243</strong> Le roi Louis IX confisque les domaines de Pierre Bermond VII, seigneur de Sommières.</p> <p><strong>1248</strong> <strong>(août)</strong> Echange entre le roi Louis IX et l'abbé et religieux de Psalmodi, passé à Aigues-mortes, par lequel les religieux cédent au roi tout le terrain dans lequel la ville d'Aigues-Mortes et forteresse se trouvent placées qui s'étend jusqu'à la mer, et en dédommagement de cette cession le roi leur donne une condamine qu'il a dans le terroir de Sommières située le long des murs de la ville prés du chemin qui conduit à Alais avec ses autres tenants et aboutissants, à la réserve de la justice.</p> <p><strong>1249</strong> <strong>(juin)</strong> Blanche de Castille décréte que les marchands partant d'Allais, d'Anduze, de Saint-Ambroix pour aller à Montpellier, devront passer par Sommières et non par Sainte-Croix.</p> <p><strong>1255</strong> <strong>(14 avril)</strong> Reconnaissance faite à Sommières, de Pierre de Conchis évêque de Maguelone, à Guillaume de Anthomme, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, et à Guy Fucoldi représentant du roi Louis IX, que la ville de Montpellier et ses appartenances, font partie de la couronne de France.</p> <p> ** <strong>(15 avril)</strong> Lecture de l'acte passé, dans la chapelle du château, par Pierre de Conchis, évêque de Maguelone, qui oppose le peuple de Montpellier à l'autorité du roi pour s'assurer la protection du roi de France, dans le conflit d'Aragon.</p> <p><strong>1278</strong> Quittance de vingt sous tournois donnée par Guillaume Buceus, châtelain de Sommières, en faveur des consuls de Nîmes.</p> <p><strong>1281</strong> Le sénéchal de Beaucaire, ayant recours aux voies de fait, ramassa des troupes à Sommières et à Nîmes, et vint faire des ravages aux environs de Montpellier.</p> <p><strong>1290</strong> <strong>(mars)</strong> Présentation de la part des consuls de Montpellier à Bérenger, évêque de Maguelone, des lettres du sénéchal de Beaucaire, contenant celles de Philippe le Bel, données à Vincennes le mercredi avant la Chandeleur, par lesquelles il lui enjoint de ne plus évoquer par excommunication à son tribunal ecclésiastique les différents contre les gens d'église concernant le payement de la taille, mais d'en laisser la connaissance au juge séculier. Le député de la ville de Montpellier en vertu du pouvoir à lui donné cite l'évêque à comparaître devant le sénéchal de Beaucaire à Sommières, le lundi avant les cendres.</p> <p><strong>1293</strong> Arnaud de Mici, viguier de Sommières, prêta serment de bien gouverner et de rendre la justice conformément aux coutumes de Montpellier, et à défaut conformément au <i> "droit écrit" </i>.</p> <p><strong>XIV</strong><strong>e</strong><strong> SIECLE</strong></p> <p><strong>1303</strong> Le consul de Sommières est convoqué à la première session des états du Languedoc, tenu à Montpellier.</p> <p><strong>1305</strong> Rôle des actes passés entre le couvent des Cordeliers et Pons de Sommières.</p> <p><strong>1307</strong> Acte de paréage passé entre le roi Philippe le Bel et l'évêque de Mende, Guillaume Durand II, donnant à l'évêque Odillon de Mercoeur, les domaines du vicomté de Grézes, une partie de la viguerie de Meyrueis, et le bailliage de Saint-Etienne de Valfrancisque, enlevés aux seigneurs de Sommières.</p> <p> ** <strong>(mai)</strong> Le député de Sommières est convoqué aux états généraux de Tours.</p> <p><strong>1308</strong> <strong>(20 avril) - 1309 (13 août)</strong> La monnaie étant en régie, sous la direction de Pierre Rémont et de Guillaume le Mestre, il a été frappé des mailles tierces, des mailles tournois noires et des petits tournois noirs.</p> <p><strong>1309</strong> <strong>(18 août) - 1310 (8 mai)</strong> Pierre Remont et Guillaume le Mestre, ont frappé des mailles tierces.</p> <p><strong>1310</strong> Rôle des actes passés entre le couvent des Cordeliers et Raymond de Lecques, ainsi que Poncet Bastier.</p> <p> ** <strong>(8 mai) - (20 février)</strong> Pierre Remont, maître particulier, a frappé des mailles tierces.</p> <p> ** <strong>(20 février) - 1311 (10 juillet)</strong> La monnaie, remise en régie sous la direction de Pierre Remont, Guillaume le Mestre et Thote du Puy, a émis des bourgeois forts, des bourgeois simples et des mailles bourgeoises.</p> <p><strong>1318</strong> <strong>(29 juillet)</strong> Convocation des députés avec pleins pouvoirs, aux états de la langue d'Oc à Toulouse.</p> <p><strong>1332</strong> Reconnaissance faite par Jean Roussillon, de Saucines, à Pierre Jocelin, marchand de Sommières, de trois piéces de terre sises dans la dîmerie de Saint-Etienne de Saucines.</p> <p><strong>1335</strong> <strong>(26 octobre)</strong> Lettre de Philippe de Prie, sénéchal de Beaucaire et Nîmes, au viguier de Sommières, lui demandant de citer les consuls, syndics ou procureurs de tout lieu habité, pour qu'ils viennent, deux ou trois par localité, à Aigues-Mortes, le vendredi avant la Toussaint pour y traiter avec lui des réparations à faire au port d'Aigues-Mortes.</p> <p> ** <strong>(novembre)</strong> Interdit jeté par les évêques de Maguelone, de Nîmes et de Viviers, à cause, à ce qu'il parait, de quelques légéres entreprises des officiers royaux sur leur juridiction.</p> <p> ** <strong>(novembre)</strong> Le roi, informé de cette sentence, et prétendant que par un privilége du Saint-Siége, les lieux de son domaine ne pouvaient être interdits, sans un ordre exprés du pape, manda au sénéchal de Beaucaire, d'engager ces prélats à la révoquer, ou de les y contraindre par toutes sortes de voies.</p> <p><strong>1338</strong> (<strong>28 novembre) - 1339 (3 avril)</strong> Pierre Guerry et Pierre Estruy (Ostruy) ont émis des lions d'or de vingt sols tournois et de cinquante au marc, des deniers d'argent à la couronne, de dix deniers tournois, à huit deniers de loi et de quatre vingt seize au marc.</p> <p> ** <strong>(3 avril) - 1339 (25 mai) </strong>Philippe de Poge a frappé des lions d'or, des blancs à la couronne, de dix deniers tournois et de quatre vingt seize au marc et des doubles tournois de cent quatre vingt au marc.</p> <p><strong>1339</strong> <strong>(21 mai) - (28 juin)</strong> Philippe de Poge a frappé des lions d'or.</p> <p> **<strong> (25 mai) - (12 juillet)</strong> Philippe de Poge a frappé des blancs à la couronne, de dix deniers tournois et de quatre vingt seize au marc, et des doubles tournois de cent quatre vingt au marc.</p> <p><strong>1340</strong> Plaidoyé fait par le procureur des consuls de Montpellier devant Agout des Baux, sénéchal de Beaucaire, contre certains habitants de Sommières, qui fraudaient en faisant des cercles pour lier les tonneaux en bois de ch‚taignier et qui pourrissaient.</p> <p> ** <strong>(15 juin)</strong> Lettre du roi Philippe VI, au sénéchal de Beaucaire, d'y donner l'ordre requis contre certains sommiérois qui fraudaient les tonneaux.</p> <p> ** <strong>(27 juin)</strong> Lettre pour défendre de faire dépaître les bestiaux dans les terres de Sommières et de Montredon où sont des arbres fruitiers.</p> <p> ** <strong>(8-14 novembre)</strong> Réunion de l'administration des monnaies de Sommières à celle de Montpellier.</p> <p> ** <strong>(14 novembre) </strong>Mandement au sénéchal de Beaucaire, au juge, au receveur, aux maître et gardes des monnaies, <i> "de faire payer, sans procédure, sans delay ni forme de procés, toutes les dépenses qu'il avait esté nécessaire d'avancer, pour transporter à Montpellier la monnaie qui estoit auparavant à Sommières" </i>.</p> <p><strong>1349</strong> <strong>(16 mai)</strong> Visite du roi Philippe VI de Valois à Sommières.</p> <p><strong>1359</strong> <strong>(3 février)</strong> Lettre du lieutenant du roi ordonnant au receveur de la sénéchaussée de Beaucaire de ne faire payer les censes et lods pour des maisons ruinées à cause qu'elles étaient trop proches des murailles et des forteresses de la ville de Sommières.</p> <p> ** <strong>(16 septembre)</strong> Lettres du lieutenant du roi en Languedoc pour maintenir les habitants de Sommières dans le privilége, possession et maniére d'élire conseillers.</p> <p><strong>1360</strong> <strong>(2 janvier)</strong> Lettres pour les habitants de Montredon contre les habitants de Sommières qui les voulaient contraindre à se réduire et leurs biens meubles et denrées dans la ville de Sommières.</p> <p> ** <strong>(9 juillet)</strong> Assemblée à Sommières des sénéchaussées de Toulouse, Carcassonne et Beaucaire, au sujet des exigences du comte d'Armagnac, obligeant les communes de la langue d'Oc à lui donner une somme égale à celle qu'elles avaient accordée au comte de Foix, avec menace, en cas de refus, de leur faire la guerre et de porter la désolation dans le pays.</p> <p><strong>1363</strong> <strong>(20 janvier)</strong> Les habitants de plusieurs villages payèrent quatre cents florins d'or l'exemption du guet dans le château de Sommières ; depuis cinq ans seulement le sénéchal avait jugé à propos de leur imposer cette obligation.</p> <p> ** <strong>(26 mars)</strong> Des routiers de du Guesclin sont signalés du côté de Sommières, les consuls se hâtent de faire rentrer des vivres dans la ville et le château.</p> <p><strong>1365</strong> <strong>(20 décembre)</strong> Les hommes d'armes de Sommières sont appelés à Villeneuve lés Avignon, ou réside le duc d'Anjou.</p> <p><strong>1366</strong> <strong>(28 mai)</strong> Lettres de litispendance pour les habitants de Sommières et de Galargues contre le seigneur de Lunel pour raison de péage du pont de Lunel.</p> <p><strong>1367</strong> <strong>(23 février)</strong> Lettre enjoignant au viguier de Sommières de recevoir et prendre le serment des conseillers que l'université du lieu à droit de nommer chaque année.</p> <p><strong>1368</strong> <strong>(mars)</strong> Les consuls de Sommières sont convoqués par le duc d'Anjou à Beaucaire, pour conférer sur les moyens de délivrer entiérement la province des compagnies.</p> <p> ** <strong>(25 mai)</strong> Le duc d'Anjou donne l'ordre de dédommager la viguerie de Sommières <i> "des sergents, arbalétriers et pavoisiers, des provisions et de l'artillerie qu'elle lui avoit envoyés pour son armée des contés de Provence et de Forcalquier". </i></p> <p><strong>1369</strong> <strong>(11 août)</strong> Les consuls de Montpellier sont cités à comparaître à Sommières pour ne pas avoir versé, au receveur, leur part du subside, nouvellement imposé en Languedoc, de deux francs d'or et demi par feu, et d'avancer aux consulats pauvres qui ne pourraient payer.</p> <p><strong>1370</strong> Nombre de feux dans la ville et viguerie de Sommières (Someyre), deux mille quatre feux.</p> <p><strong>1372</strong> <strong>(3 avril)</strong> Lettres mandant au viguier de Sommières de faire ôter et abattre certaines avancées étant en la rue du Portal des Fréres Mineurs de Sommières qui étaient trop basses et nuisibles.</p> <p> ** <strong>(8 mai)</strong> Le roi Charles V transfère à Sommières le droit de bourgeoisie qui était établi dans la part antique de Montpellier.</p> <p><strong>1374 (26 octobre)</strong> Lettre du duc d'Anjou, demandant au châtelain de Sommières, de ne pas empêcher les marchands de Montpellier qui vont à la foire Saint-Amans ou de Toussaints de ne pas les troubler.</p> <p><strong>1377 (mars)</strong> Le bâtard de Landorre, aprés s'être étendu dans les Cévennes, aux environs de l'Espéron, fait des courses jusqu'à Sommières.</p> <p><strong>1378</strong> Jean de Brueil, sénéchal de Toulouse et d'Alby, en présence d'Arnaud Delar, gouverneur royal à Sommières, remet au consul de Montpellier, l'ordre du roi de faire saisir la seigneurie de Montpellier, le comté de Cesseron et toutes les autres terres que le roi de Navarre possédait en Languedoc.</p> <p><strong>1380</strong> Lettre de Louis, duc d'Anjou, lieutenant pour le roi en Languedoc, accordant le pardon des crimes de désobéissance et de sédition aux détenus dans les prisons du château de Sommières.</p> <p><strong>1381</strong> <strong>(12 août)</strong> Lettres contre les banniers de Sommières qui faisaient le ban et la "Tale" aux habitants de Montredon quoique leurs bestiaux n'eussent fait aucun dommage.</p> <p><strong>1384</strong> Réunion à Sommières des états de la sénéchaussée de Beaucaire par Enguerrand d'Eudin, afin de prendre la t'te de la milice du pays et de faire la guerre aux Anglais et aux Tuchins qui resteraient dans la région.</p> <p> ** La localité d'Aujargues est attribué à la viguerie de Sommières.</p> <p> ** Les localités de la Canaules et d'Argentiéres faisaient encore partie de la viguerie de Sommières avant d'être rattachées à la viguerie d'Anduze.</p> <p> ** <strong>(février)</strong> Mort dans les prisons du château de Sommières de Robert Dalphin, seigneur de Saint-Ylipide et chef de gens d'armes et de pillards qui faisaient guerre contre le vicomte de Polignac et son frére.</p> <p><strong>1386</strong> <strong>(31 août)</strong> Lettre portant commission au viguier de Sommières de faire fortifier les forteresses pour résister aux ennemis et de faire abattre les mal défendables.</p> <p><strong>1387</strong> Nombre de feux dans la ville et viguerie de Sommières, quatre cent trente quatre.</p> <p><strong>1388</strong> <strong>(20 juillet)</strong> Lettres pour les habitants de Sommières qui les maintiennent au droit d'élire deux hommes de probité tous les ans pour visiter le poisson qui se vend à Sommières s'il est bon ou gâté.</p> <p> ** <strong>(20 juillet)</strong> Lettre pour les habitants de Sommières portant défense au châtelain du château de les faire contraindre à faire garde au château de jour et de nuit.</p> <p><strong>1393</strong> <strong>(17 août)</strong> Lettres de nelitispendance en cas d'appel pour les habitants de Sommières contre le châtelain de la ville qui voulait les contraindre à faire garde au château.</p> <p><strong>1396</strong> <strong>(5 septembre)</strong> Plainte d'Antoine de Lovier, évêque de Maguelone, qui accuse les officiers du roi d'arborer sur leur château les pennons du roi de France, à ceux de l'église de Maguelone, dans le but de se soustraire à sa juridiction. Sur quoi, Charles VI fit expédier des lettres au ch‚telain de Sommières, recteur de la part antique, au sénéchal de Beaucaire et à ses autres officiers, d'examiner les plaintes de l'évêque, <i> "et que s'il leur paroît que les lettres de fauvegarde obtenues par ces particuliers foient au préjudice de l'évêque, ils ayant à les révoquer, caffer et annuler, leur recommandant expreffement d'empecher que l'évêque dorénavant foit troublé pour le m'me fujet, mais qu'au contraire ils donnent tous leurs foins à remettre les chofes en l'état qu'elles étoient avant cette querelle" </i>.</p> <p> ** <strong>(novembre)</strong> Evasion de Huguenin Coignasse, jeune homme de la ville du Puy en Auvergne, mis en prison et enchaîné au château de Sommières, s'est évadé la nuit à l'aide d'une corde, aprés avoir brisé ses fers.</p> <p><strong>XV</strong><strong>e</strong><strong> SIECLE</strong></p> <p><strong>1401</strong> Transaction passée entre le prieur de l'église de Sommières et les héritiers d'un sieur Cayroles, qui par testament avait légué cent sous, pour une fondation dans ladite église.</p> <p><strong>1404</strong> <strong>(1er août)</strong> Reconnaissances faites par les habitants de Galargues <i> "loci de Galazanicis de Montusio" </i>, à noble Guiraud Moret de Sommières.</p> <p><strong>1421</strong> <strong>(13 juillet)</strong> Rachat du château de Sommières par Charles VII, fils du roi de France, régent du royaume, dauphin du Viennois, duc de Berry, de Touraine et comte de Poitou.</p> <p><strong>1433</strong> <strong>(9 mai)</strong> Obligation consentie par Bernard Martial, de Congénies, à Pierre de Saint-Marcel, marchand de Sommières, pour six moutons d'or.</p> <p><strong>1439</strong> Renouvellement des concessions déjà usitées d'un banc de cinq deniers sur chaque quintal de sel des greniers de Sommières.</p> <p><strong>1459</strong> Le roi préléve à Sumidrio la quatriéme pitte sur le loyer du four des abbés de Psalmody.</p> <p> ** <strong>(26 juin)</strong> Privilége accordé par Charles VII, à Chinon, aux consuls et habitants de Sommières, de fournir par préférence le grenier à sel de la ville.</p> <p><strong>1461</strong> Lettres du roi Charles VII en faveur de Veyran de Soleyret, de Héléne Troxoph'me et Jacquette Troxoph'me sa fille, en procés avec Guillaume Bermond de Sommières, seigneur de Combas.</p> <p><strong>1462 </strong>Lettre royale du roi Louis XI audit Remy de Marimont, interdisant la chasse aux roturiers en faveur de noble Bermonde de Sommières sa femme, contre Aymeri de Narbonne, seigneur d'Ayen, diocèse de Rodez.</p> <p> ** <strong>(8 février)</strong> Lettre de Rémy de Marimont, gouverneur de Montpellier enjoignant à Alphonse Maltais, chevaucheur d'écurie, de publier dans tous les lieux et place de la viguerie de Sommières, les lettres royaux ordonnant de <i> "prandre et arrester tous les oylseaux, fillés, chiens et aultres engins à prendre toutes maniéres de bestes, de toutes personnes non nobles". </i></p> <p><strong>1472</strong> Contrat de vente par Guillaume de Saint-Jean, du lieu de Sommières, en faveur de Pascal Bouzanquet, d'une terre sise à Saint-Firmin de Boissiére, pour le prix de sept livres tournois, et reconnaissance d'un sétier d'orge passée en faveur de messire Pons Robin, recteur de la confrérie des Quatre Pr'tres de Sommières, par ledit Bouzanquet.</p> <p> ** Remboursemenr à Guillaume de Neve, licencié és lois, procureur d'Antoine Negret, marchand de Sommières, de six livres treize sols quatre deniers, pour trente deux setiers d'avoine, à raison de cinq doubles le setier, donnée aux gens d'armes de Dauphiné.</p> <p><strong>1473</strong> Procès intenté par les Cordeliers de Sommières, contre Pierre de Galliéres, conseiller à la cour des aides de Montpellier, prenant fait et cause pour Pierre Portal au sujet d'une piéce de terre possédée par ce dernier, et que les Cordeliers prétendaient leur avoir été usurpée au temps des guerres de religion.</p> <p><strong>1474</strong> <strong>(28 octobre)</strong> La ville de Sommières s'éléve contre la remise faite, par le roi Louis XI, aux habitants d'Alès de la moitié de toutes leurs tailles pendant six ans.</p> <p><strong>1479</strong> <strong>(29 mars)</strong> Vente faite par Guillaume de Monteils, de Sommières, d'un plantier de la dîmerie de Saint-Julien de Montredon, sous la directe de noble Antoine de Ganges, co-seigneur de Pondre.</p> <p> ** <strong>(10 avril)</strong> Testament de Belette Monnier. Elle consacre douze livres à son âme et désire être inhumée en l'église Saint-Pons de Sommières.</p> <p> ** <strong>(24 avril)</strong> Prix fait baillé par Pierre Mazandon, Jean Babolet et Jean Auruols, ouvrier de l'úuvre de Notre-Dame de Saint Pons de Sommières, avec l'assentiment des consuls, à Vitalis Verdier, fondeur de cloches, campanerio de Montpellier, pour fondre deux cloches, <i> "ad faciendum duas campanas, videlicet l'ostia (la cloche qui est en dessous de la porte) et unum terciale bene et debite consonantes cum aliis campanis" </i>. Le fondeur fournira le métal à raison de onze livres par quintal et recevra pour la façon vingt et une livres quinze sols. En marge : <i> "Non venit ad effectus quia inde subtilior magister venit" </i>.</p> <p> ** <strong>(18 mai)</strong> Achat pour Jacques Solages d'une maison <i> "cum quodamcroso" </i>, sise à Sommières, <i> "in foro inferiori, sive mercat soteyran" </i>, moyennant treize livres dix sols.</p> <p> ** <strong>(23 mai)</strong> Prix-fait baillé par Pierre Mazandon, Bernard de Saint-Marcel et Jean Auruols, ouvrier de l'oeuvre de Notre-Dame de Saint-Pons de Sommières, avec l'assentiment des consuls Robert Passequin et Nazaire Vigier, à Nicolas Volomard, campanier d'Avignon, pour fondre deux cloches, <i> "videlicet campanan dictam de l'ostia et unum terciale, bene et consonantes cum aliis campanis" </i>. Le fondeur fournira le métal à raison de onze livres dix sols par quintal et recevra vingt quatre livres pour la façon.</p> <p> ** <strong>(1er juin)</strong> Lods fait par noble Bertrand de Gorsac, écuyer, seigneur de Saint-Clément, à noble Pons Charbonnel, notaire à Sommières, pour une vigne de la dîmerie de Saint-Julien de Montredon.</p> <p> ** <strong>(11 août)</strong> Lods fait par Jacques Mureler, recteur de l'hôpital des pauvres de Sommières, au sujet des ventes faites à Jean Guiraud, ex-grénetier, par noble Hervé et Jean Alquier, de Montpellier. Il s'agit d'une maison du quartier des balmes, dans une allant de la rue droite au château royal ; d'une autre, sise rue des balmes, rue de lo cart, et rue allant au château ou à l'église ; d'une autre, sise rue allant de la porte des Fréres Mineurs à la rue de Saint-Pons. L'acte est passé au bourguet des Fréres Mineurs de Sommières, <i> "in carreria publica inter viridarium Petri Demessas et viridarium Johannis Auriolis" </i>.</p> <p> **<strong> (5 octobre)</strong> Vente faite par Raymond Guiraud, hôtelier de Sommières, agissant pour lui, la veuve de Pierre Magne, hôtelier, et consorts, à Pierre Demessas, hôtelier de Sommières, d'une maison de la rue droite, allant de la porte des Fréres Mineurs <i> "versus forum superiorem" </i>, moyennant deux cent vingt cinq livres. L'acte est passé au bourguet ou faubourg des Fréres Mineurs, <i> "in diversorio intersigni Dalphini" </i>.</p> <p> ** <strong>(6 octobre)</strong> Lods fait par Pierre Roche, bachelier en droit, lieutenant de Pierre de Roquebertin, conseiller du roi, son capitaine et viguier de Sommières, pour une maison de la rue droite, allant de la porte des Fréres Mineurs <i> "versus forum sive platheam superiorem" </i>, acquise par Pierre Demessas.</p> <p> ** <strong>(8 octobre)</strong> Quittance donnée par Pierre Roche, bachelier en droit, à Jacques Reboul, marchand de Sommières, tuteur de feu Antoine Talon, fils du défunt marchand Etienne Talon, et à Guillaume Nuys, marchand de Sommières, de tout ce qu'ils lui devaient comme ayant droit d'Albert Talon, héritier d'Antoine.</p> <p> ** <strong>(27 octobre)</strong> Mariage de Jaufred Brun, de Sommières.</p> <p> ** <strong>(28 octobre)</strong> Echange entre Pierre Roche, bachelier en droit, et le marchand Albert Talon.</p> <p> ** <strong>(2 novembre)</strong> Bail en paiement <i> "Datio in solutum" </i> pour Jaufred Brun.</p> <p> ** <strong>(8 novembre)</strong> Vente faite par Pierre Morel à Etienne Chapelier, fournier de Sommières, de l'usufruit d'un four sis à la condamine de Psalmodi, rue de Notre-Dame, allant de la place de la porte des Fréres Mineurs à la riviére du Vidourle, pour trois ans, moyennant sept livres dix sols de rente.</p> <p> ** <strong>(9 novembre)</strong> Lods fait par Raimond Manhand, moine et doyen du monastére de Saint- Gilles, prieur des églises paroissiales de Saint-Pons de Sommières et de Saint-Bauzély de Villevieille, pour un échange entre Pierre Roche, bachelier en droit, et le marchand Albert Talon.</p> <p> ** <strong>(9 novembre)</strong> Acapte passé par noble Pierre de Montaigu, écuyer, seigneur de Cannes, Vic et Fontanés, au carrier, <i> "lapidum trassatori", </i> Amiel Barbier, de Sommières, d'une terre au quartier de Puechméjan, à Fontanés.</p> <p> ** <strong>(27 novembre) </strong>Bail de la terre de Sommières.</p> <p> ** <strong>(1er décembre)</strong> Lods fait par Jean Cailar, lieutenant de Pierre Perier, juge royal de Sommières, pour un échange entre Pierre Roche, bachelier en droit et le marchand Albert Talon, de la moitié de la succession d'Antoine Talon, contre une maison <i> "in foro sise platea superiori" </i>.</p> <p> ** <strong>(8 décembre)</strong> Lods fait par Nazaire Vigier, Jean Barbolet et Guillaume Congienhas, conseillers ou caritadiers "cartonis sabateriorum Sumidrii" à Antoine Vedel, de Vic, pour la délivrance de deux terres de la dîmerie de Saint-Julien de Montredon, quartier de <i> "Las condaminas" </i> ou de <i> "Botieyra" </i>, délivrance à lui consentie par la cour des conventions royaux de Nîmes.</p> <p> ** <strong>(8 décembre)</strong> Reconnaissance féodale faite par Antoine Vedel aux dits conseillers <i> "sive caritaderiis scale sabateriorum" </i>.</p> <p> ** <strong>(12 décembre)</strong> Quittance de douze livres faite par Jean Belcorps, de Sommières, comme mari de Jeannette Yvonnet, à André Brice de Quissac.</p> <p><strong>1480</strong> <strong>(1er janvier)</strong> Mariage d'Antoine Garin, fournier.</p> <p> ** <strong>(15 janvier)</strong> Achat fait par Antoine Mestre, de Sommières, d'un plantier de la dîmerie de Saint-Bauzély de Villevieille, avec lods à lui fait par les dames de Villevieille, noble Marie et Louise Scatisse, súurs, la seconde représentée par la premiére. L'acte est passé au château de Villevieille, <i> "in camera paramenti ejusdem domine" </i>.</p> <p> ** <strong>(15 janvier)</strong> Mariage d'Antoine Etienne, boucher de Sommières.</p> <p> ** <strong>(19 janvier)</strong> Quittance dotale faite par Arnaud et Antoine Garin fréres, fourniers de Sommières, à noble Catherine de Roquebertin, femme de Pierre de Roquebertin, capitaine et viguier royal de Sommières, et à Jacques Spinelli, <i> "alias Manescal" </i>, de Sommières, de neuf livres <i> "plus unam aupelandam de violeto et unam gonellam rubey coloris" </i>, en déduction de la dot de la femme d'Antoine.</p> <p> ** <strong>(23 janvier)</strong> Mariage de Guillaume Pagés, de Sommières.</p> <p> ** <strong>(31 janvier)</strong> Acapte passé par Pons Robin, prêtre et recteur de la confrérie des prêtres de Sommières, à Jean Sportone, cuiratier de Boisseron, diocèse de Maguelone.</p> <p> ** <strong>(18 mars)</strong> Lods fait par Pierre Roche, bachelier en droit, rentier du prieuré de Saint-Pons de Sommières et d'autres membres du doyenneté de Saint-Gilles, en vertu d'un arrêt du parlement de Toulouse en faveur d'Henri de Jambes contre Raymond Manhand, moine et doyen du monastére de Saint-Gilles, au sujet d'une terre de la dîmerie de Saint-Laurent <i> "de Stampiis" </i>, juridiction de Boisseron.</p> <p><strong>1485</strong> <strong>(19 août)</strong> Vente faite par Jean Durant, de Saussines, à Gilbert Malhan, moine de Saint-Gilles, prieur de Saint-Pons de Sommières, du pré de la Font à Saussines.</p> <p><strong>1488</strong> Remboursement à Jean Belot, huissier des généraux, pour des significations à plusieurs villes dont Sommières, de trois livres cinq sols.</p> <p><strong>1491</strong> Remboursement à Pierre Roche, licencié de Sommières, de six livres, d'une vacation pour aller à Montpellier conseiller les consuls de cette ville.</p> <p><strong>1494</strong> Donation faite en faveur du couvent des Cordeliers de Sommières, dont était alors gardien feu François Cayrolle, d'une terre de deux quarerées sise à Costaurelle, à condition qu'il sera célébré une messe pour le repos de l'âme des donateurs après leur mort.</p> <p><strong>1495</strong> <strong>(22 janvier)</strong> Signification à Pierre Prunier grénetier de Sommières.</p> <p><strong>1497</strong> Remboursement à Pierre Bonhart, charretier de Sommières, de trois livres quinze sols, pour six journées où lui et ses compagnons ont porté les pierres du pont Trincal au pont Juvénal.</p> <p> ** Frais remboursés à Guilhem Lecas, charretier, de sept livres dix sols pour dix journées avec son tombereau et ses bêtes, pour charrier les bois et les pierres de Sommières au pont Juvénal.</p> <p><strong>1498</strong> Procés intenté par le syndic des Cordeliers de Sommières aux hoirs de feu le comte de Fontanés, au sujet d'un legs d'une canne d'huile, fait par son aeïul Bermond seigneur de Combas aux dits religieux.</p> <p><strong>XVI</strong><strong>e</strong><strong> SIECLE</strong></p> <p><strong>1503</strong> <strong>(27 mai)</strong> Réglement pour la garnison royale de Sommières.</p> <p><strong>1506</strong> Vente faite par Jacques Brémond de Sommières, à François Cosin, d'Aigues-Mortes, de deux terres sises l'une à la Ferrassiéres et la seconde à l'Olm, au terroir d'Aimargues.</p> <p><strong>1507</strong> Procés intenté par les Cordeliers de Sommières, contre le sieur Moynier, d'Aimargues, en usurpation de fonds.</p> <p><strong>1508</strong> Discussion des biens de Pierre Capion, marchand de Sommières, avec l'accord sur ce passé avec Gilbert de Langlade, également marchand à Sommières, qui s'oblige à faire un paiement aux créanciers de Capion. L'acte est incomplet du commencement Jean Aguilhonnet, bachelier es droit, fils et héritier d'autre Jean Aguichante, de concert avec Pierre Andorran, bourgeois et notaire, expose par l'organe du notaire Barnier, devant la cours des conventions royaux de Nîmes et en présence de Pierre Capion, que ledit Capion est tenu d'une dette de deux cent trente cinq livres tournois envers lesdits Aguilhonnet, Andron et Barnier. Cette obligation à été reçue par le notaire Guillaume de l'Orme. Capion refusant de satisfaire ses créanciers, ceux-ci ont fait saisir une maison de Capion située à Sommières. Léonard Salazet a fait, comme tiers, opposition à cette saisie, ce qui a amené la cause devant la cour des convention, ou Salazet et Capion ont succombé. Les créanciers exposent que Gilbert de Langlade, marchand de Sommières, consent à se décharger de la dette de Capion, qui s'est élevée à deux cent quarante deux livres cinq deniers tournois, pourvu que lesdits Andron, Barnier et Jean Aguilhonnet, avec le consentement de Capion, cédent au dit de Langlade tous leurs droits sur ladite maison, à eux délivrée par la cour des Conventions. <i> "Et hoc ad fines ut ipse Capionis, a dictis carceribus Morerii Nemausi , in quibus prisonerius ad instantatiam dictorum creditorus detinetur, elargitur et relaxetur." </i>.</p> <p><strong>1509</strong> <strong>(17 août)</strong> Jacques Valette, bourgeois de Nîmes, comme tuteur et curateur des enfants et héritiers de feu Jean Aguilhonnet, marchand de Nîmes, Pierre Andron, bourgeois, et Folquet Barnier, notaire de Nîmes, donnent quittance à Gilbert de Langlade de quatre vingt une livres un sol tournois, à compte sur ce qui leur est dû.</p> <p><strong>1514</strong> <strong>(octobre)</strong> Doléances de la ville de Sommières, afin de garder et d'entretenir les priviléges donnés et octroyés par le roi Louis XII.</p> <p><strong>1516</strong> Testament de Jacques Pelet, léguant et autorisant les Cordeliers de Sommières de percevoir les fruits et émoluments des biens à eux légués.</p> <p><strong>1518</strong> <strong>(14 avril)</strong> Acapte passé entre les seigneurs et les habitants de Combas, portant sur les droits de dépaissance et de lignerage <i> "jura depascendi, ligna scindendi et ruscandi" </i>. Ce lignerage a pour objet, la coupe et écorçage des ch'nes-verts. L'acte est passé à Combas sur la place publique par devant le viguier, en présence de Pierre Roche, Pierre Claparéde, prieur de Combas, et Pierre Coste, notaire de Sommières. Le notaire est Jean Blachet, défunt notaire de Sommières, des notes duquel Jean Bedos, notaire à Sommières, a extrait la transaction. Les pouvoirs lui sont donnés à ces fins, par Antoine Bourdin, seigneur du Pouget, capitaine et viguier de Sommières.</p> <p><strong>1522</strong> <strong>(octobre)</strong> Reconnaissance de Raymond Teissier aux quatre prêtres de Sommières, Pierre Villetelle, Bernard Albert, Gabriel Corbiére, recteur de la chapellenie de Saint-Michel prés de Sommières, et Etienne Guiraud.</p> <p><strong>1526</strong> <strong>(15 septembre)</strong> Arrentement consenti par Pierre Fabre, licencié es lois de Nîmes, à Jean Scot (Lescot), savonnier de Montpellier, de son domaine de Saussines, prés de Sommières, en franc alleu et tel qu'il a été acquis de Gilbert Malian, moine de Saint-Gilles et prieur de Saint-Pons de Sommières.</p> <p><strong>1529</strong> Les troupes bourgeoises de Sommières, Montpellier, Lunel...., poursuivent des brigands jusqu'à une grande distance aprés avoir pris connaissance d'une lettre du sieur de Clermont, lieutenant du général de Languedoc, annonçant l'apparition d'une bande de brigands gascons, et de les avertir de s'armer <i> "Est mandé fére assembler les hommes du pays, et si mestrier est, le ban et l'arriére ban, pour essayer à rompre certaine bande de gens de pied qui sont de quatre à cinq cents hommes, conduits et amenés par ung capitaine nommé Antoine... ; et sont venus de Montpellier, tirant à Vauvert, et ont disné aujourd'huy à Milhau, et de là tiennent le chemin de la Calmette, et ne savons s'ils tiendront le chemin des montaignes où le pays bas" </i>.</p> <p><strong>1531</strong> <strong>(10 août)</strong> Anne de Montmorency, gouverneur du Languedoc, nomme Raymond Arnaud, licencié en droit, juge pour le roi François 1er de la part antique de Montpellier et des villes et vigueries de Sommières et d'Aigues-Mortes, son procureur général et spécial pour toutes les affaires de son gouvernement.</p> <p><strong>1532</strong> Compte de noble Gilbert de Langlade, clavaire royal de la ville et viguerie de Sommières, pour ses recettes et son administration. <i> "Compotus nobilis viri magistri Gilbertis de Langlade, clavarii regii viccarie Sumidrii, de per eum receptis et administratis in uno anno incepto in festo nativitatis beati Johannis Baptiste mille cinq cent trente et un et finito simili die anno revoluto mille cinq cent trente deux, redditus per magistrum Carolum d'Amblainville, dicti clavarii procuratorem </i>."</p> <p> ** Antoine Bargeton sergent royal de Sommières, est condamné à quinze livres tournois d'amende pour adultére.</p> <p> ** Licence à Alexis Olivier, de Junas, à huit sols tournois, pour faire disparaître quarante bêtes à laine dans le territoire et la juridiction de Sommières.</p> <p> ** Gages à noble Antoine Bourdon, capitaine et ch‚telain du château royal de Sommières, de cinq sols tournois par jour, ou quatre vingt onze livres cinq sous tournois par an, et quarante livres tournois par an, comme viguier royal de Sommières.</p> <p> ** Frais de justice s'élevant à cinq livres tournois, à monsieur Mathieu Arcan, substitut du procureur du roi à Sommières, pour la peine et le temps employés à la poursuite de malfaiteurs.</p> <p> ** Frais de justice s'élevant à vingt quatre livres dix sept sols et six deniers tournois, à noble Gilbert de Langlade, clavaire de Sommières.</p> <p> ** Frais de justice à Thomas Arcan Geôlier et gardien de la prison du château de Sommières, à trois livres dix neuf sols deux deniers tournois, pour la garde et la dépense de bouche de divers prisonniers, à raison de dix deniers tournois par jour.</p> <p><strong>1537</strong> Lettre de Charles Duplessis, seigneur de Sommières, commissaire député pour L'aliénation du domaine royal, portant cession aux consuls moyennant vingt livres tournois de la directe du roi et de la censive de dix huit sous tournois sur la poissonnerie de Sommières.</p> <p><strong>1542</strong> Arrêt du parlement de Toulouse maintenant les Cordeliers de Sommières dans le droit de percevoir les fruits et émoluments des biens à eux légués par Jacques Pelet dans son testament de mille cinq cent seize.</p> <p><strong>1543</strong> Arrentement des terres dépendant de ladite chapellenie consentis par les Recollets de Sommières, en faveur de Dominique Peloust, au prix de onze livres.</p> <p><strong>1544</strong> <strong>(31 janvier)</strong> Mariage de Pierre Pelat, notaire de Sommières.</p> <p> ** (<strong>7 avril)</strong> Testament de Danielle Vergier, femme de Jean Guiraud, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(25 avril)</strong> Compromis entre Bernard de François, syndic et gardien du couvent des Frères Mineurs de la ville, et Laurent Deleuziére, licencié en droit, mari de Sibylle Vieille. Il s'agit de l'exécution d'un codicille de Françoise Dumas, veuve d'Etienne Guibal, en date du trois septembre mille cinq cent trente huit, et d'un testament de Denis Guibal, fils héritier de ladite Dumas, en date du dernier février mille cinq cent trente huit. Les arbitres ordonnent que deux messes seront célébrées à l'église des Fréres Mineurs, par les religieux, l'une le premier dimanche de chaque mois dans la chapelle de la Vierge, l'autre, tous les mardi du mois dans la chapelle fondée par Etienne Guibal. Deleuziére paiera au couvent vingt cinq livres en quatre ans. Il fournira aussi les†v'tements d'une chapelle, à savoir une chasuble de diacre et sous-diacre avec le nécessaire.</p> <p> ** <strong>(27 avril)</strong> Mariage d'Antoine Franc, bourrelier de Sommières.</p> <p> ** <strong>(6 mai)</strong> Achat pour le prêtre Jean Etienne, recteur de la rectorie de Sommières, d'une maison à Villevieille, sur la rue allant du <i> "pourtal Rossel" </i> à l'église, moyennant seize livres quinze sols.</p> <p> ** <strong>(11 mai)</strong> Mariage de François de Courts, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(17 mai)</strong> Mariage de Blaise Chapu, meunier de Sommières.</p> <p> ** <strong>(6 juillet)</strong> Achat pour Antoine Castanet, bourrelier de Sommières, d'une maison sur la rue <i> "allant du merché Soteyran au portal de la Grave" </i> et confrontant <i> "la muralhe commune" </i>, moyennant trente cinq livres.</p> <p> ** <strong>(30 septembre)</strong> Lods fait par Jean Masaudon, marchand de Sommières, prévôt de la confrérie de la Sainte-Hostie, agissant pour lui et les autres <i> "perbosses" </i> ou prévôts, au sujet d'une terre de la dîmerie de Saint-Amans.</p> <p> ** <strong>(1er octobre)</strong> Lods fait par Pons Vergier, marchand de Sommières, procureur de noble Franc Conseil, seigneur de Saint-Roman de l'Aiguille et de la Condamine du Bourguet de Sommières, pour un jardin à Sommières.</p> <p> ** <strong>(19 octobre)</strong> Mariage d'Antoine Astier, arbalétrier de Sommières.</p> <p><strong>1546</strong> Arrentement des terres de la chapellenie d'Aimargues, consenti par les Récollets de Sommières, en faveur de Dominique Peloust, au prix de douze livres.</p> <p><strong>1549</strong> <strong>(18 septembre)</strong> Vente faite par François Masset, marchand à Sommières, à François Cannac, marchand de la m'me ville d'une vigne avec dix huit journaliers, au prix de cinquante deux livres cinq sols tournois, chaque livre comptait pour vingt sols. L'acte est passé à Sommières, dans la maison du marchand Antoine Lauriol, par le notaire Claude Bonnet.</p> <p><strong>1553</strong> Capture d'Andrieu Cappion dit le Vedel et ses complice, faite par le capitaine de Sommières et ses gens.</p> <p><strong>1555</strong> Arrentement des terres dépendant de la chapellenie d'Aimargues, consenti par les Récollets de Sommières, en faveur de Jean Riviére, au prix de seize setiers de blé.</p> <p><strong>1557</strong> La ville doit mille quatre cent quatre-vingt trois livres pour ses biens ruraux.</p> <p><strong>1559</strong> Arrentement des terres dépendant de la chapellenie d'Aimargues, consenti par les Récollets de la ville, en faveur de Jean Riviére, au prix de vingt livres.</p> <p><strong>1560</strong> Réclamation faite par les Cordeliers aux consuls de Sommières, d'une somme de quatre cents livres, dont ceux-ci leur avaient payé longtemps les intérêts.</p> <p> ** <strong>(16 novembre)</strong> Aprés le départ de Villars, Graignon est chargé de reconstituer les églises protestantes de Sommières.</p> <p><strong>1561</strong> <strong>(14 mai)</strong> Jean Granchon de Sommières se trouve au colloque des réformés de Nîmes, pour mettre fin à une discussion entre les ministres Mauget et Mutonis.</p> <p> ** <strong>(28 août)</strong> Un synode est réuni à Sommières : Claude Chevalier ministre de l'église protestante, écrit à Calvin au nom de ses collégues, que les protestants de Sauve ont étés bl‚més pour avoir déchiré et brûlé des images pieuses.</p> <p> ** <strong>(11 septembre)</strong> Chevalier au nom de ses fréres de Sommières, demande qu'on laisse de Sémidde à la tête de l'église réformée de Bagnols.</p> <p> ** <strong>(19 octobre)</strong> Aprés une émeute violente, les protestants de Sommières s'emparent des églises.</p> <p> ** <strong>(23 décembre)</strong> L'église réformée de Sommières demande à Genève un ministre adjoint à Guillaume Grigon ; elle propose Jean Clot, médecin, qui a déjà prêché. Toute la ville est protestante. Signé : de Segai, Malboy, Dedos, Espinel, Amat Ammat, Bonpar, Périer, Mazondoy, Morques, Arnaud, Lauryot, Pellicié, Laurens, Crozet, Séguret, Guilhaumet, Bonnet, Macain, Cezeman, le Couard, Paulis, Pons, Vergier, Marin, Phelype, Charast, Arnaud et Cerbier.</p> <p><strong>1562</strong> Pierre Reboul de Sommières porte trois charges de poudre de Sommières à Montpellier.</p> <p><strong>1563</strong> <strong>(18 août)</strong> Le roi Charles IX accorde pour dix ans la ferme du tirage du sel à la part du royaume du Dauphiné, et de six greniers du bas Languedoc, Sommières, Lunel, Marsillargues, Nîmes, Beaucaire et Saint-Esprit, à François de la Bothiére et ses associés. Ils paieront au roi cent mille livres par an. Toutes les charges sont à leur compte.</p> <p><strong>1566</strong> Requête adressée par les Cordeliers au duc de Montmorency, pour se plaindre des protestants qui avaient envahi leurs biens, détruit leur couvent, et de le supplier de les obliger à leur rendre leurs propriétés.</p> <p> (A.D.G.-A.E.-H 532)</p> <p> ** Ordonnance du duc de Montmorency enjoignant aux protestants de rendre lesdites propriétés, y compris la chapellenie de Pelet, de restituer lesdits immeubles et de ne plus troubler les Cordeliers dans leur jouissance, sous peine de cinq cents livres d'amende.</p> <p> Arrentement des biens de la chapellenie d'Aimargues, consenti par les Cordeliers de Sommières, en faveur du sieur Veyssiéres, au prix de trente deux livres.</p> <p> ** <strong>(17 avril)</strong> Procuration donnée devant Jean de Montcamp ou Montcalm, juge-mage et lieutenant général en la sénéchaussée, commissaire de l'assiette, par les consuls de Sommières, à Jean Saurin, premier consul de Nîmes, pour assister à l'assemblée des gens des trois états du pays de Languedoc.</p> <p> ** <strong>(1er mai)</strong> Assemblée des trois états du pays de Languedoc, convoquée par le roi.</p> <p> ** <strong>(8 novembre)</strong> Lettre patente du roi Charles IX indiquant qu'il sera prélevé cinq deniers tournois sur chaque quintal de sel vendu au grenier de Sommières, pour le paiement du régent et l'entretien du collège de Nîmes.</p> <p><strong>1572</strong> Ordre au consuls de Nîmes de payer aux consuls de Sommières la somme de quarante neuf livres cinq sous qui leur sont dus.</p> <p> ** Gaspard de Nemauso, voyage à Aigues-Mortes <i> "conduisant certain attirail pour la conduite de l'artillerie des piéces que y estoient pour faire conduire au camp de Somiéres" </i>.</p> <p> ** La garnison des hommes de troupe du château de Sommières est composée de douze soldats.</p> <p> ** <strong>(10-14 septembre)</strong> Lettre de Belliévre, assurant au roi Charles IX, que les protestants se sont retirés de Sommières.</p> <p><strong>1573</strong> Livraison du charroi de trois muids de vin au château de Sommières, d'ordre de Damville.</p> <p> ** Livraison par Antoine Peirié, de un muid de vin, fuste et vin, pour le camp devant Sommières.</p> <p> ** Livraison par Amans Nouvel, de suaires pour les soldats morts au mas de Pinon, du régiment du seigneur de Savinhac, venant de Sommières <i> "auquel mas lesdits sieurs consuls avoient faict dresser ung hospital pour recevoir les soldats malades." </i> et de toile "pour faire lanternes" pour le camp de Sommières.</p> <p> Livraison par Claude Merment, lanternier, de fallots et lanternes de fer blanc et de toile fournis au sieur de Villeneuve pour le siége de Sommieres</p> <p> ** <strong>(4 février)</strong> Lettre de Catherine de Médicis confirmant à Damville les dires du roi, le prévenant qu'il ne pouvait lui envoyer d'argent pour l'entretien de ses troupes qui s'apprêtaient à assiéger Sommières.</p> <p> ** <strong>(28 février)</strong> Lettre du maréchal de Damville, par laquelle il demande aux consuls et diocésains de Nîmes, d'envoyer le plus rapidement possible, a son armée au camp de Sommières, les charrettes, pionniers, chevaux et vivres, pour lesquels ils ont payés, conformément à la délibération des derniers états tenus à Montpellier.</p> <p> ** <strong>(15 mars)</strong> Lettres du maréchal Damville au duc d'Anjou, sur les assauts contre la ville de Sommières.</p> <p> ** <strong>(23 mars)</strong> Lettre du roi Charles IX, au maréchal Damville, qui approuve le siége de Sommières.</p> <p> ** <strong>(23 mars)</strong> Lettre de Catherine de Médicis, à Damville, lui demandant de se contenter des trois cents mille livres que doit lui fournir le Languedoc pour l'entretien de son armée, et le siége de Sommières.</p> <p> ** <strong>(10 avril)</strong> Lettre de la reine mére qui demande, à Damville, de lui narrer, ainsi qu'au roi Charles IX, la prise de la ville de Sommières.</p> <p> ** <strong>(30 avril)</strong> Lettre de Charles IX qui félicite le maréchal Damville pour la prise de Sommières.</p> <p> ** <strong>(30 avril)</strong> Lettre de Catherine de Médicis qui félicite le maréchal Damville pour la prise de Sommières.</p> <p> ** <strong>(11 mai)</strong> Une procuration est donnée par les consuls de Sommières, soumis au roi, à la demande des commissaires députés présidents pour le roi, en l'absence des diocésains, ensemble des consuls de Nîmes, à Alexis Fabre, quatrième consul et Martial Guillot, syndic de Sommières, pour assister à l'assiette du diocèse à Beaucaire.</p> <p> ** <strong>(2 juin)</strong> Récusation pour le procés de Pierre Durand, viguier de Tarascon, contre de Bourdin, capitaine de Sommières.</p> <p><strong>1574</strong> Lettre de Damville au capitaine la Vachette, gouverneur de Sommières.</p> <p> ** Achat de toile pour faire les lanternes du camp de Sommières.</p> <p> ** Achat de suaires pour les soldats du régiment de Savinhac venus du camp de Sommières et morts au mas de Pinoy.</p> <p> ** <strong>(25 février)</strong> Une procuration est donnée par les consuls de Sommières à André Sollier, premier consul, et à Guillaume Faujon, quatriéme consul, pour assister à l'assiette générale du diocése à Beaucaire.</p> <p> ** <strong>(24 décembre)</strong> Provisions, envoyées par le roi, en vivres et munitions, pour le siége de Sommières.</p> <p><strong>1575</strong> <strong>(13 mai)</strong> Liquidation des blés achetés en mil cinq cent soixante treize pour l'approvisionnement de la ville de Montpellier et les camps de Sommières et Baillargues.</p> <p> ** <strong>(5 décembre)</strong> Lettre du maréchal de Damville à monsieur de Saint-Roman, concernant l'imposition sur le diocése de Nîmes, sur l'entretien de la garnison de Sommières.</p> <p><strong>1576</strong> Commission de Henri de Montmorency donnant l'ordre aux consuls, de mettre en garnison au château de Sommières quinze soldats pour surveiller les mouvements des protestants.</p> <p><strong>1577</strong> <strong>(5 avril)</strong> Instructions baillées par le roi à monsieur de Villardz, afin de faire comprendre à monsieur de Savoye et au maréchal de Bellegarde, ce qu'ils auront à négocier avec le maréchal de Damville, dans le but de récupérer Sommières et les meilleures villes du pays.</p> <p><strong>1578</strong> <strong>(15 novembre)</strong> Protestation de monsieur de Saint-Jalle, chevalier de l'ordre du roi, commandant en l'absence du maréchal de Damville, aux députés de l'assemblée des églises prétendues réformées, tenue à Sommières, concernant l'adhésion de ces dites églises à l'intervention de monsieur de Chatillon, qui avait secouru en hommes et en munitions le château de Beaucaire.</p> <p> ** La somme que le diocése paye tous les trimestres à la garnison de Sommières pour ses soixante hommes d'armes est de mille sept cent soixante sept livres.</p> <p><strong>1579</strong> <strong>(5 juin)</strong> Assemblée tenue à Sommières, à cause de la grande contagion de peste qui désolait la région.</p> <p> **<strong> (9 novembre) </strong>Réduction de la députation élue à Sommières pour aller à la cour, le chiffre de trois membres étant excessif.</p> <p><strong>1583</strong> Tarif particulier pour la ville de Sommières, du présage universel, qui payait pour une livre, quatre deniers.</p> <p><strong>1584</strong> Missive du duc de Montmorency au sénéchal de Beaucaire, lui ordonnant de répartir quatre mille écus pour 'tre employés aux fortifications de Sommières, Beaucaire, Nîmes, Aimargues et Massillargues, à cause de l'agressivité des rebelles.</p> <p> ** Assemblée protestante tenue à Sommières.</p> <p><strong>1588</strong> Deux jours de transport à dos de mulets de deux charges de poudre de Montpellier à Sommières et Montpellier.</p> <p> ** <strong>(1er janvier)</strong> Dette, de quarante deux écus d'or, faite par le marchand Antoine Massureau au capitaine Pierre Gallien.</p> <p> ** <strong>(3 janvier)</strong> Vente de fruits pour Antoine Villaret, <i> "hoste du bout du pont" </i> de Sommières.</p> <p> ** <strong>(3 janvier)</strong> quittance pour Jean Baud, <i> "bastier du Bourguet" </i> de Sommières.</p> <p> ** <strong>(10 janvier)</strong> Quittance dotale de six cents livres faite par Jean Comte, marchand de notre ville, à son beau-pére, noble Imbert de Marc, seigneur de La Calmette, plus <i> "deulx robes bubcialle, assavoir ung dessus noir de camellot du Levant à gros grain et la cotte de camellot à hondes rouge... et ung pair de coffres de bahut". </i></p> <p> ** <strong>(11 janvier)</strong> Reconnaissance dotale faite par Abraham Sellon, marchand de Sommières, à sa femme Marie de Nogaréde.</p> <p> ** <strong>(17 janvier)</strong> Apprentissage de Joseph Caussan chez Salamon Vigier, maître-chirurgien de Sommières.</p> <p> ** <strong>(18 janvier)</strong> Achats pour François Lions, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(8 février)</strong> Acte de réquisition et de prestation fait par le jeune Jean Vene, contrôleur du grenier à sel de Sommières, à son beau-frére Pierre Nogaréde.</p> <p> ** <strong>(11 février)</strong> Apprentissage de Jean Grimaud, chez Guinet Rovergat cardeur de son métier.</p> <p> ** <strong>(20 février)</strong> Obligé de cent écus fait par le marchand François Rozier au jeune Jean Vene, contrôleur du grenier à sel de Sommières.</p> <p> ** <strong>(20 février)</strong> Achat à réméré pour Anne de Cabanis, de Sommières.</p> <p> ** <strong>(23 février)</strong> Bail passé par Antoine Villaret, habitant du logis situé au bout du pont, où pend l'enseigne <i> "Le cheval blanc" </i> à Sommières, élu clavaire et exacteur des tailles, de la levée des dites impositions, à Jean Tremolet, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(28 février)</strong> Mariage d'Isaac Brun, maître couturier de Sommières.</p> <p> ** <strong>(5 mars)</strong> Cession de décret pour Jean Vene Vieux, contrôleur du grenier à sel de Sommières.</p> <p> ** <strong>(6 mars)</strong> Quittance donnée par Gaspare de Belvéze, dame d'Aubais, procuratrice de Claude de Gérente, baron de Sénas, mari de Madeleine de Bozéne, aux hoirs de Jean Roviére de Sommières, de sept cent cinquante livres.</p> <p> ** <strong>(6 mars)</strong> Quittance générale donnée par Gaspare de Belvéze, veuve de Louis de Bozéne, baron d'Aubais, à Auréas Ribes, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(18 mars)</strong> Lods fait par Jean Vène jeune, Daniel de Vergier et François Mazandon, acquéreurs des censives du roi à Sommières.</p> <p> ** <strong>(4 avril)</strong> Acape passé par le capitaine Louis Montaud de Sommières, rentier des droits seigneuriaux de la baronnie de Montredon, à Jean Jourdan, de Salinelle.</p> <p> ** <strong>(11 avril)</strong> Achat pour Jean Mazauric, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(29 avril)</strong> Quittance de deux cent dix sept livres pour Jean Moynier, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(11 mai)</strong> Transaction entre le marchand Barthélémy Marc et Imbert Marc, seigneur de la Calmette, habitant Sommières.</p> <p> ** <strong>(11 juin)</strong> Achat pour Martin Solignac, notaire et greffier de Sommières.</p> <p> ** <strong>(3 juillet)</strong> Prix fait baillé par Giraud Cousin, grénetier pour le roi, pour construire une maison à Sommières.</p> <p> ** <strong>(20 juillet)</strong> Achat pour Antoine Ponge, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(4 août)</strong> Achat pour Claude Paulet, marchand de Sommières.</p> <p> ** <strong>(5 août)</strong> Testament de Jean Fain, chapelier de Sommières.</p> <p> ** <strong>(4 septembre)</strong> Quittance de quinze écus pour Marguerite de Roviére, veuve de Jean Combel, grénetier de Sommières.</p> <p> ** <strong>(19 septembre)</strong> Association entre François Robillart et Jean Droulhe, maîtres teinturiers de la ville.</p> <p> ** <strong>(27 septembre)</strong> Vente faite par Claude Paulet, marchand canabassier, à Guillaume Faugeon, tanneur de Sommières.</p> <p> ** <strong>(30 septembre)</strong> Sous-arrentement du droit de l'équivalence du corps de la ville de Marsillargues passé par Marcellin Lauriol, marchand de Sommières, fermier des droits de l'équivalent du diocése de Nîmes, moyennant cinquante cinq livres par trimestres.</p> <p> ** <strong>(7 octobre)</strong> Quittance de cent vingt neuf livres pour Martin Solignac, notaire de Sommières.</p> <p> ** <strong>(13 octobre)</strong> Quittance respective où figure Jeanne Deleuziére, veuve de Gaillard Campagnan, de Sommières.</p> <p> ** <strong>(14 octobre)</strong> Arrentement passé à Jean Mazauric, marchand d'une maison de Sommières <i> "asize à la rue de la Cavalerie" </i>.</p> <p> ** <strong>(16 octobre)</strong> Vente faite par Jacques Lafont, rentier du Moulin-Fescal, de Villevieille, de <i> "la coupe et taillade des lattes de sauze qui sont à présent à la sauzéde dudi Moulin-Fescal" </i>, à Jean Bruguier, charron de Sommières, moyennant quinze écus d'or.</p> <p> ** <strong>(24 octobre)</strong> Achat pour le marchand Jacques Conseil.</p> <p> ** <strong>(10 novembre)</strong> Quittance de trois cent quatre vingt onze livres faite par François Mazandon, avocat en la cour royale de Sommières, à Jean de Caissade, écuyer, et Jean Girard, marchand héritier de son ancien tuteur le marchand Gibert Fobie.</p> <p> ** <strong>(10 novembre)</strong> <i> "Relation et estime" </i> du moulin de Braguenesses, par Jean Fromental, meunier de Sommières, et Claude Granier "fustier de molins" d'Aiguevives. Ils ont trouvé ce moulin drapier <i> "garny de son cop, sa rode, l'aubre, coyssins levés, masses non garnyes, la nore derrière sa rode" </i>. Ce matériel vaut soixante livres.</p> <p> ** <strong>(25 décembre)</strong> Transaction entre Pierre Merle, habitant Aujargues, et mesdemoiselles Bernardine et Jeanne Deleuziére, filles du feu Laurent Deleuziére, lieutenant de juge à Sommières.</p> <p> ** <strong>(30 décembre)</strong> Syndicat des habitants de Saint-Clément, réunis à Sommières. <i> "A cause de l'injure du temps des guerres civilles, qui ont si longtempument duré, comme font encores". </i></p> <p><strong>1589</strong> Visite du premier consul de la Tour, du gouverneur Dampmartin, du ministre Payen, à Sommières <i> "comme ayant esté dépputez par la ville (de Montpellier) pour aller trouver monsieur de Chastillon pour lui (faire) entendre la volonté du roy". </i></p> <p><strong>1590</strong> Remboursements à Jean Nanet et Bernard des Euzes, laboureurs, de cinq livres en loyer de deux mules, de demi journée pour aller porter le bagage de madame de Chatillon jusques à Sommières, lhors qu'elle s'en alla de France.</p> <p> ** <strong>(10 octobre)</strong> Provision de l'office de contregarde alternatif aux greniers à sel de la ville, nouvellement créé, en faveur de Jean La Parre ; gages de trente trois écus un tiers. Quittance de deux cent écus et demi.</p> <p><strong>1591</strong> <strong>(15 avril)</strong> Diverses dispositions relatives à feu Jean Bérard, grénetier de la ville, aux sommes employées pour l'entrée du roi Henri IV de Navarre.</p> <p> ** <strong>(26 mai)</strong> Martin Allectz, viguier de Marsillargues, contre Géraud Cousin, grénetier de Sommières.</p> <p><strong>1595</strong> <strong>(4 janvier)</strong> Etat des paiements à faire à la garnison du château : capitaine Malbois avec dix hommes.</p> <p> ** <strong>(12 janvier)</strong> Renvoi aux trésoriers de la requête des habitants de Lunel demandant à lever à perpétuité deux sols six deniers par quintal de sel vendu aux greniers de Lunel et Sommières. Ces deniers seraient employés à approfondir le canal de Lunel et à construire une écluse sur le Vidourle.</p> <p> ** Verbal de l'assemblée des églises du Bas-Languedoc, tenue à Sommières.</p> <p> ** Remboursement par la ville de Montpellier, à Pierre Myot, capitaine du sixain Saint-Mathieu, pour dépense de l'escorte du président d'Auxerre jusqu'à Sommières, de vingt cinq arquebusiers et quatre cavaliers.</p> <p> ** Remboursement à Paul de Chevrettes, clerc suivant les finances, des frais pour plusieurs copies de l'Assemblée de Sommières, du cahier des catholiques, de lettres et autres actes.</p> <p> ** Remboursement des frais du premier consul Guillaume Ranchin, avocat général aux Aides, pour l'assemblée de Sauve et Sommières <i> "pour le faict de M. de Pujols, du Faur et autres affaires". </i></p> <p> ** Remboursement à François Moynier, compagnon de la suite, pour avoir accompagné les députés de la ville de Montpellier à Lyon et à Sommières.</p> <p> ** Requête des consuls de Nîmes au Conseil d'Etat, afin d'obtenir la crue de quinze deniers par quintal de sel vendu au grenier de Sommières, nécessaire pour l'entretien des professeurs du collége de Nîmes.</p> <p> ** <strong>(23 septembre)</strong> Arrêt du Conseil d'Etat, portant la crue du sel vendu au grenier de Sommières, jusqu'à dix deniers pour les motifs exposés par les consuls de Nîmes.</p> <p> ** <strong>(23 septembre)</strong> Lettres patentes du roi Henri IV, portant confirmation de la crue du sel au grenier de Sommières.</p> <p><strong>1596</strong> Lettres de sa majesté le roi Henri IV déclarant au Capitaine Roguier, qu'il peut jouir de la capitainerie de Sommières, suivant le don qu'il en a du feu roi, par la mort du sieur de la Rocque, dernier possesseur, suivant et en conséquence de l'article général. <i> "Fault ouyr celluy qui en a esté pourveu par Sa Majesté, pour estre conservé le droict à qui il appartiendra". </i></p> <p> ** Porteurs envoyés à Sommières, pour le cri de la boucherie.</p> <p> ** Remboursement au porteur Claude Liévre pour le port à Sommières des lettres <i> "touchant le descry de la foire d'Uzés et autres affaires de la santé". </i></p> <p> ** Remboursement au consul Antoine Busens, de Montpellier, d'un voyage de deux jours à Calvisson et Sommières <i> "pour vérifier le bruict qu'avoyt coreu que audit Cauvisson estoyent mortz quelques soldatz, qui estoyent veneuz de France, de peste". </i></p> <p> ** <strong>(septembre)</strong> Assemblée de religionaires à Sommières, pour protester contre le détachement des salines et le fort de Peccais donnés à Jacques Gautier.</p> <p> ** <strong>(14 novembre)</strong> Compte rendu de l'assemblée des églises à Sommières. Elles approuvent le refus de Montpellier de récevoir monsieur de Pujol.</p> <p><strong>1597 </strong>Compte des dépenses faites à Sommières pour l'étape des troupes se rendant en France, à la suite d'un ordre obligeant la ville de loger durant huit jours, la compagnie du capitaine Compan.</p> <p> ** <strong>(27 mars)</strong> Le conseil décide d'écrire aux consuls de Sommières pour leur demander de veiller, la révolte étant à Privas et en Vivarais.</p> <p> ** <strong>(juillet)</strong> Confirmation du privilége accordé par Charles VII à Chinon, le vingt six juin mille quatre cent cinquante neuf, aux consuls et habitants de Sommières de fournir de préférence le grenier à sel de la ville.</p> <p><strong>1598</strong> Abdias de Chaumont, sieur de Bertichéres, s'empare du château de Sommières avec une bonne garnison, assisté des barons de Ganges, de Chapte, de la Roche d'Uzés.</p> <p> ** <strong>(25 avril)</strong> Contrat passé par les Etats à Jacques Gautier de la ferme de la crue d'un écu par quintal de sel débité dans quatorze greniers et entrepôts de Languedoc. Gautier paiera cinquante mille écus par an. Caution : noble Antoine Galliére sieur de Villau, de Sommières.</p> <p> ** <strong>(août)</strong> Le roi confie le gouvernement de Sommières à Bertichéres.</p> <p><strong>1599</strong> <strong>(20 avril)</strong> Ordonnance d'Anne de Lévis duc de Ventadour, lieutenant général du Languedoc, servant d'attache au contrat passé au profit d'Abdias de Chaumont, sieur de Bertichéres, par les syndics généraux de Languedoc, pour la remise au roi du château de Sommières. La crue de dix sols sera continuée jusqu'à parfait paiement des treize mille écus dus à Bertichére, pour les réparations faites en la ville d'Aigues-Mortes et au château de Sommières. Deux mille écus lui seront remis lors de la livraison du château. L'acte est passé dans la maison de René Gerard, contrôleur général et provincial des guerres, logis du duc de Ventadour.</p> <p> ** <strong>(31 août)</strong> Bertichéres est accusé d'avoir voulu de nouveau surprendre Sommières et d'avoir provoqué sept trous de mines dans les remparts.</p> <p> ** <strong>(15 décembre)</strong> Contrat passé pour une durée de quatre ans par les états de Languedoc à Jacques Gautier de la ferme de la crue de quarante sols par quintal de sel débité dans dix sept greniers et entrepôts de Languedoc. Gautier paiera cinquante mille écus par an. Caution : noble Antoine Galliére sieur de Villau, écuyer de la ville de Sommières.</p> <p><strong>SOURCES</strong></p> <p> Archives communales de Nîmes.</p> <p> Archives départementales du Gard.</p> <p> Archives départementales de l'Hérault.</p> <p> Archives de la ville de Montpellier.</p> <p> Bibliothèque Nationale.</p> <p> Cartulaire de Maguelonne.</p> <p> Histoire de Montpellier.</p> <p> Histoire générale de Languedoc.</p></div> QUAND LES AUTORAILS DE 150 CV SUCCEDENT AUX F.N.C /SSH/spip.php?article122 /SSH/spip.php?article122 2008-12-13T16:33:43Z text/html fr J. Chassefeyre <p>Dans le n°5 de SOMMIERES ET SON HISTOIRE, nous avons présenté l'apparition des autorails F.N.C. sur les lignes de l'étoile de SOMMIERES. En conclusion nous annoncions leur remplacement par des engins plus puissants, et ce, dès le commencement des années soixante. C'est au début des années cinquante, que la SNCF élabore une nouvelle gamme d'autorails allant de 150 à 825 cv. Cette pratique est différente de celle des anciennes compagnies de chemin de fer qui (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> / <a href="/SSH/spip.php?mot23" rel="tag">J. Chassefeyre</a> <div class='rss_texte'><p>Dans le n°5 de SOMMIERES ET SON HISTOIRE, nous avons présenté l'apparition des autorails F.N.C. sur les lignes de l'étoile de SOMMIERES. En conclusion nous annoncions leur remplacement par des engins plus puissants, et ce, dès le commencement des années soixante.</p> <p>C'est au début des années cinquante, que la SNCF élabore une nouvelle gamme d'autorails allant de 150 à 825 cv. Cette pratique est différente de celle des anciennes compagnies de chemin de fer qui achetaient des véhicules "clés en main" auprès des différents constructeurs tels Renault, Bugatti, Michelin ou Schneider.</p> <p>C'est la Division d'Etudes Autorail (D.E.A.) de la SNCF qui étudie et conçoit cette nouvelle série de véhicules dont la construction sera confiée à l'industrie privée. Les autorails de 150 cv unifiés (série X 5500/5800) relèvent de cette nouvelle conception.</p> <p>Construits par Renault, sous la direction de la D.E.A. une première série de cinquante machines est mise en service au cours du premier trimestre 1950, 5 janvier et 13 août 1952 porteront l'effectif de la série à 108 exemplaires.</p> <p>Qualifié d'autorail léger le 150 cv est destiné aux lignes secondaires et affluentes. Il s'agit d'une machine à quatre essieux disposés en deux groupes de deux essieux et dont la particularité est de ne pas constituer de bogie. La traction est assurée par un moteur diesel Renault 6 cylindres de 150 cv ou un moteur Saurer de 160 cv pour les derniers exemplaires.</p> <p>Pour des raisons d'économies il n'y a qu'un seul poste de conduite situé au-dessus du compartiment moteur avec un kiosque vitré sur le toit permettant une excellente visibilité au conducteur, et ce, dans les deux sens de marche.</p> <p>A côté du poste de conduite on trouve un compartiment à bagages d'une charge utile d'une tonne et demie. A l'époque, les trains de voyageurs acheminent la messagerie ainsi que le transport de nombreux bagages car la pratique du voyage est moins développée que de nos jours et l'on part souvent très chargé.</p> <p>L'espace réservé aux voyageurs est divisé en deux compartiments largement vitrés séparés par un vestibule et les W-C. Le compartiment situé à l'avant de l'engin, réservé aux fumeurs, est panoramique puisque trois grandes baies donnent sur l'avant du véhicule. L'éclairage est assuré par tubes fluorescents ce qui constitue pour l'époque une nouveauté. La capacité totale de l'engin est de soixante-trois places dont six strapontins.</p> <p>Le poids total en charge du véhicule est de vingt-quatre tonnes, soit six tonnes à l'essieu, permettant ainsi la circulation sur les lignes faiblement armées.</p> <p>La vitesse limite est de 90 KM/H. Cette capacité est employée sur des tronçons de St Cézaire à Nîmes, des Mazes le Crès à Montpellier et de Mas des Gardies à Alès. La consommation de gazole se limitait à 26 litres aux cent kilomètres ce qui en faisait un engin particulièrement économique.</p> <p>La livrée extérieure était rouge pour le bas de caisse et crème pour le pavillon. En cas de nécessité, la capacité du véhicule pouvait être augmentée par l'adjonction d'une remorque légère construite par la Socièté Verney, du Mans, d'une capacité de 36 places avec W-C et compartiment à bagages.</p> <p>Dès le début des années soixante les premiers "U 150" prennent peu à peu la place des F.N.C. au dépôt de Nîmes. Leur confort est supérieur et leur puissance les fait apprécier des cheminots. Au 1er janvier 1966 l'effectif est de 21 unités employées sur les lignes Nîmes - Le Vigan, Montpellier - Alès, Nîmes - Le Grau du Roi, Alès - Le Teil par Voguë et Alès - Bessèges.</p> <p>Sur l'étoile de Sommières leur utilisation est quotidienne et les compositions sont panachées bien souvent de deux autorails encadrant une remorque Verney entre Sommières et Quissac. Cette section est en effet le tronc commun entre les lignes du Vigan et d'Alès. La manoeuvre est immuable. L'autorail en provenance de Montpellier est attelé à l'ensemble autorail et remorque arrivant de Nîmes. A Quissac, la manoeuvre est inverse. L'ensemble en direction du Vigan part le premier puis c'est au tour de celui en direction d'Alès. Lors des pointes estivales on compte des compositions allant jusqu'à cinq véhicules, trois autorails encadrent alors deux remorques.</p> <p>En janvier 1970 il reste encore 17 autorails au dépôt de Nîmes. C'est l'un d'entre eux qui assure le dernier train de voyageurs au départ de la gare de Sommières en direction de Nîmes le 18 janvier 1970. Le départ de ce dernier convoi fut donné par Mr Jean FIRMIN.</p> <p>L'ensemble de l'effectif de Nîmes fut retiré du service en 1973 et démoli dans les emprises du dépôt d'Alès. En dépit d'une carrière assez courte, une demi-douzaine d'engins ont été préservés sur des chemins de fer touristiques où leur compartiment panoramique fait merveille.</p> <p>Ils perpétuent ainsi le souvenir de ces autorails qui arpentaient nos campagnes et dont le pin-pon joyeux résonnait. Pour l'anecdote, un mécanicien de Nîmes, avait l'habitude, lorsqu'il sortait du tunnel de SOMMIERES de jouer les premières mesures de la <i> "coupo santo" </i> sur les klaxons de son autorail.</p></div> OUBXET (dit César) /SSH/spip.php?article121 /SSH/spip.php?article121 2008-12-13T16:31:56Z text/html fr A. Jeanjean <p>Notre ville de Sommières et son château féodal, ont joué depuis le haut Moyen-Age un rôle prépondérant comme place forte : position des Bermond dominant le pont sur Vidourle, place de sûreté du protestantisme, pièce maîtresse du bouclage des Cévennes huguenotes, caserne face à l'Espagne. De tous temps les militaires ont occupé ces lieux stratégiques qui ont vu naître de nombreux officiers de haut rang. Si deux rues portent les noms du général de brigade Bruyère, baron d'Empire (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> / <a href="/SSH/spip.php?mot18" rel="tag">A. Jeanjean</a> <div class='rss_texte'><p>Notre ville de Sommières et son château féodal, ont joué depuis le haut Moyen-Age un rôle prépondérant comme place forte : position des Bermond dominant le pont sur Vidourle, place de sûreté du protestantisme, pièce maîtresse du bouclage des Cévennes huguenotes, caserne face à l'Espagne. De tous temps les militaires ont occupé ces lieux stratégiques qui ont vu naître de nombreux officiers de haut rang.</p> <p>Si deux rues portent les noms du général de brigade Bruyère, baron d'Empire (1772-1813) et du colonel d'infanterie Vialla (1764-1850), qui sont seuls connus de nos concitoyens, aux Archives de l'Armée à Vincennes nous avons encore retrouvé les dossiers de Fulcrand de La Roque Montel colonel, gouverneur des Antilles (1740-1822) et Charles de La Pascalie seigneur de Martignac, (1731-1793), lieutenant général des armées du Rhin1. En outre, les hasards de nos recherches nous ont permis de consulter celui du général de brigade OUBXET dont nous allons retracer la longue carrière.</p> <p>Raymond César OUBXET est né à Sommières le 2 mars 1740 ; il était fils de Raymond OUBXET, maître chirurgien et de Françoise BOUDON. Le parrain qui a signé l'acte de baptême était César de BAP, capitaine d'infanterie, chevalier de l'ordre militaire de Saint Louis (FINE, curé).</p> <p>Le père qui a exercé les fonctions de chirurgien major au château avait été désigné comme maire le 27 janvier 1791. Mais ses idées politiques lui avaient valu d'être destitué le 20 juillet 1793 et remplacé par Antoine Viger.2</p> <p>Raymond César, veuf de Marie LAFAGE, décède à Sommières dans la maison de Monsieur DUMAS au Bourguet, le 8 février 1813, à onze heures du soir ; il est âgé de soixante-treize ans.3</p> <p>Le premier novembre 1759, âgé de dix-neuf ans, il s'engage comme soldat au régiment de Bourgogne infanterie, devenu en 1791 le 59 ème régiment d'infanterie. Le 7 février 1763, à 23 ans il est nommé sergent et ce n'est que le 5 juillet 1775 qu'il est fourrier4 ; il est âgé de 35 ans.</p> <p>Sa carrière va alors s'accélérer : le 23 mai 1779 le voici major et le 1er février 1784 porte drapeau. Le 1er avril 1791 il reçoit les galons de sous-lieutenant et au bout de quelques mois ceux de lieutenant, le 12 janvier 1792. Sept mois après, le 1er août 1792, il devient capitaine ; dix jours plus tard, le 10 août nous le retrouvons chef de bataillon et le 14 octobre général de brigade.1</p> <p>La liste de ses campagnes est connue.</p> <p>En 1761 il sert sous Montalembert à l'île d'Oléron2 et sous l'Eguille en 1762 à l'île Madame, îlot situé à l'embouchure de la Charente.</p> <p>1769 le trouve en Corse, où, sous les ordres de Devaux, il participe à la lutte contre la résistance de Paoli à la domination française qui s'achève le 8 mai au combat de Pontenuovo.</p> <p>Le 8 septembre 1792 Montesquiou3 attaque en Savoie le roi de Sardaigne ; le 22 octobre, les Savoyards demandent le rattachement à la France. Le capitaine Oubxet, avec l'armée des Alpes, participe aux combats. Les galériens de Marseille et de Toulon s'étant rebellés il sert sous d'Albignac qui vient remettre de l'ordre.</p> <p>En 1793 le général Carteaux4 soumet le midi royaliste, reprend Avignon qui s'était révolté et entre dans Marseille. Notre jeune général de brigade fait partie de l'expédition.</p> <p>Toujours avec l'armée des Alpes, en 1794, il sert sous Dumas5 avant de commander à Lyon, puis sous Moulin.6 Mais il n'est pas compris dans le travail des états-majors du 13 juin 1795.</p> <p>Le 24 juillet il reçoit sa lettre de cessation de service. Les représentants du peuple à Lyon, d'Espinassy, Ferroux et Poullain-Grandprey demandent son maintien pour assurer la police. "Les représentants du peuple envoyés dans les départements de l'Ain, l'Izère, Rhône, Loire, Saône et Loire, investis des pouvoirs délégués aux représentants du peuple près les armées. Sur les observations qui nous ont été faites par le général Moulin, que le général de Brigade César OUBXET et l'adjudant général Colinet viennent de recevoir leurs lettres de cessation de service et que dans la circonstance actuelle où la police de la ville de Lyon est confiée à l'état-major de la place, il est important d'y pourvoir, vu qu'il lui est impossible de remplacer dans ce moment les dits officiers généraux Oubxet et Colinet, attendu qu'il ne reste dans l'armée que le nombre bien précis d'officiers généraux pour le service de la frontière.</p> <p>Considérant que le service de la police dans la ville de Lyon ne peut être interrompu un instant sans que la chose publique en souffre et que le bon ordre soit compromis, que ce service ne peut se faire que l'officier commandant la place n'ait des collaborateurs dans ceux qui doivent composer l'état-major, arrêtons que le service du général de brigade César Oubxet sera prolongé jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné".1</p> <p>Notre général ne doit pas en être immédiatement informé, puisqu'il écrit le 26 du même mois aux Représentants du peuple. La lettre n'est pas de sa main ; seule la signature est de lui : le général éprouve bien des difficultés à tenir la plume</p> <p><i> "Le général de brigade César Oubxet commandant à Lyon vous expose que depuis le 1er novembre 1759 il est au service sans interruption jusqu'à ce jour ; après avoir passé par tous les grades militaires il a été promu à celui qu'il occupe maintenant. Le nouveau travail sur les officiers généraux des armées vient de lui enlever son activité. Il n'est point porté sur le tableau des officiers conservés et a reçu au courrier une lettre en datte du 25 Prairial (13 juin ) de la Commission des armées de terre et de mer qui lui annonce sa suppression et le renvoy dans ses foyers. </i></p> <p><i> Le général César ignore les raisons qui ont pu servir de base à sa suppression, ses longs services, sa conscience de ainsi que la conduite qu'il a tenue avant et depuis la Révolution. </i></p> <p><i> Mais comme cette suppression ne présente aux yeux de ce général qu'un avenir affreux ; il est sans fortune, sa paye étant la seule ressource de son existence, de celle de sa femme et de ses enfants, il a recours à vous, Représentants. Vous êtes à même plus que personne de vous assurer de la triste position par les renseignements que vous pouvez prendre sur les lieux sur son compte : il vous demande à être continué dans ses fonctions soit à Lyon, soit dans telle autre place à votre nomination. Enfin il se repose sur l'intérêt que vous voudrez y prendre et la justice du comité de Salut Public." </i>2</p> <p>La lettre porte une note écrite de la main du général en chef Moulin.</p> <p><i> "Vu et certifié les longs et bons services du général de brigade César, qui n'a cessé de servir avec le plus grand zèle et dévouement pour la République, ce qui est à la connoissance et peut être atesté par les différents représentans du peuple envoyés en mission à Lyon." </i></p> <p>Les représentants envoient la pétition au Comité de Salut Public en demandant de rendre Oubxet à des fonctions dont il s'est parfaitement acquité. Le Comité, le 1er septembre, maintient César dans ses fonctions. Fin décembre il est employé à la 3ème division de l'armée des Alpes sous les ordres de Morard de La Bayette.</p> <p>Le 18 mars 1797, César Oubxet est réformé et cesse ses fonctions le 10 mai. Le 27 du même mois, il écrit au ministre de la Guerre. Il a de plus en plus de difficultés pour signer.</p> <p><i> "Citoyen ministre. J'ai reçu le 16 prairial l'ordre de cesser mes fonctions, en même temps que votre lettre du premier germinal par laquelle vous me prévenez que je ne suis point compris parmi les officiers généraux qui composeront l'armée des Alpes pendant la campagne de l'an 5. Je me suis en conséquence retiré dans la commune de Sommières département du Gard, que j'ai choisie pour mon domicile et où je vous prie, citoyen Ministre, de me faire toucher mon traitement, conformément aux Arrêtés des 8 et 9 fructidor dernier.... Salut et respect. A Sommières le 8 prairial </i> <i> l'an 5 de la République." </i> (27 mai 1797).3</p> <p>Eu égard à ses états de service et grâce, très certainement à ses appuis parmi les officiers supérieurs, César Oubxet est nommé président du conseil de révision de la 9ème division militaire du 6 avril 1798 au 21 décembre 1799. Il sera définitivement mis à la retraite le 27 octobre 1804, après quarante et un an, un mois, sept jours de service auxquels s'ajoutent cinq ans, dix mois, vingt cinq jours de campagnes ; soit un total de quarante sept ans et deux jours passés au service de l'armée.</p> <p>Nous ignorons s'il a reçu des blessures .</p> <p>Toutefois, sur la fin de sa carrière, le général a dû être confronté à quelques problèmes dont le général Petit Guillaume serait à l'origine . Nous connaissons une lettre adressée à César par le général divisionnaire Carteaux, commandant en chef la 25ème division militaire, lettre qu'il envoie au ministre de la guerre le 21 mars 1800.</p> <p>Voici le texte :</p> <p><i> "Au quartier général à Paris ce 26 nivôse 8ème année de la République. </i></p> <p><i> Au général de Brigade César Oubxet à Sommières, département du Gard. </i></p> <p><i> A la réception de ma lettre vous pouvez regarder comme réparée l'injustice que vous avez éprouvée ; j'espère qu'avant huit jours vous recevrez du ministre de la guerre une lettre satisfaisante et une réparation authentique. </i></p> <p><i> Il ne faut point vous étonner du silence que j'ai gardé, attendu qu'il m'a fallu trouver le moment favorable auprès du général Bonaparte, premier Consul de la République, pour lui faire connaître l'acte arbitraire de mon successeur envers vous. Et ce n'est que hier au soir que j'en ai trouvé l'occasion ; il s'est parfaitement rappelé de vous et m'a invité à lui remettre aujourd'hui sous les yeux, la note concernant votre affaire en m'assurant qu'il vous fera rendre sur le champ la justice qui vous est due. Je puis vous répondre qu'il ne passera pas vingt-quatre heures avant qu'il ait donné les ordres au ministre de la guerre. Soyez bien persuadé de cette vérité et comptez que malgré les grandes occupations du Général Bonaparte, il trouve le temps de s'occuper du militaire et de lui rendre justice. </i></p> <p><i> Adieu, mon cher général, comptez que dans tous les temps je me ferai un devoir de vous être utile. </i></p> <p><i> Je compte partir sans faute dans le courant de la décade prochain, et j'espère recevoir à Liège, une lettre satisfaisante de vous. </i></p> <p><i> Salut et amitié. Carteaux signé." </i>1</p> <p>Le dossier du général Oubxet comporte, à la date du 22 avril 1803, un certificat médical établi par le médecin et le chirurgien de Sommières, MM. Vitou et Chalbos.</p> <p><i> "Nous, soussignés certifions que le citoyen César Oubxet, général de brigade, domicilié à Sommières est affligé depuis longtemps des attaques de goutte très fréquentes aux extrêmités supérieures et inférieures avec gonflement très considérable aux articulations des mains et des pieds qui le privent très souvent de pouvoir marcher. Il n'y a pas lieu de douter que les fatigues militaires, le dérangement du régime de vivre inséparable de cet état et la nécessité d'essuyer les variations qui surviennent dans les différentes saisons pour remplir ses fonctions du service, ontbeaucoup contribué à déveopper cette maladie, en foi de quoi nous lui avons donné le présent pour lui servir et valoir entout ce que de besoin. </i></p> <p><i> A Sommières le 2 floréal, an 11 de la république." </i></p> <p>La lettre est certfiée conforme par Viger, maire, et Maurin adjoint de la ville de Sommières.</p> <p>Le 22 juillet 1804 (3 Thermidor An XII) Oubxet s'adresse à son Excellence Berthier, ministre de la guerre afin que son traitement de réforme soit couvert en forme de retraite.</p> <p><i> "J'ai l'honneur de vous adresser mes états de service, mon extrait de baptême et un certificat de l'officier de santé constatant mes infirmités habituelles. Votre excellence est priée de me faire la grâce d'y jeter un coup d'oeil. </i></p> <p><i> Serait-il possible de changer mon traitement de réforme en solde de retraite ? Malgré mes infirmités, le désir ardent que j'ai d'être utile, me ferait demander un commandement de place....". </i>2</p> <p>Le général de brigade César Oubxet est enfin mis à la retraite le 27 octobre 1804. Malheureusement nous ne connaissons pas le montant de celle-ci. Il va vivre au faubourg du Bourguet, malgré ses crises de goutte, jusqu'en 1813.</p> <p><i> "Du neuf février 1813, à huit heures du matin, par devant nous, Jean Encontre Gauthier maire de Sommières, officier de l'Etat Civil, ont comparu dans la maison commune le sieur </i><i> Barthélémy Cadel fabriquant de molletons âgé de trente huit ans, et Gabriel Rayan revendeur, âgé de vingt-neuf ans, les deux habitants de cette ville, qui nous ont déclaré que le jour d'hier, à onze heures du soir, dans la maison de M. Dumas au faubourg du Bourguet a décédé Raymond César Oubxet, général de brigade retiré, âgé de septante trois ans, veuf de Marie Lafage..." </i>1</p> <p>Ainsi s'éteignait ce soldat qui avait servi sous l'uniforme quarante sept ans et deux jours sur les soixante et treize ans de sa vie.</p> <p>A titre de conclusion nous citerons l'attestation rédigée au Fort de la Montagne le sept ventôse de l'an second de la République française, une, indivisible et démocratique, par les officiers, sous-officiers, soldats ( 25 février 1794 ) :</p> <p><i> "Nous officiers, sous-officiers et soldats au cinquante neuvième régiment d'Infanterie soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, que le citoyen Général César, a pendant le cours de ses longs services au dit régiment, donné dans tous les temps et dans toutes les occasions, des preuves de son amour pour le bien du service, pour le bon ordre et l'éxécution des loix militaires ; que depuis le commencement de la Révolution il a constament donné l'exemple du plus pur civisme, d'un entier dévouement à la cause commune, et il s'est montré partout avec courage et fermeté comme un brave citoyen et un ardent défenseur de la Liberté et de l'Egalité. Ces bons principes qu'il a toujours soutenu et manifesté d'une manière digne d'un franc républicain, lui ont acquis l'estime et la confiance, non seulement de tout notre corps, mais encore de tous ceux qui ont servi sous ses ordres. Ce que nous attestons comme un témoignage rendu à la Vérité. " </i>2</p> <p>Un militaire sorti du rang, et qui s'est élevé grâce à son courage au grade général, peut-il rêver d'un plus bel hommage ?</p></div> LES ORIGINES DE LA REFORME LA REFORME A SOMMIERES /SSH/spip.php?article120 /SSH/spip.php?article120 2008-12-13T16:29:56Z text/html fr A. Jeanjean <p>A la fin du XVe siècle, le Languedoc s'inscrit dans une géographie du royaume fortement bouleversée. En effet, depuis la reprise de la Guyenne, en 1453, la menace des chevauchées anglaises a disparu ; en 1481, l'acquisition de la Provence par Louis XI aux héritiers de Charles III (décédé le 11 décembre), donne à la France une vraie façade maritime méditerranéenne, bien plus large que la fenêtre de Narbonne à Aigues-Mortes. Les guerres d'Italie (1494 - 1509) ont fait (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> / <a href="/SSH/spip.php?mot18" rel="tag">A. Jeanjean</a> <div class='rss_texte'><p>A la fin du XVe siècle, le Languedoc s'inscrit dans une géographie du royaume fortement bouleversée. En effet, depuis la reprise de la Guyenne, en 1453, la menace des chevauchées anglaises a disparu ; en 1481, l'acquisition de la Provence par Louis XI aux héritiers de Charles III (décédé le 11 décembre), donne à la France une vraie façade maritime méditerranéenne, bien plus large que la fenêtre de Narbonne à Aigues-Mortes. Les guerres d'Italie (1494 - 1509) ont fait découvrir le sud à Charles VIII, Louis XII et François 1er : comme enjeu ou champ de bataille, le Languedoc pèse durablement jusqu'en 1659 (paix des Pyrénées) dans le conflit dynastique opposant Valois et Bourbons aux Hasbourg. En dépit des gages de fidélité que la province a donnés au roi dans les pires moments de la guerre de Cent Ans, la monarchie craint les possibles collusions avec les Espagnols ou les Anglais ; en retour, le midi craint de n'être pas vigoureusement défendu par le roi contre ces mêmes ennemis, ou contre les barbaresques. La défense du Languedoc est insuffisante : la protection du littoral est laissée à sa seule inhospitalité et les villes de terre ferme ne sont protégées que par des palissades ou des murs médiocres, à l'exception de Béziers, "l'une des meilleures et plus fortes villes de guerre de notre pays, située et assise en pays limitrophe et de frontière, tant du côté de la mer que de la terre", selon François Ier qui y séjourne en 1533. La faiblesse des ouvrages est aggravée par celle de la marine. En 1504, les Consuls de Montpellier écrivent au cardinal d'Amboise (ministre de Louis XII) pour faire protéger Agde et Vias de "quatre galées subtiles armées à la course" par le roi d'Espagne, en 1509, ils sollicitent du roi une escorte pour "trois nefs montpelliéraines portant pour 200 000 écus d'épicerie, venant d'Alexandrie, contre cinq navires de course se trouvant à Nice sous les ordres du corsaire frère Bernardin de Rhodes, aux ordres du duc de Savoie". Trois siècles durant, le commerce languedocien est défavorisé, à la fois par l'absence de protection et par les privilèges attribués aux provençaux de Marseille et de Martigues. Au début du XVIe, le marasme touche tous les ports languedociens : à Montpellier la population s'effondre (6 000 habitants), seul subsiste le commerce des apothicaires, en relation avec la toujours florissante Université de Médecine. Malgré les pestes de 1501, 1502, 1504, 1521, Béziers, gros marché agricole, résiste mieux. Entre 1500 et 1550, le repeuplement se généralise dans le midi ; la population s'accroît de l'immigration des "gavaches", Rouergats, Vivarois, Auvergnats, fuyant leurs terroirs pauvres et déjà surpeuplés. Saisonniers ou définitifs, ces migrants deviennent cardeurs à Lodève, tisserands à Clermont, brassiers à Lunel, Sommières, domestiques ou même soldats. Dans certains villages la population double en quelques années. Dans les campagnes, le repeuplement exerce une forte pression sur le domaine foncier : morcellement des tenures, stagnation des salaires et du revenu par tête, recul du cheptel victime de la mise en culture des aires de pâture. Cette pression s'accroît encore par les efforts de construction des grands domaines, entrepris par la bourgeoisie, les clercs ou quelques petits seigneurs heureux. Exemple : fermier des évêques de Maguelone, Jacques de Sarret réussit à créer le vaste domaine de Maurin. La noblesse féodale ayant été décimée dès avant les Guerres de Religion, ses seigneuries sont passées aux mains de quelques grandes familles, de quelques consulats urbains, d'officiers royaux. Les seigneuries ecclésiastiques représentent près d'un tiers des terres et des meilleures. Plus que le prélèvement seigneurial (1 à 2 %), c'est le poids des dîmes qui réduit les disponibilités paysannes. Appétit de terres et lourdeur des dîmes, suscitent à l'égard du clergé, des rancoeurs propres à activer la Réforme. Les produits de l'agriculture traditionnelle, blé et oliviers, et de l'élevage ovin transhumant permettent d'éviter les famines, mais non les chertés de grains. La survie tient, alors, aux ressources fournies par le châtaignier, "arbre à pain" des versants cévenols et par les marais : poissons et oiseaux sont si abondants qu'ils coûtent souvent moins cher que le pain : un sol la livre. Les bras en surnombre trouvent à s'employer dans les travaux artisanaux. Ouvriers-paysans et gens de métiers cohabitent dans tout ce que le Bas Languedoc compte de villes et de villages. Tisserands, cardeurs, tondeurs de draps sont les plus nombreux et les plus pauvres ; piétaille d'une industrie vivace, ils vont constituer l'infanterie de la nouvelle religion. Crise morale et religiosité</p> <p>La violence est au coeur de la société du XVIe siècle ; elle s'exerce partout et notamment dans les villes. Au début du siècle, les bandes d'étudiants sont aussi redoutables que les bandes de ruffians. Mauvaise vie et moeurs de religieuses et religieux font scandale : Montpellier se plaint au général de l'ordre de la Merci, à Barcelone, de la nomination à la commanderie locale de Jean Malarot "homme de mauvaise vie", et au général de l'ordre des Jacopins, en Avignon du prieur Jean Raoul. Malgré les efforts de "l'Inquisiteur de la foi es sénéchaussées de Carcassonne et Beaucaire, Jean Fenario" la débauche persiste à la faculté de théologie et dans les couvents. A Nîmes, les Bénédictines de St Sauveur la Font ayant élu pour abbesse une nonne scandaleuse, le conseil de ville décide de s'opposer à la confirmation par l'évêque de l'élection de celle ci. Les cas d'hérésie sont rares et la religiosité reste forte. On mêle les défilés carnavalesques aux fêtes religieuses. Des pratiques magiques se perpétuent : on ne sème pas les graines de melon en présence des femmes ; pour protéger les poussins contre les pies, on les fait passer par la jambe droite d'un pantalon. Pour échapper à l'ensorcellement, les troupeaux transhumants doivent faire une halte au "Plan de Masques" du col d'Uglas sur Anduze... le mauvais oeil qui use même les lunettes, les esprits errants, les animaux fantastiques sont du ressort des conjureurs et des exorcistes. Liée à la prospérité de son terroir dont dépendent dîmes et fermages, peuplée partiellement de ruraux, la ville de Nîmes manifeste son attachement aux pratiques de la religion traditionnelle si soucieuse de la protection des fruits de la terre. Les consuls ont soin de payer le "campanier" de la cathédrale pour qu'il sonne les cloches, au temps des récoltes afin "de faire fuir le mauvais temps et que ne fasse mal aux fruits de la terre". Comme le salut des récoltes, la santé tient une place éminente dans la religion des Nîmois de ce temps. Pour préserver la cité de la peste, les consuls font dire quotidiennement dans une chapelle de la cathédrale, une messe en l'honneur de St Sébastien dont l'intercession passe pour particulièrement efficace contre la contagion pesteuse. Le culte de St Baudile, martyrisé à Nîmes au IVe siècle, est aussi un culte de saint guérisseur. Les réjouissances profanes accompagnent les fêtes sacrées. Ainsi les cérémonies de l'Ascension sont suivies d'un somptueux festin où les consuls font distribuer une aumône de pain. Ce même jour, jusqu'à la fermeture de son établissement en 1532, l' "abbesse", c'est à dire la tenancière du bordel public (abbatissa meretricum prostibuli presentis urbis Nemausi) vient offrir solennellement une fougasse à la municipalité, et après avoir embrassé le premier consul, reçoit cinq sols. Si la vieille religion paraît fort vivace au début du XVIe siècle, on voit manifestement alors, au travers des inquiétudes collectives caractéristiques de cette époque, se manifester les signes d'une mutation de mentalité qui rendra la ville réceptive au message des réformateurs. Le recours aux saints, aux cloches, aux reliques traduit l'angoisse de la population devant la montée des fléaux : la peste, la cherté, la croissance du paupérisme (particulièrement de 1526 à 1536). La ville de Nîmes paraît épouvantée par le développement du vagabondage et de la mendicité. En 1533, craignant que "pour occasion des assemblées et conversation des pauvres quelques contagions des pestes n'advienne", le sénéchal, afin de délivrer la ville de "tout plein de pauvres forains desquels principalement cette dite cité de Nîmes se trouve fort chargée", ordonne que les mendiants valides soient arrêtés, "enferrés deux en deux" et employés à "nettoyer les rues, fossés et chemins et autres lieux publics". La crise économique se traduit au plan des mentalités de l'élite dirigeante par une volonté organisatrice et moralisatrice : mise au travail des pauvres valides, organisation de l'assistance des indigents malades ou des femmes chargées d'enfants, établissement de rôles pour la collecte des aumônes. Pour lutter contre la syphilis, nouvelle venue à Nîmes à cette époque, les consuls oublieux du baiser et de la fougasse de l'Ascension, mettent fin à l'existence du lupanar nîmois. Cette tendance moralisatrice s'épanouira plus tard lors du triomphe de la réforme protestante. Les tentatives de réforme des ordres religieux revêtent parfois un caractère de brutalité administrative et de maladresse qui leur aliènent une partie de l'opinion. Aux inquiétudes matérielles, spirituelles et morales des laïques en ce début de siècle ne correspond pas une activité sérieuse de la part des responsables locaux de l'église, évêques peu présents, chanoines endormis dans une médiocre routine. Les évêques nîmois du début du XVIe appartiennent à la prestigieuse famille tourangelle des Briçonnet que le maniement des finances royales a conduits à collectionner charges et dignités de l'état et de l'église en application de la devise : "ditat servata fides" (la fidélité enrichit). Favori de Charles VIII, le cardinal Guillaume Briçonnet ajoute l'évêché de Nîmes, de 1496 à 1517, à plusieurs autres bénéfices de premier plan, notamment l'archevêché de Narbonne. Le cardinal fut un pasteur non résident, imité en cela par son neveu et successeur, Michel Briçonnet, évêque de 1517 à 1554. Ce dernier, qui avait administré le diocèse sous l'épiscopat de son oncle, en qualité de vicaire général, fut, une fois évêque, un prélat sans dynamisme qui cherchait au pied des Cévennes, au Vigan, un séjour plus plaisant et un air plus pur que celui de Nîmes ; il démissionne en faveur de son neveu Claude, qui permute avec l'évêque de Lodève. Ces évêques aussi bien en cour à Rome qu'à Paris incarnent l'épiscopat "humaniste" et introduisent en Languedoc un peu de renaissance italienne. Mais trop souvent simples bénéficiaires, ils confient à leurs vicaires généraux le soin d'exercer leurs fonctions notamment aux Etats. Il faut aussi remarquer que, humanistes et politiques, les italiens (Strozzi, Médicis, Bonsi, Farnèse, Sforza...) se partagent les diocèses languedociens : Béziers, Lodève, St Pons, Albi, Narbonne, Nîmes. Les membres du chapitre obtiennent du roi et du pape, en 1539, l'autorisation d'être sécularisés, c'est à dire dispensés du genre de vie monastique qu'ils auraient dû mener, ce corps étant envahi par des capteurs de bénéfices oisifs et cupides. Le nombre des chanoines passe de 80 à 20. En fait, la sécularisation n'est qu'un premier pas dans la voie de réforme du chapitre cathédral qui ne sera réalisée qu'au siècle suivant.</p> <p>La Réforme : Pourquoi ?</p> <p>La question des causes de la Réforme est complexe. Pour l'essentiel on peut la résumer de cette façon. Le Protestantisme a mis l'accent sur trois doctrines principales : <br /><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> la justification par la foi. <br /><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> le sacerdoce universel d'où découle le droit au libre examen des Ecritures. <br /><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> l'infaillibilité de la seule Bible. La thèse selon laquelle les Réformateurs auraient quitté l'Eglise romaine parcequ'elle était remplie de débauches et d'impuretés est insuffisante. Au temps de Grégoire VII et de St Bernard, il existait probablement autant d'abus dans l'Eglise qu'à l'époque de la Réforme. Il n'en est pourtant pas résulté une rupture comparable à celle du protestantisme. Erasme, si dur dans "l'Eloge de la Folie" pour les prêtres, les moines, les évêques, les papes de son temps, n'adhèrera pas à la Réforme. Inversement, quand, au XVIIe, l'Eglise catholique aura corrigé la plupart des faiblesses disciplinaires qu'on pouvait lui reprocher au siècle précédent, les différentes confessions réformées ne chercheront pas à revenir dans l'obédience de Rome. Les causes de la Réforme ont été plus profondes que "les dérèglements des chanoines épicuriens ou les excès de tempérament des nonnains". Dans "la Confession d'Augsbourg" (formulaire contenant les principales professions de foi des luthériens) lorsqu'il sera question des "abus" il ne s'agira pas des moeurs des moines, mais "de la communion sous une seule espèce, de la messe érigée en sacrifice, du célibat ecclésiastique, des voeux de religion, des jeûnes et abstinences imposés aux fidèles". Les "Placards" affichés en 1534 à la porte des appartements de François 1er causeront un scandale énorme, mais parce qu'ils attaqueront la conception catholique de la messe. Certes les écarts disciplinaires ont pris des proportions scandaleuses, mais ces dérèglements s'intègrent eux-mêmes dans un ébranlement beaucoup plus général des consciences individuelles et des structures traditionnelles.</p> <p>Présence de la mort et sentiment de culpabilité.</p> <p>Si tant de gens en Europe, de niveaux culturels et économiques différents, optent pour la Réforme, c'est que celle-ci a été d'abord une réponse religieuse à une grande angoisse collective. La guerre de Cent Ans, la Peste noire, des disettes nombreuses, la folie de Charles VI, le Grand Schisme qui s'est prolongé pendant trente-neuf ans (division entre l'église orientale et latine), mort de Charles le Téméraire, menace turque : autant d'évènements qui ont secoué et désorienté les esprits. Individus et sociétés prennent mauvaise conscience et se sentent coupables ; seul le péché peut expliquer tant de malheurs. Des prédicateurs exhaltés et souvent suspects parlent aux foules de la ruine prochaine de Rome, de l'église et leur font entrevoir d'effroyables catastrophes. La venue de l'antéchrist semble imminente (St Vincent Ferrier, Savonarolle). Les artistes représentent à l'envie dans la pierre, les livres, sur les murs, les tapisseries, les vitraux, les thèmes de jugement dernier d'un monde pécheur. (Danse macabre).</p> <p>Remparts contre la mort terrestre et la mort éternelle.</p> <p>Il parait plus nécessaire que jamais de chercher refuge auprès de la douce mère du Sauveur. Le culte marial se développe ; la croyance en l'immaculée conception progresse dans l'église. L'angélus entre dans les moeurs, le pélerinage à Lorette commence. La dévotion à la vierge entraîna celle à sa mère, Ste Anne, particulièrement priée en Flandres et en Allemagne. Erasme et Luther, dans leur jeunesse sont des dévôts de Ste Anne. Les saints ne protègent pas seulement contre la maladie et la mort, ils donnent des assurances pour l'au-delà. Vénérer leurs reliques permet de gagner des indulgences. Pour les obtenir il faut se confesser et communier. Les populations croient qu'on peut acheter son salut. Pourtant elles conservent un doute, doute qui est l'angoisse même du Moyen Age finissant et qui va expliquer le succès de Luther. Louis XI pris de panique à l'approche de la mort accumule médailles pieuses, reliques et indulgences. Les fidèles se sentent mal encadrés, mal soutenus, voire délaissés par l'église. Le cumul des bénéfices, l'abus de la non-résidence, ont pour conséquence l'abandon fréquent du ministère paroissial à des desservants médiocrement instruits et inférieurs à leurs tâches. Les évêques ne visitent pas assez leurs diocèses pour prendre conscience de la gravité du mal. Une des caractéristiques principales de la piété du XVe siècle est sa tendance à s'éloigner de la liturgie traditionnelle, à préférer les processions à la messe, le chapelet à la communion, les manifestations des flagellants à l'assemblée paroissiale. Dans les grandes églises, les fidèles se trouvent rejetés loin du choeur par des grilles ou un jubé, et cette messe que l'on dit en latin, qui la leur explique ? Que penser de ces prédicateurs véhéments ? Le peuple chrétien va à la dérive. Il faut qu'il soit repris en main : la Réforme protestante d'abord, puis la Réforme catholique vont s'efforcer, chacune à sa façon de répondre à ce besoin. La société rurale du Haut Moyen Age avait permis l'épanouissement d'une chrétienté communautaire fortement dominée par la hiérarchie ecclésiastique et les abbayes. Au contraire, la montée de la bourgeoisie et de l'artisanat, et plus généralement de l'élément laïc, dans une civilisation plus urbaine, l'apparition du luxe, l'affirmation d'un certain sentiment national, le désarroi général des esprits dans un climat d'insécurité, les tares de l'Eglise enfin, engendrent à la fin du Moyen Age, une sorte d'anarchisme chrétien. Dans une atmosphère de confusion des hiérarchies et des valeurs, les fidèles ne distinguent plus aussi nettement que par le passé le sacré du profane, le prêtre du laïc. Innocent VIII et Alexandre VI ont des enfants naturels ; Jules II conduit la guerre revêtu de l'armure et du casque ; Léon X aime la comédie ; quantité d'évêques vivent dans des cours et s'adonnent à la chasse ; beaucoup de prélats ne disent que rarement la messe ; dans le bas clergé, quantité de prêtres vivent en concubinage, ont des bâtards, ce qui ne signifie pas qu'ils mènent une vie dissolue ; habillés comme tout le monde, ils jouent aux boules avec leurs paroissiens, vont aux tavernes, participent aux danses du village. A la veille de la Réforme, l'évêque de Bâle demande aux prêtres de son diocèse, "de ne pas se friser les cheveux au fer, de ne pas s'adonner au commerce dans les églises, de ne pas y faire de tapage, de ne pas tenir de débits de boissons, de s'abstenir du trafic des chevaux, de ne pas acquérir des biens volés". En outre, en France et en Allemagne, le bas clergé vit à la fin du XVe dans une situation matérielle misérable, car beaucoup de curés titulaires, ne résidant pas, se font remplacer par des desservants qui forment une sorte de prolétariat ecclésiastique, et tentent de se tirer d'affaire en "vendant" les sacrements, le baptême et la confession notamment. Jean Huss enseignera qu'un prêtre en état de péché mortel n'est plus un prêtre authentique, et l'affirmation vaudra aussi pour le pape et les évêques. Il s'élèvera contre le système ecclésiastique et le réformateur tchèque... sera brûlé.</p> <p>Les laïcs et l'église.</p> <p>La civilisation de l'époque est trop profondément religieuse pour que l'Eglise et l'Etat consentent à délimiter à l'amiable leurs domaines respectifs. Ou bien l'Eglise plie sous le bras séculier, ou bien les souverains cherchent à imposer leur propre puissance à l'Eglise. La défaite de Boniface VIII face à Philippe le Bel, le long séjour de la Papauté en Avignon, la résistance de Louis II de Bavière (excommunié) à Jean XXIII, le grand schisme, ont diminué le prestige sacré du Pape. La mainmise de l'Etat sur l'Eglise apparaît chaque jour plus évidente. L'Inquisition espagnole est un instrument dans les mains des souverains et le Concordat de 1516 donne à François 1er une énorme autorité sur l'Eglise. Rien d'étonnant que les anglais acceptent les réformes religieuses décidées par Henri VIII à qui le pape a décerné quelques années auparavant le titre de "défensor fidei". Partout on peut vérifier cette intrusion croissante, à la fin du Moyen Age, de l'élément laïc dans le domaine autrefois réservé à l'Eglise. A plusieurs reprises, en 1498-1499, le Parlement de Toulouse intervient pour contraindre les évêques du Languedoc à consacrer au moins le tiers de leurs revenus à leur diocèse. Dans le siècle qui précède la Réforme, les multiples confréries élèvent hospices et hôpitaux, signe que les ordres religieux ou les chapitres ne s'occupent plus du service des malades avec autant de zèle que par le passé. L'hospice de Beaune est construit à la demande et avec l'argent du chancellier Rollin.</p> <p>Les mauvais moines dont on se moque, la richesse de l'Eglise qui pouvait paraître excessive, les évêques et les curés qui ne résident pas, mais cumulent les bénéfices, les papes qui se conduisent en princes séculiers et ont de moins en moins de prise spirituellement parlant sur les souverains, l'argent des chrétiens utilisé par Rome à des fins terrestres, les excommunications lancées à tort et à travers, tous ces faits contribuent à dévaloriser le prêtre et à jeter sur lui le discrédit et le doute. En novembre 1431, les Hussistes affichent à la porte d'une église de Bâle, pendant le Concile qui se tenait dans cette ville, un manifeste où l'on peut lire : "Pourquoi Dieu ferait-il plus attention aux prières des prêtres qu'à celles des autres hommes ? Est-ce à cause de leurs grosses lèvres et de leur visage rouge, ou peut-être à cause de leurs vêtements somptueux, éclatants, de leur avarice, de leur luxure ?".</p> <p>Bible, humanisme et Réforme.</p> <p>Où trouver une infaillibilité rassurante quand on doute du prêtre ? Ce ne peut être qu'en Dieu lui-même ; n'a-t-il pas confié son message aux auteurs inspirés ? ; la Bible devient l'ultime recours. Les foules ne lisent pas et pour cause, mais les élites qui dirigent la société savent lire et de plus se passionnent pour l'ecrit quel qu'il soit. Cette passion pour l'écrit, qui est à la source de l'humanisme, se trouvera renforcée et diffusée par la découverte de l'imprimerie. Du point de vue religieux, l'apparition du livre imprimé, produira une véritable révolution. On estime à 75% au moins la proportion des ouvrages religieux dans la production typographique entre 1445 et 1520. A ceux qui savent lire mais ignorent le latin, les Ecritures traduites en langue vulgaire deviennent plus accessibles qu'avant. Vingt-deux versions allemandes de la Bible paraissent entre 1466 et 1520 ; la première traduction italienne se situe en 1471, la première traduction hollandaise en 1477. A Paris, le roi de France lui-même (Charles VIII) demande à son confesseur, Rély, de faire imprimer la première Bible française complète qui paraît en 1487. En Espagne une première version castillane est imprimée en 1485. Les traductions de la Bible commencent à se répandre et attisent la soif que les fidèles ont de l'Ecriture. Le besoin est largement supérieur à l'offre. Chaque édition peut varier de 250 à 1600 exemplaires. Il y aurait eu en 1520 quelque 6 600 exemplaires de la Bible allemande en circulation, 13 500 en d'autres langues, plus 120 000 psautiers (réunion de 150 psaumes dits "de David"), et 100 000 livres du Nouveau Testament. C'est encore bien peu, d'où le succès de la Bible de Luther, rédigée dans un allemand accessible à tous.</p> <p>Le message divin peut être déformé par les mots qui l'expriment, s'ils sont inadéquats. L'humanisme veut purifier le langage par lequel est transmise la parole éternelle, présenter l'Ecriture sous un éclairage nouveau. Il contribue ainsi à la Réforme en mettant en doute l'autorité de la "Vulgate" (version latine des livres saints faite par St Jérôme et comportant des inexactitudes et des contresens). Il introduit la méthode critique dans les sciences religieuses. La passion nouvelle pour le grec et l'hébreu aura pour effet d'éloigner les savants de la traduction latine reçue jusque-là. Pic de la Mirandole pense même que la Bible offerte aux chrétiens de son temps est incomplète et qu'une partie de révélation divine a échappé à l'Eglise. Suivant l'exemple et les méthodes d'Erasme, Luther approfondira ses connaissances en grec et en hébreu pour traduire la Bible en allemand. Dans l'ensemble cependant, les humanistes ont été des esprits religieux mais indépendants. (citons au passage le livre antichrétien de l'époque, "le Prince" de Machiavel écrit en 1513, édité en 1531). Redécouvrant l'Antiquité, devenus lecteurs de Platon et de Plotin, aimant à se plonger dans les écrits ésotériques (réservés aux initiés) attribués à Hermès Trismégiste (Thot, dieu lunaire des égyptiens, dont les grecs firent un ancien roi d'Egypte auteur de livres secrets sur la magie, l'alchimie, l'astrologie, et qui ont tenu une grande place dans les polémiques religieuses), ils évoluent le plus souvent vers une conception optimiste de l'homme, commune à Nicolas de Cues, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Thomas More, Erasme et à Rabelais. Ils découvrent dans l'âme humaine une aspiration naturelle vers Dieu et décèlent dans chaque religion une manifestation au moins partiellement valable de cet élan vers le divin. Les humanistes ne nient pas le péché originel, mais ils n'insistent pas sur lui et ne vont pas à Dieu par le chemin du désespoir qui est celui de Luther. Ils accordent trop de crédit à l'homme pour accepter, lorsque l'heure du choix est venue, la doctrine protestante du "self arbitre" (déterminisme moral). Messagers d'une doctrine de paix, ils désapprouvent souvent la violence et le schisme. On comprend pourquoi les représentants les plus notables de la philosophie de la Renaissance, John Fisher, Thomas More, Erasme, Budé, Rabelais, Reuchlin, Lefèvre d'Etaples refusent de passer dans le camp réformé. Mélanchthon et Zwingli sont des exceptions. Certains autres humanistes comme Franck, Servet, Castellion, Fausto et Sozzini se retrouvent rapidement mal à l'aise à l'intérieur des orthodoxies protestantes et évoluent vers des positions de plus en plus dissidentes. Ils se font champions du libre arbitre, de l'antidogmatisme et de la tolérance. Le Luthérianisme et le Calvinisme ont été, quant au fond doctrinal, un anti-humanisme. L'humanisme a préparé la Réforme de deux façons : il a contribué à ce retour à la Bible qui est une des aspirations de l'époque, et il a mis l'accent sur la religion intérieure, dévaluant en même temps la hiérarchie, le culte des saints et les cérémonies. Mais sa conception de l'homme s'accorde mieux avec le catholicisme qu'avec le pessimisme luthérien et calvinien. Par sa philosophie la plus profonde l'Humanisme est adogmatique et conduit à un refus de la théologie : ce contre quoi réagissent et les orthodoxies protestantes et la Réforme catholique. Il engendrera le déisme du siècle des lumières. Aux angoisses de leur temps Erasme et ses amis apportent une solution insuffisante ; le moralisme qu'ils préconisent peut convenir à des âmes d'élite. La solution humaniste suppose en chacun des fidèles une grande force intérieure, cette "générosité" stoïcienne que vantera Descartes au siècle suivant. Si les hommes de la Renaissance sont capables dans l'action des plus grands héroïsmes, rien ne leur est plus étranger que la patiente conquête de soi-même. Il faut donc que la théologie vienne à leur secours, sacrements de l'Eglise romaine, ou justification par la foi de la Réforme luthérienne. Mélanchthon écrit : "Que demandons-nous à la théologie ? Deux choses. Des consolations contre la mort et contre le jugement dernier. Luther nous les apporte. Un enseignement de morale et de civilité, c'est l'affaire d'Erasme."</p> <p>On comprend l'insuffisance des améliorations partielles qui se sont produites dans l'Eglise au cours du siècle qui a précédé la révolte de Luther. On n'en finirait pas d'énumérer tous les efforts de redressement accomplis ici et là. Rome a canonisé 90 personnages qui ont vécu entre 1400 et 1520. Durant cette période, il y a eu des réformes, mais non une réforme. Seul l'ébranlement du schisme a conduit Rome à repenser sa théologie, à clarifier sa doctrine, à revaloriser le prêtre et les sacrements. Luther, Calvin et tous les Réformateurs sont persuadés de la décadence irrémédiable de l'Eglise romaine, en quoi ils se trompent. Mais le redressement de celle-ci a constitué une extraordinaire surprise. En tous cas les deux réformes ennemies ont correspondu à un même sursaut de la conscience chrétienne.</p> <p>La Réforme Catholique</p> <p>En dépit des aspirations des fidèles et de quelques réussites isolées, l'Eglise Romaine s'est révélée incapable de promouvoir et d'opérer elle-même la profonde réforme religieuse tant souhaitée : celle-ci s'est faite en dehors d'elle et contre elle. Rome s'est pourtant décidée à enfin réagir à partir de 1535 environ. L'oeuvre entreprise est à la fois contre-réforme et réforme catholique. Contre-réforme, c'est-à-dire réaction de défense (non seulement doctrinale, mais souvent violente) face aux positions protestantes ; réforme catholique, c'est-à-dire réponse originale apportée à l'attente des fidèles et comparable en cela aux différentes reformes protestantes.</p> <p>Rôle des ordres religieux :</p> <p>Les efforts de réforme concernent notamment certains ordres religieux anciens. En 1528, le franciscain italien Matteo BASCHI fait approuver par le pape une réforme qui donne naissance aux CAPUCINS voués spécialement à la prédication dans les milieux populaires. En Espagne, Thérèse d'AVILA ( 1515 - 1582 ) , grande mystique et organisatrice hors pair, ramène la règle du Carmel à sa pureté primitive. De nouveaux ordres sont créés. En 1524, Gian Pietro CARAFA (futur pape Paul IV) crée les "Théatins", congrégation de clercs réguliers. En 1564, Philippe NERI établit à Rome une société de prêtres séculiers, érigée en congrégation de l'Oratoire. Mais la création la plus importante est celle des Jésuites par Ignace de LOYOLA. (1491 - 1556).</p> <p>L'oeuvre du Concile de TRENTE</p> <p>Clément VII, pape de 1523 à 1534, artiste et indolent, mesure mal le péril luthérien et laisse passer les dernières chances de réforme de l'Eglise. Son successeur Paul III (1534 - 1549), un Farnèse est convaincu de l'urgente nécessité de prendre des initiatives. En 1542, il crée la Congrégation du Saint Office, tribunal chargé de juger sans appel les causes d'hérésie. Dès le début de son pontificat, il décide la réunion d'un Concile oeucuménique. La guerre entre François Ier et Charles Quint, les négociations pour tenter d'amener les protestants à venir exposer leurs thèses retardent de plus de dix ans l'ouverture de celui-ci. Elle a lieu à TRENTE en décembre 1545. Mais les protestants sont absents, donc pas de compromis. L'oeuvre du Concile de Trente porte sur le dogme et la discipline. Dogme : le Concile réfute les thèses protestantes : l'homme est libre d'accueillir ou de refuser la grâce divine et les oeuvres sont nécessaires au salut autant que la foi ; la Tradition est à côté de l'Ecriture sainte un élément de la révélation ; le sacerdoce est sacré et d'institution divine ; les sacrements au nombre de sept sont, également d'institution divine ; le Christ est présent dans l'eucharistie ; les saints et la Vierge sont des intercesseurs aux-quels il faut s'adresser ; l'existence du Purgatoire et la valeur des Indulgences sont réaffirmées. Discipline : le Concile dresse un catalogue ou Index des livres interdits aux fidèles, condamne les abus de la non-résidence et le cumul des bénéfices, maintient le célibat ecclésiastique et le latin comme langue liturgique, interdit les mariages clandestins et recommande la création d'un séminaire dans chaque diocèse.</p> <p>L'action des ordres nouveaux, la répression menée par le Saint Office et les tribunaux de l'Inquisition, permettent à l'Eglise romaine de regagner dans la seconde moitié du XVIe siècle une partie du terrain perdu et de stopper l'avancée protestante. Mais la condamnation sans appel du protestantisme prononcée par le Concile de TRENTE et l'autorité accrue que retire la papauté du succès de celui-ci, achèvent de consacrer la division de la chrétienté occidentale. Vers 1565, à une Europe restée catholique s'oppose une Europe protestante sous la forme soit luthérienne, soit calviniste, soit anglicane. Cette division entraîne de sanglants affrontements en Europe jusqu'au milieu du XVIIe siècle. La déchirure va marquer la sensibilité des peuples européens selon qu'ils sont catholiques ou protestants. Le protestant est l'homme du contact direct avec Dieu par la lecture personnelle de la Bible, sûr de sa foi et de son élection. Le catholique est soumis à un clergé qui, sous l'autorité du Pape, encadre étroitement le "peuple chrétien". Pourtant, ces différences profondes n'empêchent pas d'importantes convergences entre les Eglises issues des différentes réformes du XVIe siècle : foi commune en la divinité du Christ et en l'Evangile, même souci pastoral de mieux transmettre cette foi par le cathéchisme et la prédication et, par là même, de mieux christianiser des fidèles qui ne le sont souvent que superficiellement.</p> <p>La Réforme dans notre région</p> <p>Les attitudes religieuses ont pesé lourd dans l'histoire moderne et contemporaine de notre région (Nîmes, Sommières). L'adhésion d'une partie de la population au calvinisme a été suivie de conflits sanglants. Les affrontements entre réformés et adeptes de la vieille religion ont marqué non seulement la période qu'il est convenu d'appeler "Guerres de religion", mais, sous d'autres formes, la vie politique à l'époque révolutionnaire et au XXe siècle.</p> <p>Un religieux franciscain, François Lambert crée le premier scandale en abandonnant son couvent d'Avignon pour rejoindre Luther à Wittemberg. Ce départ a un écho à Nîmes où l'on est certainement au courant de la polémique engagée autour des thèses luthériennes qui passionnent l'élite culturelle. La période de crises de 1526 à 1533 (traité de Madrid ; François 1er quitte l'Espagne laissant ses deux fils comme otages. 1528 Déclaration de guerre à Charles Quint. Crise des finances. Traité de Cambrai) est marquée par le développement de la propagande réformée. En 1534, le religieux augustin qui a prêché le Carême à Nîmes, où les disciples de Luther "avaient déjà fait un certain nombre de sectateurs", est dénoncé pour hérésie et arrêté sur ordre du Parlement de Toulouse. En 1537, deux réformés nîmois sont exécutés et, en 1541 François Ier évoque à Nîmes "le pullulement d'hérésies, erreurs, sectes nouvelles et fausses doctrines" dans la sénéchaussée de Nîmes, ordonnant aux magistrats "d'extirper cette malheureuse secte luthérienne". Malgré la répression, le zèle des réformés contre les "superstitions papistes" donne lieu deux ans plus tard à la lacération d'un tableau de la Vierge dans la cathédrale : premier acte d'une violence iconoclaste qui sera un trait distinctif du protestantisme nîmois dans ses moments paroxystiques. La voie de pénétration la plus efficace est l'institution scolaire qui se développe considérablement en cette première moitié du XVIe siècle. C'est autour du recteur PECOLET que se constitue vers 1537 le premier embryon d'église réformée nîmoise. Dix ans plus tard, la cohésion de la jeune communauté réformée s'affirme dans une lettre adressée à Calvin par les fidèles "qui sunt in nemausensi ecclesia". Les années 1550-1560 sont déterminantes pour l'implantation de la réforme. En 1551 un prêtre cévenol est brûlé. En 1554, DEYRON, dominicain, docteur en Sorbonne, est chargé d'accompagner jusqu'au bûcher dressé place de la Salamandre, le prédicant Pierre DELAVAU pour l'exhorter à revenir au catholicisme. En fait, il l'engage à mourir dans le calvinisme, puis quitte Nîmes pour Genève. La répression menée par Henri II s'avère de plus en plus inefficace. En 1557, l'ancien cordelier alésien Claude ROZIER est "brûlé à petit feu au-devant de la Fontaine". Deux ans plus tard un "ministre" est envoyé à Nîmes pour "dresser" l'église locale. Ce pasteur, Guillaume MAUGET que Ménard qualifie de "vif, plein d'esprit, assez éloquent, mais surtout ardent et zélé au dernier point pour sa doctrine", arrive à Nîmes en septembre 1559. Il y rencontre un si grand nombre de fidèles qu'il écrit à Calvin : "Notre Seigneur bénit tellement cette église par sa bonté qu'il est impossible que j'y suffise à moi seul". Le consistoire (tribunal ecclésiastique) de Nîmes est établi le 23 mars 1561. Nîmes et sa région vont rentrer dans les guerres de religion.</p> <p>La réforme à Sommières</p> <p>En 1561, le Consistoire établi à Nîmes, demande à Genève un coadjuteur au ministre Mauget. C'est Pierre VIRET (1511-1571) ; il évangélise Lausanne, le Languedoc, puis enseigne à Orthez à la demande de la reine de Navarre. Théologien célèbre c'est un disciple de Calvin et un ami de Farel. Sa mission n'est pas limitée à Nîmes ; il parcourt le pays. Parti le matin de Montpellier le 17 mai 1562 il arrive à Sommières où il demeure deux jours. Il prêche sous les arceaux de la place de la Halle, invectivant le pape, le clergé et les moines, annonçant au peuple qu'à l'avenir il ne paierait plus la dîme ni les impôts. (Ménard T. IV preuves 14). Les sommiérois entendent d'une oreille d'autant plus favorable ce discours, que depuis plusieurs années déjà, l'aristocratie est au courant de ce qui se passe à Nîmes. En ville les choses vont bon train et le 24 septembre 1562 les réformés s'emparent de l'église St Pons, en chassent les catholiques et y font leur prêche. Ils assiègent le château, le prennent facilement et en chassent le gouverneur Antoine BOURDIN qu'ils remplacent par Claude VERGIER, sieur du ROZIER. Les catholiques sont obligés de faire construire à la hâte, une petite église ou chapelle, au quartier du Plan de l'Oly. (emplacement actuel du couvent des Ursulines). Bien évidemment " tous ces changements ne purent se faire sans violence et sans excès". Les catholiques devenus minoritaires sont contraints à aller au prêche. Quand ils s'y refusent on leur crie : "gara, gara l'espoulsetta" et le dénommé Durand, fervent catholique fait l'expérience des grands coups de bâton. Les monastères sont pillés, les religieux dispersés, certains massacrés, tels deux frères cordeliers et sept pélerins espagnols qui se trouvent dans leur couvent. La nouvelle religion s'impose dans toute la région. Toutefois il faut remarquer que la rive droite de Vidourle demeure catholique. Une fois de plus, le fleuve constitue une frontière politique, puis religieuse. (consulter les travaux de Didier Poton). La mort du duc de Guise, assassiné par Poltrot, amène la première paix entre les deux partis ; elle est publiée par un édit de Charles IX donné à Amboise le 19 mars 1563. Il porte amnistie pour le passé, liberté pour les protestants d'avoir un temple dans les villes où ils sont maîtres, restitution aux catholiques de leur église et de leurs biens aux ecclésiastiques. La paix est mal observée et il faut l'arrivée du maréchal de DAMVILLE comme gouverneur du Languedoc pour permettre aux catholiques de "respirer" un peu. Il remplace Claude Vergier, gouverneur du château par Jacques de la CROIX, baron de CASTRIES. (1564). Henri 1er de Montmorency, comte de Damville, puis en 1579 duc de Montmorency, connétable de France (Chantilly 1534, Agde 1614) fils du connétable et maréchal de France Anne de Montmorency, succède à son père dans le gouvernement du Languedoc à l'âge de 29 ans. Brutal, roublard, illétré, jouisseur, son attitude évolue peu à peu, de la répression au compromis et au modérantisme, au rythme des succès et des échecs qu'il enregistre en Languedoc où il exerce une véritable vice-royauté, mais aussi en fonction du degré de faveur que la couronne accorde à sa maison. Maréchal de France en 1567, ennemi des Guise, il combat la Ligue en 1575, mais se rallie à Henri IV qui le fait connétable en 1593. C'est grâce à sa vigilance que le Bas-Languedoc échappe au massacre de la St Barthélémy ce qui lui ouvre un crédit de confiance chez les Huguenots. Il tient tête au roi Henri III en créant "l'Union des catholiques et de ceux de la religion", proclame le liberté de conscience et de culte, crée des chambres de justice à Montauban, Millau, Castres et Mazères. Joyeuse assiège vainement Montpellier défendue par Damville (1577) jusqu'à ce que la paix de Bergerac en fasse une place de sûreté protestante pour six ans. Il repousse une attaque espagnole contre Leucate et Narbonne, puis choisit le parti de la légitimité. Roi sans couronne du Languedoc il sera récompensé par Henri IV. Le 30 septembre 1567, jour de la St Michel, a lieu à Nîmes la "michelade" au cours de laquelle des catholiques sont égorgés, parmi lesquels le vicaire général Jean de PABERAN, des notables dont le premier consul, des soldats et des gardes albanais du gouverneur du Languedoc. L'évêque, Bernard del BENE réussit à s'enfuir. A la tête des massacreurs se trouvent des personnalités protestantes tels Vidal d'ALBENAS ou François de PAVEE, gros acquéreurs de biens ecclésiastiques. On estime le nombre des victimes à une centaine. C'est le début de la deuxième guerre de religion. Sommières n'a pas eu à déplorer de tels incidents bien qu'il y ait eu quelques vexations ou règlements de comptes individuels. Les consuls impuissants à les empêcher, réclament au roi l'administration de la police qu'ils n'arrivent plus à assurer. Charles IX, par lettres patentes datées de Fontainebleau le 10 avril 1569, les rétablit dans l'administration de la police, avec pouvoir de punir les infractions à leurs ordonnances, par des amendes destinées à la nourriture et l'entretien des pauvres. La deuxième paix, dite de Longjumeau (mars 1568) et qui renouvelle l'Edit d'Amboise de 1563, ne dure pas. Le 25 juillet, les catholiques constituent la "Sainte Ligue" ; le 23 août, les protestants relancent la guerre ; le roi révoque toutes les faveurs accordées aux calvinistes et un édit du 25 septembre tente de rétablir une seule religion dans le royaume. A Sommières, le parti calviniste étant le plus fort, les catholiques ne bougent pas et cette situation particulière laisse pendant quelques années la ville en dehors des agitations et désordres qui suivent cette troisième guerre civile. Elle se termine par l'édit de Saint Germain-en-Laye du 8 août 1570 qui, pour la première fois, accorde des places fortes aux protestants. Le 24 août 1572, vers quatre heures, débute à Paris, par l'assassinat de Coligny, la journée connue sous le nom de "massacre de la St Barthélémy" ; le 25 au matin, le massacre cesse, mais la chasse aux protestants s'étend jusqu'au 3 octobre. Il semblerait que les sommiérois aient fait preuve de sagesse et ne se soient pas laissé aller à de telles exactions. Souvenons-nous aussi que le clan catholique est largement minoritaire. La situation est à quelque chose près la même que celle de Nîmes dirigée par un consulat "mi-parti" entre les deux religions ; l'atmosphère est assez détendue et, est-ce le fait des modérés, ou la conscience de leur faiblesse de la part des catholiques, la St Barthélémy est sans effet. La résistance protestante à la nouvelle politique royale trouve son centre de gravité dans le sud de la France et donne lieu à la constitution d'un "contre-état" financé par des impôts royaux détournés et des revenus confisqués à l'église romaine. Nîmes va jouer un grand rôle dans la mise sur pied de cette organisation et sur le plan local les réformés auront la situation bien en mains d'autant plus que l'Etat huguenot jouit du soutien intéressé du gouverneur du Languedoc, Henri de Montmorency-Damville. A l'image de Nîmes, les protestants sommiérois s'organisent. Ils s'assemblent en armes place du Marché où ils établissent un corps de garde, puis s'assurent de la ville. Ceci n'empêche pas le viguier, un jeune homme nommé le capitaine Pouget, aidé de quelques catholiques de s'emparer du château et de s'y enfermer, non sans avoir fait avertir de la situation le vicomte de Joyeuse lieutenant général du Languedoc, alors à Montpellier. Henri duc de Joyeuse, comte de Bouchage, (1567 - 1608), à la mort de sa femme Catherine de la Valette, il prend à Paris l'habit de capucin sous le nom de "père Ange". (1587). En 1592, il entre dans le monde et devient lieutenant général du Languedoc (représentant du roi dont il détient une grande partie des pouvoirs) sous le cardinal son frère. (François, archevêque de Narbonne, puis de Toulouse, négocie la réconciliation de Henri IV avec la cour de Rome). En 1593 il se met au service de Montmorency donc de Henri IV qui récompense très chèrement ce ralliement (pardon, titre de maréchal, gouvernement de Narbonne, Carcassonne et autres châteaux, garde de trente arquebusiers à cheval etc...). En 1599 il retourne chez les capucins. Il envoie à Sommières, sous le commandement du capitaine Montpeyroux, une compagnie de gendarmes et des soldats qui n'ont aucune peine à reprendre la ville : les protestants avertis de leur arrivée, se sont enfuis à Sauve, Anduze et dans les Cévennes. Pourtant, jugeant Sommières comme une place de très grande importance pour eux, "à cause qu'elle servait de porte de communication de Montpellier aux Cévennes, leur retraite ordinaire", ils vont tenter de la reprendre. Ils réunissent cinq cents hommes sous les ordres d'Antoine Dupleix, seigneur de Grémian. Ce dernier a épousé une fille de Sommières, Françoise de Bérard, dont la famille jouit d'une grande réputation. Vers minuit, Grémian cache ses hommes près du château (quartier de la Grand Font) ; un maréchal-ferrant et un serrurier aidés de l'intérieur par des complices forcent une petite porte de secours située à l'est. Au matin quelques soldats pénètrent dans la forteresse. Pouget pris à l'improviste court s'enfermer dans la grande tour du haut de laquelle il appelle au secours. Montpeyroux qui commande toujours la ville, suivi de quelques hommes de sa compagnie et de quelques catholiques accourt au château ; mais il arrive juste pour y voir tranquillement entrer les protestants. Pouget, ne voyant venir plus aucun secours est bien obligé de se rendre. Enfermé pendant huit jours dans une pièce du château, il est enfin libéré et gagne Fontanès dont le seigneur du lieu est le baron de Combas. Maîtres du château, Grémian et ses hommes descendent en ville et pillent les maisons des catholiques. Ribot, le maréchal-ferrant qui a ouvert la porte, outre sa part, reçoit un cheval qu'il revend trois cents écus ; plus tard il obtiendra le commandement du château. Des scènes de désordre se déroulent en ville ; nous en connaissons l'existence grâce au témoignage de Giry qui a failli laisser la vie dans l'affaire. Bachelier "ès droit" et habitant de Sommières, il fait imprimer à Lyon en 1578, l'histoire des deux sièges de cette ville en 1573 et 1575. Il est aussi particulièrement intéressant d'étudier le dessin représentant le premier siège "fait à Lyon par Jehan le Feure, tailleur d'histoires en rue Thomassin à l'enseigne des trois craxant (croissants )". L'original est à la B.N. François Roussel, juge de la ville donne à dîner ce jour-là. Pour défendre l'entrée de sa maison, il sort armé d'une vieille hallebarde ; se trouvant en minorité, il fuit dans la maison voisine d'un avocat. Il est dénoncé par une femme qui l'a vu entrer. Les soldats le découvrent, le massacrent et après l'avoir enterré dans un tas de fumier vont piller sa maison. Giry lui-même poursuivi par des soldats se réfugie dans la maison de l'un de ses amis de religion réformée et ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de cet ami auprès de Grémian. Quant à Montpeyroux, il n'a pas le temps de faire retraîte et, avec une cinquantaine des siens, il se réfugie dans la tour de l'horloge (beffroi). Mais les protestants leur tirent dessus depuis les maisons voisines et surtout allument un grand feu sous la voûte de la tour. Au bout de trois jours, près de l'asphyxie, Montpeyroux et quelques autres, sautent dans les braises, courent au pont, se laissent glisser sur les ancoules, se jettent à Vidourle et à travers la campagne regagnent le château de Fontanès. Ceux qui sont restés dans la tour se rendent à Grémian, qui, après les avoir désarmés, les laisse partir. L'affaire arrive aux oreilles du roi qui envoie DAMVILLE (le voilà catholique) gouverneur de la province, pour y remédier. Dès janvier 1573, la reprise de Sommières est décidée ; mais auparavant celui-ci attaque le château de Calvisson qui se rend rapidement, pille le village dont la majorité des habitants se retire à Sommières ou à Montpezat qui à son tour est pris ; le jeune baron sauve de justesse sa tête et la place est démantelée sur ordre de Joyeuse. Après la prise de Montpezat, l'armée composée de quinze à vingt mille hommes, huit pièces de canon, six grosses couleuvrines, quelques mousquets, trois pièces montées sur roues, vient investir Sommières le 11 février 1573. La place est défendue par trois braves capitaines : Grémian, Pierre Senglor, le sieur de Porqueirès. Damville leur fait des propositions afin qu'ils se rendent. Ils refusent, Damville prépare le siège et dispose son artillerie sur le plateau de Villevieille. La tour construite par Louis IX est prise sous le feu de sept pièces de batterie qui tirent sans arrêt pendant un jour et demi. Le jeudi 10 février, à dix heures, elle s'effondre d'une seule pièce. L'assaut est donné, commandé par Montpeyroux, sous les yeux du maréchal de Damville, de son épouse et de quelques autres dames. Montpeyroux, Limans et Autremencourt périssent. Ce dernier est enterré à Montpellier, Limans pendu à un créneau ; quant à Monpeyroux il reçoit les honneurs de la part des assiégés. Malgré l'héroïsme de la défense, les assiégés manquent de viande, d ‘huile, se nourrissent de pain bouilli ; les munitions font cruellement défaut. Des transactions qui n'aboutissent pas sont entreprises avec le maréchal de Villevieille. Des renforts tentent en vain de pénétrer dans la place. La tour construite à l'angle N.E. de la Vignasse, après plusieurs jours de batterie, s'effondre entraînant avec elle plusieurs longueurs de muraille. La Vignasse est alors prise sous le feu de plusieurs couleuvrines. Battus de toutes parts, sans vivres et sans munitions, les assiégés décident alors de se rendre. Le jeudi 9 avril, ils remettent la ville et le château à Damville qui y fait son entrée accompagné de Joyeuse, d'Antoine de Semeterre évêque du Puy, installe un gouverneur, puis va coucher au château de Villevieille. Après avoir séjourné plusieurs jours dans la ville , il rétablit le culte catholique, y laisse deux compagnies d'infanterie et beaucoup de soldats puis se retire à Montpellier. Quant aux protestants, sous la conduite de Grémian, par une pluie battante et un temps affreux, ils se retirent dans les Cévennes.</p> <p>Après le siège, la ville se trouve dans un triste état : maisons ruinées, cadavres en décomposition qui provoquent une épidémie cause de nombreux décès. Mais les malheurs des sommiérois ne s'arrêtent pas là : Damville nomme comme gouverneur le capitaine Raynaud, vieil officier dur, cruel, rigide qui tourmente les habitants pour leur faire réparer les brèches aux murailles. Il commande aussi à Villevieille un détachement de trente hommes qu'il laisse piller, violer, battre, assommer les habitants à la moindre résistance. Ceux-ci se plaignent à Damville qui envoie Raynaud en prison à Beaucaire et le remplace par le capitaine la Véochette. Plus humain, il se montre par contre plus avare et ramasse beaucoup d'argent au moyen de contributions qu'il lève sur Sommières et les villages voisins. Mais Damville devient suspect à la cour ; le roi et la reine mère décident de s'assurer de lui. Malheureusement, le courrier qui en porte l'ordre est arrêté, les dépêches lui sont remises. Il prend ses précautions, en particulier, il nomme gouverneur de Sommières le capitaine Goult, ancien page de son père, entièrement à sa dévotion. Charles IX avant de mourir ayant désigné François de Montpensier comme gouverneur du Languedoc, Damville se range ouvertement du côté des calvinistes qui le reconnaissent comme gouverneur général lors des assemblées de Millau et de Montpellier. Il connaît la valeur de la place de Sommières où il a mis un homme de confiance, tout dévoué ; mais ce dernier est catholique, ce qui le chagrine. Le 26 octobre 1574, il se rend au château et tente de persuader Goult d'abandonner la place. Celui-ci, en fidèle sujet du roi, refuse, critiquant même la politique versatile de Damville qui lui adjoint un lieutenant de la religion réformée. Goult n'est pas décidé de le recevoir. Il fait venir en cachette une troupe de soldats qui, après avoir marché toute la nuit du samedi au dimanche 31 octobre, entrent au château par la fameuse petite porte et renforcent la garnison. Le lendemain, sous prétexte de leur communiquer les ordres de Damville, il convoque tous les habitants qui se réunissent, tant catholiques que protestants, au nombre de plus de deux cents. Il les fait ranger sur deux rangs, catholiques d'un côté, protestants de l'autre et déclare à ces derniers qu'ils sont ses prisonniers. Il les fait d'abord emprisonner dans une citerne puis dans un cachot. Pendant ce temps, malgré les catholiques, les soldats pillent les maisons des prisonniers qui sont enfin relâchés. Le fameux lieutenant annoncé par Damville doit quand même arriver avec une petite troupe. Goult prépare un traquenard. Lorsque celle-ci sera engagée entre les deux tours sur le pont, elle sera attaquée et égorgée. Par excès de précipitation, le coup rate ; les premières personnes arrivant du côté de Montpelier sont tuées : un toulousain qui vient pour un procès et deux sommiérois qui rentrent chez eux. Bien sûr, le lieutenant et les siens rebroussent chemin pour avertir Damvile qui entre dans une grande colère. Le résultat de cette affaire est que la guerre est allumée en ville : protestants sous les ordres de Damville, catholiques sous ceux du duc d'Uzès commandant de la province. Ce dernier envoie un renfort au château. La ville manque de vivres ; le duc d'Uzès oblige celle d'Aimargues à fournir des charges de blé que les sommiérois doivent aller chercher. Mais les protestants sont avertis, attendent le retour de l'expédition, tuent une quarantaine d'hommes, s'emparent du blé et du bétail qu'elle ramène (13 mai 1575). Le duc d'Uzès envoie alors du blé en provenance de la Calmette sous la protection d'une bande de mercenaires que les protestants n'osent attaquer. Hélas ces soldats étrangers coupent les blés semés autour de la ville et les donnent en fourrage à leurs chevaux. L'ambiance dans Sommières est des plus moroses : outre la disette, il faut sans cesse monter la garde car les protestants rôdent autour des murailles. Ils tentent même une escalade du côté de la porte de la Taillade. (mai 1575). Ils sont surpris ; tentent une nouvelle escalade côté porte du Bourguet. En vain. Une expédition à Fontanès chargée de ramener un troupeau de moutons se solde par la perte des bêtes, la pendaison du capitaine qui la commande et la mort d'environ soixante-dix soldats. Ici se place une anecdote assez cocasse (sauf pour certains). Nous sommes à la fin du mois d'août ; les premiers raisins commencent à mûrir. Personne en vue ; une troupe de femmes se hasarde hors des murs. Hélas les protestants cachés veillent, les font prisonnières et les renvoient en ville, "coupant ras du cul les robes des femmes, lesquelles on voyait revenir à la ville couvertes de honte et de confusion, baissant la tête et n'osant regarder personne, tant elles étaient honteuses de se voir en tel état". (Giry).</p> <p>La pression sur la ville est de plus en plus forte : d'un côté les soldats de Damville, de l'autre les huguenots ; par précaution, le maréchal n'ayant pas voulu mélanger les deux troupes. (suspicion réciproque). Damville envoie une lettre au gouverneur et aux habitants, les invitant à se rendre. Goult ayant répondu qu'il reste fidèle au roi, le dimanche 21 août, le maréchal fait amener à dix heures du soir une pièce de canon qui tire sur une guérite en briques, au sud des remparts, près du fuyant de la Grave. Devant le peu de résultat, les assiégeants transportent le canon face à la tour et a la porte du pont murée en pierres sèches. Une cinquantaine de boulets sont tirés inutilement : on rapporte la pièce à Montpellier. Le duc d'Uzès envoie en ville, par le côté de Villevieille, une dizaine de personnes pour annoncer, dans trois jours, son arrivée avec toutes ses troupes, ce qui redonne un peu courage aux assiégés. Dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 septembre, les protestants mettent le feu à la porte conduisant au château. (porte dite des Frères Mineurs). Pour comble de malheur, le 15, de fortes pluies s'abattent en Cévennes, provoquant une terrible inondation qui renverse plus de quarante pans de murailles. Le 17 septembre, malgré une crise de fièvre, le duc d'Uzès et ses troupes font leur apparition ; ils tombent sur Damvile et les siens du côté de la Condamine, les obligent à s'enfermer dans Villevieille (quartier général de Damville). Le duc ne s'aventure pas à l'intérieur de Sommières, et fait décharger devant la porte de la Taillade du blé, de la farine, du lard, de l'huile et du sel qui n'ont pas été perdus au cours du combat, puis il se retire dans les environs de Calvisson. Il revient le lendemain, est attaqué par Damville qui est encore battu et doit faire retraite à Lunel, laissant de nombreux morts sur le terrain. Mais il ne reste pas en ville : manque évident de confort, mais surtout crainte d'y être assiégé. Neuf jours plus tard, ce sont les huguenots qui, au nombre de trois cents tentent une attaque de la brèche faite par Vidourle. Les habitants veillent, elle échoue. La situation dans Sommières est telle que l'on songe à se rendre après avoir averti le duc d'Uzès et réclamé des otages en garantie. Les consuls se réunissent, rédigent une demande de reddition qu'ils font porter à Damville à Montpellier par le premier consul et deux autres habitants. Ils sont fort bien reçus par le maréchal qui leur accorde tous les articles contenus dans leur supplique. Ses réponses sont écrites en marge de celle-ci. (le texte est connu). Au bout de six jours le duc d'Uzès ne s'étant pas manifesté, le 15 octobre, le capitaine Goult rend la ville et le château à Damville. Celui-ci de retour à Villevieille l'invite à dîner. Après le repas ils se promènent dans la cour du château ; Damville lui reproche l'oubli des bontés qu'il a eues pour lui, confirme que tous les articles de la reddition sont acceptés et l'invite à se retirer avec ses soldats dans la région d'Albaron sur le Rhône. Goult retourne à Sommières, en sort une heure après avec ses compagnies qui se débandent immédiatement car la plupart des soldats sont des villages environnants. Le dimanche 16 octobre, Damville fait son entrée en ville, y établit comme gouverneur le capitaine Senglar, " homme sage et prudent", et rétablit le culte de la religion réformée.</p> <p>Ainsi se termine l'épisode qu'il est convenu d'appeler "le deuxième siège de la ville de Sommières".</p> <p>Etat de la ville après les sièges</p> <p>Sommières se trouve dans un état lamentable. Ceux qui ont pu sont partis ; d'autres ont été tués. D'après Giry, il ne reste debout que "trente huit maisons fort pauvres". Le petit groupe des catholiques qui a survécu et qui n'a pas quitté la ville s'est résigné, à quelques exceptions près, à se convertir à la réforme. Mais les incidents sont fréquents et les relations entre communautés assez tendues. Le 25 novembre 1575, les Etats de la Province se tiennent à Béziers : trois membres du Conseil y sont dépêchés. Damville, bien que chef des calvinistes, fait rebâtir les églises de la région et permet la célébration du culte catholique. A Sommières il a lieu dans une église provisoire au Plan de l'Oli (quelque part sur l'emplacement du couvent des Ursulines). L'année suivante (1576) un nouveau traité de paix est signé à Paris entre le prince de Condé au nom des catholiques, et Damille au nom des protestants. Mais il ne fait pas l'unanimité ; considéré comme trop favorable aux protestants, il est à l'origine de la LIGUE. La guerre recommence, pourtant à Sommières tout reste calme. Les protestants, toujours méfiants à l'encontre de Damville, s'assurent de quelques places de la région, dont Sommières et Montpellier (que le maréchal est contraint d'assiéger) Ils n'ont pas tout à fait tort, puisque ce dernier, devenu duc de Montmorency, passe dans le camp du roi Henri III. De nouvelles négociations de paix sont conclues au mois de décembre 1581. Les églises sont restituées aux catholiques dont celle de St Pons utilisée pour le culte protestant. Les réformés cherchent un emplacement où établir leur temple ; Antoine Dupleix seigneur de Lèques et sa femme vendent aux consuls "un casal de maison rue des Baumes, sur lequel fut bâti le temple... de manière que des deux églises, à un voisinage si rapproché, on pouvait aisément entendre de l'une ce qui se passait dans l'autre." Le 18 juillet 1585, Henri III qui a cédé aux ligueurs, par le traité de Nemours, révoque tous les édits de pacification antérieurs, et par là interdit l'exercice du culte réformé. Les ministres (pasteurs) doivent quitter le royaume, les fidèles se convertir ou partir en exil dans un délai de six mois. Les protestants sont déclarés incapables d'exercer aucune charge publique et doivent restituer les places de sûreté. Il engage le roi de Navarre à se convertir. C'est l'heure des catholiques et du duc de Guise. Damville passe dans le camp du roi de Navarre dont la région a pris le parti. (Guise est assassiné le 23 décembre 1589). En 1586 une attaque de peste se produit dans les environs de Nîmes : Sommières, Anduze, Calvisson, Clarensac, Saint Cômes et Castries sont touchés. Le 1er août 1589, Henri III est assassiné par Jacques Clément et Henri de Bourbon, roi de Navarre devient roi de France sous le nom de Henri IV. Il abjure le 25 juillet 1595. (Paris vaut bien une messe). Une fois encore, Damville est dans le bon camp. Les divers édits de pacification ayant créé une chambre mi-partie pour juger des différents entre catholiques et protestants, il convient d'en fixer le siège (1595). Sommières se porte candidate et propose même de faire les frais du transport de l'ameublement du tribunal. Les démarches sont sans succès, mais cela nous laisse à penser que notre ville est très largement en majorité protestante et qu'elle aspire à jouer un rôle important dans la politique du Languedoc. L'Edit de Nantes va la consacrer place de sûreté protestante. (voir L. ANQUEZ : Histoire des Assemblées Politiques des Réformés de France 1573-1622. Paris 1859) Nous savons grâce à "l'Etat des deniers à payer pour la solde des gens de guerre et l'entretien des gouverneurs des places d'otages" que 39 hommes d'armes sont préposés à la défense de la place et que le montant de leur solde s'élevent à 145 écus 40 sols. Les places du Languedoc et généralité de Montpellier sont les suivantes : Castres, Lunel, Sommières, Montpellier, Aigues-Mortes, Fort Peccais, Tour Charbonnière, Gignac, Marvejols, Clermont-Lodève. A celles-ci il faut ajouter pour notre région : Alais, Uzès, Aymargues.</p> <p>Sommières après l'Edit de Nantes</p> <p>La vie religieuse et morale des fidèles est, comme à Nîmes, soumise à un contrôle strict. Ils doivent, le dimanche, assister aux prédications et s'abstenir de travailler. Ils sont tenus de communier à Noël, à Pâques, à Pentecôte et en septembre. Le Consistoire est tout puissant. Il faut protéger le troupeau calviniste de toute souillure, pêché de parese ou de luxure, ou de la "pollution papiste". Vagabonds et femmes de mauvaise vie sont souvent expulsés. Disputes, violences, recours à des guérisseurs, paillardise, jeux, mascarades, danse (l'avocat religionnaire Anne Rulman l'appelle la "maquerelle du diable") sont l'objet de la vigilance des anciens et les coupables doivent faire amende honorable devant le Consistoire. Même le jeu de quille ne trouve pas grâce à leurs yeux. Les réformateurs catholiques associent leurs rigueurs à celles des huguenots. Fléchier formule ainsi son bilan à son troupeau "nouveau catholique" : "Mes très chers frères qui êtes sortis de l'hérésie, quand ce ne serait qu'en apparence, n'avez-vous oublié de votre ancienne discipline que la privation des spectacles qu'elle vous avait interdits ?"</p> <p>L'Edit de Pacification est signé à Nantes le 13 avril 1598 ; il est déclaré perpétuel et irrévocable. On y mentionne les droits et privilèges des protestants français, la liberté de conscience leur est concédée dans toutes les villes ou lieux du royaume et pays de l'obéissance du roi ; toutes les charges et dignités leur sont accessibles ; ils obtiennent pour huit ans une centaine de places de sûreté. La religion catholique est rétablie en tous lieux où son exercice "a été interdit" (art. 3). "Si donnons en mandement aux dits gens de nos dites cours de parlement, chambres de nos comptes et cours de nos aides, baillifs, sénéchaux, prévôts et autres nos justiciers et officiers qu'il appartiendra, et à leurs lieutenants qu'ils fassent lire, publier et enregistrer cestui notre présent édit et ordonnance en leurs cours et juridiction, et icelui entretenir, garder et observer de point en point, et du contenu en icelui faire jouir et user plènement et paisiblement tous ceux qu'il appartiendra, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements au contraire, car tel est notre bon plaisir... (art. 95). Il apporte une vingtaine d'années de paix qui permettent un renouveau du catholicisme. Cette renaissance suscite souvent l'inquiétude et la mauvaise humeur des réformés. Les habitudes de coexistence prises à l'époque de Damville persistent malgré tout. Citons simplement en 1599, Abdias de Chaumont, seigneur de Bertichères, zélé protestant que nous retrouvrons en 1621, qui s'empare du château où il se fortifie. Il accepte de s'en retirer moyennant une somme de 1300 écus sur le sel, consentie par les Etats de la Province réunis à Pézénas cette année là. Bertichères aura des problèmes avec la communauté de Sommières à propos de droits seigneuriaux appartenant au roi sur la baronnie de Montredon. La prépondérance protestante est à la fois démographique, économique et politique. Si l'on se base sur Nîmes les protestants forment la partie la plus riche de la population, les marchands et la fraction la plus aisée de l'artisanat. Selon Le Roy Ladurie les ruraux ou semi-ruraux, travailleurs, bergers sont plus nombreux chez les catholiques. Les protestants dominent aussi politiquement la cité. (Nîmes n'est pas place de sûreté, mais elle est tenue militairement au moyen de milices bourgeoises.) A cette époque l'évêque Pierre de Valernod, évêque résidant, homme de vie intérieure, réformateur d'un clergé souvent scandaleux administre le diocèse de 1598 à 1623 aidé par un vicaire général de grande qualité, son neveu Louis Maridat. On voit apparaître des religieux caractéristiques de la réforme catholique : jésuites, récollets, franciscains. Les nîmois voient avec quelque mauvaise humeur les processions catholiques se dérouler en ville, notamment celles des Rogations. Ils manifestent en organisant des cortèges burlesques parodiant les cérémonies catholiques. Il ne faut pourtant pas croire que les deux camps sont fanatiquement attachés à leur religion au point de n'avoir aucun rapport entre eux. La vie économique met en contact permanent catholiques et protestants, des mariages mixtes ont lieu malgré les inetrdictions du concile provincial de Narbonne (1609) ou des synodes de l'Eglise Réformée. Sur le plan des élites intellectuelles, l'idéal pacifiste des humanistes chrétiens contemporains d'Erasme, marié à l'apport des "politiques" de la fin du siècle se manifeste à Nîmes. Le pasteur Jean de Serres, professeur à l'académie de Nîmes élabore en 1597 un projet pour la réunion des deux religions qui doit tendre à "la concorde de l'Eglise en la vérité et la paix du royaume", tandis que le savant avocat protestant Anne Rulman dédie une de ses oeuvres au nonce du pape et entretient des relations amicales avec ses confrères catholiques. Il aspire, sous le régime de l'Edit de Nantes à un véritable âge d'or. Dans un discours prononcé en 1604 il affirme que les deux religions sont "si bien apprivoisées ensemble" que "tout l'assaisonnement de leurs désirs et de leurs espérances, git en l'amour de la royauté". L'optimisme d'Anne Rulman sera cruellement démenti par les guerres civiles qui vont reprendre dans les années 20. L'irénisme des uns (attitude pacificatrice faite de compréhension et de charité), l'indifférence des autres ne doivent pas nous faire oublier le militantisme agressif des zélateurs des deux réformes : au début du XVIIe siècle les protestants enregistrent de nouvelles conversions ("l'église de Dieu plantée en cette ville accroissant de jour en jour le nombre des fidèles" pasteur Olivier). Inversement des conversions de protestants ont lieu pendant cette période du fait des jésuites. Les deux exemples les plus remarquables à Nîmes sont ceux de Plantavit de la Pause professeur au collège qui deviendra évêque de Lodève, de Guillaume de Reboul qui lancera après son abjuration des pamphlets violents, haineux et injustes contre ses anciens coreligionaires ; En 1613, la conversion du pasteur Jérémie Ferrier provoque une véritable émeute populaire contre l'apostat qui doit se réfugier à Paris. A Sommières la vie s'écoule à peu près calmement, le quotidien restant la préoccupation première des habitants. Au mois de décembre 1614 Louis XIII confirme à son tour les privilèges de la ville (lettres patentes du 2 avril 1615). Monsieur Louis de Baschy seigneur d'Aubais est alors propriétaire du droit d'encan de toutes les choses mobilières qui se vendent dans la ville. En 1607, les prudhommes et arpenteurs nommés par Mr Pons Malbois juge, député par la cour des Aides de Montpellier commencent, le premier février, un nouveau compoix de la ville et territoire de Sommières ; il est terminé le 2 décembre de la même année, et le 7 du même mois il est rendu exécutoire. Ce compoix servira de base pour l'assiette des impositions jusqu'en 1791. (Archives communales CC 4). Les guerres vont reprendre au printemps 1621 lorsque, après l'expédition menée par louis XIII en Béarn pour y rétablir le catholicisme, l'assemblée de la Rochelle appelle aux armes. Dès 1620 dans la région de Sommières les protestants procèdent à des levées de troupes. Dans une délibération du conseil de la communauté du 23 avril, le premier consul en avertit ses collègues et il est décidé que "attendu qu'on ne connait pas dans l'intérêt de qui se font ces levées, et pour empêcher toute surprise et insulte à l'encontre de la ville de la part des ennemis de l'état, il sera fait bonne garde, tant de jour que de nuit pour conserver la place au service et obéissance de sa majesté". Sommières possède à cette époque un pasteur de grand renom, Jean Chaune que Nîmes et Montauban lui disputent. Le synode national des Eglises Réformées d'Alais, en novembre 1620, le conservera à son église "à cause de la connaissance qu'il en avait et des bénédictions que, par la grâce de Dieu, il y avait répandues". Des troupes rôdent autour de la ville, pillant les villages ; en conséquence on décide d'armer les habitants et pour cela le conseil décide l'achat de deux cents mousquets. Le 4 avril 1621 une alerte a lieu. Le gouverneur de la ville et du château, Mr de Saurin, met immédiatement ses soldats sous les armes, mais ils manquent de poudre. Il est donc obligé d'en demander aux consuls qui ont leur réserve dans la maison commune. Ceux-ci daignent lui en donner 25 livres "en raison des services par lui rendus à la communauté". On se demande ce qui se serait passé s'il y avait réellement eu une attaque. C'est pourquoi, devant la situation, on envoie en renfort à Sommières quatre compagnies du régiment de son gouverneur, et les habitants montent la garde jour et nuit. Mais la population pauvre se plaint et tient des propos séditieux disant "qu'on ne faisait faire la garde qu'aux pauvres, qu'il fallait couper le col aux riches et qu'on aurait après leurs biens". L'histoire se termine devant la justice. Mais nous approchons des moissons. Alors on décide de faire monter la garde par les riches "afin de laisser aux gens de travail le moyen de gagner quelque chose pour se nourrir eux et leurs familles" ; ils sont même dispensés de travail aux fortifications du côté du Bourguet jusqu'après l'enlèvement de la récolte. A propos de ces travaux, en six mois, plus de trente délibérations sont prises par le conseil. A Nîmes les choses se passent assez mal : la ville tombe sous la suprématie des plus intransigeants derrière le baron de Brison gouverneur, les militaires, appuyés sur la masse des artisans, aux dépens des marchands et des notables que l'esprit politique autant que celui des affaires pousse à la modération. Ce sont ceux que la masse huguenote qualifie de "descambarlats" (un pied dans chaque camp). C'est le moment où le duc de Rohan est reconnu chef des églises réformées de la province (Bertichère est son second). Henri II duc de Rohan est né à Blain en 1579. Huguenot élevé dans l'austérité, il se distingue auprès de Henri IV au siège d'Amiens en 1597. Il épouse la fille de Sully. Après la mort de Henri IV il devient chef des huguenots et s'oppose à la politique de Marie de Médicis. Il s'empare de Montauban, puis se soumet. Lorsque la religion catholique est rétablie dans le Béarn il rejoint les protestants révoltés et s'empare de plusieurs villes. Le traité de Montpellier en 1623 lui donne satisfaction, mais il n'est pas appliqué. Les combats reprennent alors que Richelieu assiège la Rochelle. En 1629 Rohan doit accepter la paix d'Alais, s'établit à Venise où il écrit ses mémoires. Rentré en grâces, il est nommé embassadeur en Suisse ; mais Richelieu qui se méfie de lui, l'envoie combattre auprès de Bernard de Saxe-Weimar ; il est mortellement blessé en 1638. La guerre civile un moment interrompue en 1622 reprend en 1625 et se termine en 1629 par la paix d'Alais le 28 juin. Cette décennie de crise ruine l'effort de restauration catholique de la période précédente. Revenons en arrière. Fin 1621 la cathédrale de Nîmes est à nouveau abattue de même que le couvent des Récollets ; il n'y a pas de massacre mais on s'acharne contre les croix et les crucifix. Le bourg catholique de Marguerittes est mis à sac, d'autres exactions ont lieu à Calvisson, Nages, Congénies, Gavernes, Villetelle. Le culte catholique est aboli à Nîmes et les adeptes sont conduits à des abjurations d'une sincérité aussi discutable que celle des protestants, un demi siècle plus tard, lors des persécutions "louis quatorziennes". A Sommières le service catholique est interrompu, l'église mutilée "enlevée à sa destination et mise dans l'état le plus déplorable". Voici deux anecdotes datant de 1622. La garnison du château de Montlaur commettant des exactions dans tout le secteur, mais surtout menaçant la sécurité de la route Monpellier les Cévennes, Rohan décide d'assiéger le château. Il le fait battre par quatre pièces d'artillerie qui ouvrent une brèche suffisante pour que l'assaut soit donné. Le seigneur de Montlaur soutient l'attaque et oblige les assiégeants à abandonner, laissant sur le terrain une centaine de morts et de nombreux blessés. Le lendemain Rohan élargit la brèche et se prépare à attaquer. M de Montlaur envisage alors de se rendre. Pendant qu'il parlemente, des soldats huguenots en profitent pour escalader la muraille, pénétrer dans le château. Rohan le fait prisonnier avec treize personnes de son entourage ; toutes les autres sont massacrées et le château pillé puis démoli ainsi que celui de St Christol. Celui de Castries est saccagé. Cette victoire coûtera cher à Rohan qui devra faire soigner à Sommières, pendant plus de deux mois, et aux frais des habitants, quelques cent cinquante blessés. C'est la même année que Louis XIII à la tête de son armée se rend en Languedoc. Commandent sous ses ordres le prince de Condé (Henri II, père du grand Condé) et le comte de Schomberg. Ils prennent Marsillargues et Lunel, puis viennent mettre le siège devant Sommières. (août 1622, voir l'Histoire générale des guerres sous Louis XIII). Voici le texte : "...Pour ne laisser derrière aucune place importante qui put incommoder l'armée et divertir le juste dessin de sa Majesté, elle voulut que la ville de Sommières fut assiégée, pour en dénicher ceux que le duc de Rohan y tenait." Monsieur le Prince en reçut le commandement ; pour cet effet il fit acheminer l'armée de ce côté là, et alla loger à Villevieile, qui n'est qu'à mille pas de Sommières, sur la montagne, menant avec lui le régiment des gardes, ceux de Piémont,Navarre et Estissac qui se saisirent de tous les passages des montagnes, et en ce faisant serrèrent la ville et le château de ce côté là. Le duc de Montmorency ayant les régiments de Picardie et de Languedoc, les campa entre la montagne et la rivière, vis-à-vis de la nouvelle ville, que les ennemis fortifiaient en diligence, pour être à l'avenue des Cévennes. Le duc d'Alwin, avec ses lansquenets, se logea au-delà de l'eau, autour du faubourg que les rebelles avaient enfermé de trois bastions. Aux approches, il fut blessé d'une mousquetade à la jambe. Par après, MM. de Schomberg et de Praslin furent reconnaître la place, et étant retournés chez M. le Prince, lui firent rapport de ce qu'ils avaient observé ; sur quoi, le conseil décida deux attaques, l'une à main droite au quartier du duc de Montmorency, l'autre à gauche vers le château. Les deux premiers jours furent employés par les gardes à gagner plusieurs postes que les ennemis tenaient au-devant d'un fort qu'ils avaient fait sur la montagne pour couvrir le château. Le duc de Montmorency fit faire de son côté, ses approches par des chemins couverts et quelques fossés, autant qu'il fut possible de s'en servir. Il y eut ces deux jours-là de grandes escarmouches, car les ennemis défendaient les moindres avantages qui les pouvaient couvrir. Il fut reconnu qu'entre les fortifications et la montagne il y avait entrée dans le faubourg qui était lors la nouvelle ville, par où les ennemis se retirèrent et où il n'y avait ni pont-levis ni porte ; le conseil résolut qu'il fallait prendre cette nouvelle ville par ce côté là, dès la nuit suivante. Pour cet effet, on ordonna que les lansquenets feraient mine de donner aux fortifications de la rivière avec grand bruit ; que le marquis de Portes, avec le régiment de Languedoc, donnerait au deçà droit au bastion de main droite, le sieur de Marillac avec celui de Picardie, assisté du sieur de Liancourt, donnerait au milieu, et que le sieur de Monteson, maistre de camp d'un régiment, avec 500 hommes choisis et plusieurs vaillants officiers, feraient devoir d'entrer par le lieu reconnu pour prendre les ennemis par derrière, pendant qu'ils seraient occupés à défendre leurs nouvelles fortifications. Cet ordre donné, tout fut prêt à marcher au premier coup de canon, qui était le signal. La nuit de bonne fortune se trouva fort obscure, si bien que les troupes s'approchèrent sans être découvertes jusqu'à deux cents pas de la place. Le duc de Montmorency, ayant fait donner le signal, ordonna de tous côtés, avec un grand bruit de tambours, mousquetades et cris de soldats : pendant quoi on se coule couvertement dans la place par cette entrée, que tous les gens de guerre furent dans la grand rue avant qu'on s'en avisât ; les ennemis oyant crier tue, tue à leur dos, tournèrent tête vers la ville pour s'y sauver ; mais les régiments de Picardie et de Languedoc, montés sur les bastions, les poussèrent si rudement, et les 500 hommes qui étaient entrés par derrière en tuèrent un si grand nombre, que peu se sauvèrent. Leurs feux de garde étaient si grands dans les rues, qu'on y voyait clair comme de jour, et surtout dans la grand'rue, qui, étant enfilée des tours qui sont sur la porte, les ennemis y tirèrent grandement... Monsieur le Prince manda nouvelle de cette action au roi comme l'une des plus belles et des plus hardies...il ordonna qu'on fit une batterie de dix canons dès la minuit suivante, à la tête de ce faubourg pris, pour battre la muraille de la ville qui n'était point terrassée. Le lieutenant de l'artillerie y trouva beaucoup de difficultés parcequ'entre les dernières maisons et le fossé, il n'y avait que trente ou quarante pas d'espace tout à découvert. On proposa de faire la batterie dans les maisons , perçant la muraille par derrière pour faire entrer les canons et par devant du côté de la place y faisant des embrasures. Mais les canonniers, ayant reconnu la force des murailles, jugèrent qu'étant affaiblies par ces diverses brèches, le vent du canon les étonnerait dès qu'on aurait tiré tant soit peu, et ferait tomber les planchers sur les canons et sur leurs têtes, enfin on trouva moyen de dresser les batteries.... Le conseil assemblé, on trouva bon de faire sonner la place avant de tirer le canon et leur dire que s'ils se rendaient à présent, il y aurait miséricorde pour eux, mais qu'il n'y en aurait plus lorsque le canon aurait tiré. Le trompette qui fut envoyé à cet effet rapporta qu'ils voulaient capituler, et de fait dans le même jour, la place fut rendue aux mêmes conditions des deux précédentes. Il en sortit deux régiments de Cévennois où il y avait encore douze cents hommes effectifs, le reste ayant été tué dans la nouvelle ville, et le nombre des habitants de trois mille armés. Le roi alla le lendemain voir cette place de réputation et de si grande importance, et chacun s'étonnait de la voir prise en si peu de temps." Cette prompte soumission a donné lieu à une raillerie qui s'est longtemps perpétuée à Montpellier et à Sommières. Et l'on dit encore par un espèce de proverbe "en passent, lo rey prenguèt Someire". En passant, le roi prit Sommières. Ceci est rapporté par d'Aigrefeuille dans son Histoire de Montpellier. Les sommiérois firent preuve, je suppose, d'une grande sagesse, mais surtout ils avaient tiré les leçons des sièges précédents. Les articles de la capitulation, sous réserve d'accord du roi, stipulaient que les privilèges accordés étaient conservés, que la garnison du château sortirait avec armes et bagages, que ceux qui étaient entrés dans la ville pour la défendre auraient la vie sauve et qu'ils en sortiraient un bâton blanc à la main. Lorsque Monsieur le Prince fut dans la ville "il fit faire procès à plusieurs habitants des plus mutins et auteurs de la rébellion, qu'il fit justicier". Le bon ordre et le service divin furent rétablis. Le 17 août, Louis XIII vient à Sommières ; il a le plaisir d'en voir sortir et défiler la garnison. Il dîne, puis retourne à Lunel. Mais il ne ratifie pas les articles relatifs aux habitants : il enlève les libertés municipales et nomme lui-même les consuls. Il n'y a pas de pillage, mais le roi se réserve tous les grains "pour en user selon sa bonté". On procède alors à une sorte d'épuration : beaucoup de protestants sont partis, quant à ceux qui occupent des places ils en sont chassés. On remplace même le meunier de la Grave. N'oublions pas que ce moulin est une des clefs de la ville. La ville est encombrée de troupes ; la maison commune transformée en corps de garde, on craint trop une nouvelle révolte. Mais il faut nourrir tous ces soldats qui vivent à discrétion chez les bourgeois ; et le blé se fait rare. On doit emprunter pour en acheter car la misère augmente à l'approche de l'hiver. Monsieur Jean de la Grandsaigne seigneur de Marsillac "homme sage et bienveillant" est nommé gouverneur ; on n'enlève plus les grains à condition que les habitants réparent les fortifications et apportent au château les boulets qui restent en ville. Pendant dix mois la population supporte une importante garnison qui, au mois de juillet 1623, est réduite à cent hommes pour le château et cent pour la ville. Les conflits sont nombreux entre les habitants et les militaires qui essaient de piller tout ce qu'ils peuvent. Quant aux protestants qui n'ont pas payé la dîme au chapitre de St Gilles, ils sont obligés de s'acquitter du retard et bien que Rohan soit toujours dans la province, ils restent tranquilles jusqu'en 1625.</p> <p>Nouvelles agitations</p> <p>Rohan est à nouveau reconnu chef et commandant de la Ligue protestante. Mais il semble que les habitants de Sommières, de même, semble-t-il, que ceux de Nîmes, résistent aux sollicitations des députations venues de la Rochelle, Montauban et Castres qui parcourent la région. Marcillac, le gouverneur conclut une sorte de marché avec les habitants : ou bien il fait venir des troupes qu'il faudra entretenir et supporter, ou bien les habitants acceptent de monter eux-mêmes la garde. Bien que cette transaction ne plaise pas à tout le monde, elle est acceptée : on s'arme donc et une fois encore on effectue des travaux aux portes et aux murs de la ville. Rohan, le 25 juin 1625, tient une assemblée à Anduze, au cours de laquelle la prise de Sommières est décidée. Le 5 juillet , accompagné de 700 mousquetaires, il arrive davant la ville dont il s'empare grâce, une fois de plus, aux intelligences qu'il y a, mais il ne peut se rendre maître du château défendu par trente-deux hommes. Le gouverneur de Lunel averti de cette attaque, en informe Mr de Valençay commandant à Montpellier qui détache aussitôt mille hommes sous les ordres de Lavergne son aide de camp. Rohan est attaqué en ville : à dix heures du soir, il doit précipitamment s'enfuir laissant quelques deux cents morts sur le terrain. Comme l'on craint une nouvelle attaque de Rohan, les troupes de Valençay restent en ville et il faut bien les loger, les nourrir et les payer. Si Rohan a pu si facilement pénétrer dans Sommières, c'est qu'il y a des partisans ; ces derniers, craignant des représailles s'enfuient à Nîmes. Certains sont pris. Marsillac décide de punir pour l'exemple : Jean de la Rivoire et Pierre Constant sont rapidement jugés et condamnés à perdre la vie sur une roue pour cause de "rebellion, de trahison et de lèse-majesté". Leur exécution a lieu au pied du mur de la Vignasse, devant l'entrée du château place des Canons. Leurs maisons sont abattues. Le pasteur Chaume, réussit lui, à rejoindre Nîmes ; il est condamné par contumace et ses biens sont confisqués au profit du roi. Cette sévrité intimide quand même les plus agités ; de plus Marsillac est reconnu comme un gouverneur de grande qualité et, à son départ, il sera regretté par toute la population. Une certaine agitation se produit dans la région, surtout l'année 1628 au cours de laquelle Rohan tente quelques coups de mains. Je citerai l'exemple de Gallargues où il installe une garnison d'environ 700 hommes. Montmorency (fils) fait assiéger la place par 4 000 hommes : elle se rend "à discrétion". Les blessés de Montmorency sont envoyés à Sommières pour se faire soigner aux frais de la ville ; une partie des troupes y est aussi logée uniquement chez les habitants de religion réformée. Mais la cour irritée de tous ces soulèvements décide d'en finir. La Rochelle tombe le 28 octobre. Louis XIII et le cardinal de Richelieu (il loge au château de Marsillargues) viennent dans la région bien décidés à la mettre définitivement au pas ; Nîmes, la dernière ville qui résiste, ouvre ses portes au roi le 14 juillet 1629. C'est là qu'est signé l'Edit de grâce ou Paix de Nîmes. Les Sommiérois envoient deux députations : la première auprès du roi à Beaucaire, la deuxième à Marsillargues auprès de Richelieu.</p> <p>En fait, les guerres de Rohan se terminent, sur le plan national, par un grave échec pour les protestants mais, sur le plan local, la Réforme garde une grande force spirituelle, sociale, économique et même politique. Nîmes reste le centre le plus vivant du protestantisme français : la vue d'un protestantisme affaibli face au catholicisme triomphant est peut-être valable pour Paris, mais fausse pour notre région.</p> <p>La peste</p> <p>Dès le mois d'avril 1628 les consuls de Sommières ont été informés de cette maladie dans diverses localités. Au mois de novembre de la même année elle se rapproche. On charge les médecins et chirurgiens de la ville de faire l'inspection des cadavres avant de les ensevelir. (délib. du CM du 30/11/1628). Au mois d'août 1629, plus de doute, la maladie apportée en ville par des étrangers de passage ou des soldats, y sévit terriblement. Un règlement sanitaire est publié : les portes sont fermées pour les étrangers ; mais les sommiérois peuvent sortir vers les villages voisins (où d'ailleurs ils apportent la maladie). Les médecins et le bureau de santé s'enfuient. La ville devient presque déserte. Seuls y restent les consuls et quelques malheureux qui ne savent où aller. Les vivres manquent ; par bonheur un chargement de blé appartenant au baron d'Anduze passe sur la route ; on s'en empare. Lorsque l'épidémie sera terminée le blé lui sera payé. Voici des extraits d'une chronique à propos de l'époque : "... le mal était si violent que ceux qui en étaient attaqués étaient morts en 24 heures ; de façon que lorsque ceux qui s'étaient retirés à la campagne revinrent à la ville, ils trouvèrent que l'herbe avait poussé dans nos rues comme dans un pré. Tous ceux qui n'avaient pas abandonné la ville y périrent. On ne prenait pas la peine de descendre les morts dans les rues, on les jetait par les fenêtres, et les tombereaux conduits par d'impitoyables corbeaux, étaient là pour les recevoir. Ceux qui étaient commis pour enlever les corps ... pillaient les maisons et commettaient des maux horribles. Ce désordre fit retirer le bureau de santé : les uns allèrent à Aspères, les autres à Carnas et la ville fut ainsi abandonnée au trouble et à la désolation." La peste cesse, on purifie les maisons, les fugitifs rentrent (certains après un an) et au mois de novembre 1630 "on s'occupa de l'élection des consuls qui eut lieu en la forme accoutumée, c'est à dire par le sort des pommeaux de cire". Les Cordeliers reviennent dans leur couvent qu'ils avaient abandonné depuis soixante-dix ans (leur chapelle est le temple actuel). Evidemment ils vont trouver les bâtiments dans un état déplorable et tous leurs biens dispersés. C'est à cette époque que les Récollets fondent un couvent place du Bourguet. Cette renaissance du catholicisme dans notre ville est peut-être due à la mission que prêche vers la fin de l'année 1631 Jean François REGIS, mission qui obtient un très grand succès. Toutefois avant de quitter Sommières pour les villages voisins, il fonde la confrérie du St Sacrement , mais qui ne fonctionnera pas à cause du peu d'adhérents. En novembre 1631 le premier consul est nommé : il s'agit du sieur de Montgremier (quai Griolet) à qui succèderont des personnages appartenant à des familles fort connues, telles celles des d'Albenas ( entrée de la Taillade ), des Massillan (rue du Pont), des Villevieille (au Bourguet), des Moissac (grand Rue), des Ganges (Taillade). Les sommiérois, pendant toutes ces années de guerre, ont pris l'habitude de se promener armés d'épées ou de pistolets. Ces armes devenues inutiles offrent des dangers et sans doute des incidents graves se sont-ils produits puisque le 9 mars 1632 le conseil communal prend la décision de les interdire ; et comme il se heurte à des réticences, le gouverneur du château prête main forte pour l'exécution de cette mesure.</p> <p>Contre Réforme et résistance huguenote</p> <p>Au lendemain des guerres de "Monsieur de Rohan", après le passage de l'armée royale, la disette, la peste, une période plus calme s'annonce dans notre région. Suite à la révolte de Montmorency (Henri II duc de Montmorency, 1595 - Toulouse1632. Amiral 1612, gouverneur du Languedoc 1613, maréchal de France 1630. Il suit Gaston d'Orléans contre Richelieu. Pris à Castelnaudary en 1632 il est condamné par le Parlement de Toulouse et décapité), une personnalité dynamique et combative est placée à la tête du diocèse de Nîmes : Anthime Denis Cohon.</p> <p>Claude de St Bonnet de Thoiras, (1624-1634) successeur de Pierre de Valernod, est comme son prédécesseur, un protégé de la famille des Montmorency. C'est ce qui l'amène sans doute à se lancer dans la révolte armée conduite en 1632 par Henri de Monmorency, gouverneur du Languedoc. St Bonnet s'efforce en vain d'engager Nîmes et la région dans le mouvement. Au contraire, le Consistoire manifeste un total loyalisme à la monarchie, multipliant les démarches auprès des consuls pour qu'ils restent fidèles au roi. Après l'échec de la révolte, tandis que le roi remercie les protestants nîmois de leur attitude, il contraint l'évêque à démissionner. C'est avec son successeur, Anthime Denis Cohon que la Contre-réforme et la Réforme catholique peuvent prendre leur essor. Le nouvel évêque qui va diriger le diocèse de 1634 à 1644 et de 1655 à 1670 est une personnalité très controversée de son vivant et après sa mort. "Ce roturier angevin est tantôt considéré comme un prélat modèle, tantôt comme un aventurier sans scrupules. Il est à la fois politique et mystique, arriviste et réformateur. Il bénéficie surtout de l'avantage d'avoir été distingué par Richelieu. C'est un agent dévoué et efficace du pouvoir royal." En dix ans (1636-1646) il fait reconstruire la cathédrale grâce à une imposition de 80 000 livres, édifier derrière le choeur une chapelle dédiée à la vierge et ornée de statues de Charlemagne, Louis IX, Henri IV et Louis XIII. C'est en ce lieu qu'il place son tombeau. Cohon fait preuve d'une ferme volonté d'assurer aux catholiques les avantages légaux obtenus après la défaite de Rohan essentiellement dans deux secteurs : l'administration de la ville et l'éducation. (premier consul toujours catholique, évêque membre de droit, moitié de places de professeurs aux Jésuites, fondation d'un monastère d'Ursulines). Bien évidemment les protestants ne vont pas rester sans réplique. La communauté réformée enregistre des conversions de catholiques ; plus riche que la communauté catholique, elle fait pression sur la main d'oeuvre qu'elle emploie. De plus l'académie protestante de Nîmes brille d'un vif éclat grâce à un professeur remarquable, David de Rodon. Les protestants vont réussir à se débarrasser de leur adversaire, en dénonçant au gouvernement de la Régence le comportement moral de l'évêque, infidèle aux devoirs du célibat ecclésiastique. Cohon permute son évêché avec celui de Dol. La contre-offfensive protestante est particulièrement efficace sur le plan scolaire. Une grave crise qui trouve son écho à Sommières, éclate à Nîmes en 1650. Un jeune orphelin protestant, élève du collège, se convertit sous l'influence de ses maîtres Jésuites. Le jeune Coutelle se réfugie auprès de l'évêque Hector Ouvrier. Cette conversion et cette retraite d'un enfant de moins de douze ans est en contradiction avec l'esprit de l'article XVIII de l'Edit de Nantes qui interdit d'enlever les enfants pour les faire changer de religion. L'incident suscite des réclamations de la famille de Coutelle et une révolte populaire. Sous la conduite du pasteur Baudan, cinq cents personnes armées envahissent l'évêché et enlèvent Coutelle. L'évêque et son chapitre sont obligés de se réfugier neuf mois à Beaucaire. Un compromis intervient : les protestants rendent Coutelle et une amnistie couvre les auteurs de la sédition. En outre les Jésuites sont obligés d'accepter le dédoublement du collège dont la partie protestante est soustraite à l'autorité du principal. Après la mort d'Ouvrier, Cohon revient ; le 30 décembre 1637 éclate une véritable émeute sanglante à cause de l'accès au consulat de catholiques combatifs. Cohon est obligé d'amnistier les émeutiers. La puissance financière, la résolution militaire, l'action diplomatique des réformés, leur ont permis d'obtenir d'incontestables succès. Craignant un siège, des Cévennes, ils font venir des renforts ; mais le début du gouvernement personnel de Louis XIV va changer la situation religieuse et politique. Le 22 octobre 1657, les sommiérois décident de remplacer la cloche de l'horloge qui est fendue, par une cloche plus importante. Nogaret, l'ouvrier chargé de l'opération, s'y prend mal : les cordes rompent lorsque la cloche est en l'air. En tombant elle fait un enfoncement important au pont, ne se brise pas mais... se fend. C'est la cloche qui est toujours en service à la cime du beffroi.</p> <p>Les années difficile du protestantisme régional (1661-1750)</p> <p>La politique de Louis XIV est bien connue : son intolérance systématique réjouit les éléments les plus durs de la communauté catholique de Nîmes. Le notaire Etienne Borelly écrit dans son journal à la nouvelle de la révocation de l'Edit de Nantes (18 octobre 1685) : "Quoique l'on dise, il y a du miracle et ouvrage de Dieu." Le milieu cathoique Nîmois qui a été marqué par l'esprit de la Réforme catholique, s'avère aussi incapable d'absorber les protestants transformés en "nouveaux catholiques" qu'il a été naguère inapte à les convertir. La communauté calviniste ne sera pas plus sensible aux séductions d'une église catholique enfin réformée qu'à la répression gouvernementale. Cohon achève en 1670 sa carrière de champion fougueux du catholicisme. Son successeur, Jacques Séguier (1671-1687) qui est un administrateur zélé, visite soigneusement son diocèse ; mais, sexagénaire à son avènement, il est un évêque terne, ombrageux, mal vu des chanoines et des catholiques nîmois. Son sucesseur, Esprit Fléchier, occupe le siège de St Félix de 1687 à 1710. En 1614 la partie montagneuse de l'évêché de Nîmes constitue l'évêché d'Alais (Aspères en fait partie). Fléchier est un des plus célèbres prélats du grand siècle. Bel esprit, orateur à succès, historien, protecteur de l'Académie locale, fermé à la mystique, il mène une pastorale humaniste et moralisante peu apte à séduire les réformés. Il ne faut pas lui prêter une tolérance qui n'était guère de son temps. Il écrit en 1698 : "La droiture, la charité et l'utilité de la fin (le salut des catholiques récalcitrants ) justifient la petite sévérité des moyens (les punitions que Fléchier préconise pour les contraindre à aller à la messe)." Seront évêques après lui : Hector Ouvrier, Jean César Rousseau de la Parissière et Charles Prudent de Becdelièvre.</p> <p>Le Concile de Trente avait chargé les évêques de réformer le clergé de leur diocèse. C'est une oeuvre de longue haleine dont les résultats ne se maniesteront que dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Le séminaire de Nîmes est créé en 1667 ; à la fin de son second épiscopat Cohon établit un second couvent d'Ursulines, suivi d'hospitalières de Saint Joseph et de Visitandines. A la fin du siècle apparaissent les soeurs de St Maur et les religieuses du Refuge chargées d'enfermer les filles publiques. (maison des Chassaintes du nom de son bienfaiteur le chanoine Chassaint). En 1754, Becdelièvre fait venir à Nîmes les frères des Ecoles Chrétiennes qui fondent plusieurs classes "de lecture et d'écriture". Toutes ces institutions ont une grande influence sur les catholiques nîmois dont le nombre a augmenté : au début du gouvernement personnel de Louis XIV on compte 8000 catholiques pour 12000 protestants. La population catholique s'est accrue grâce notamment à l'immigration d'artisans provençaux ou comtadins. Le petit peuple manifeste une adhésion enthousiaste aux dévotions les plus détestées par les religionnaires. De plus les décisions royales se succèdent après 1661 ; les plus durement ressenties sont la suppression de l'Académie, pépinière de pasteurs, et le rétablissement de la mainmise des Jésuites sur le collège (1664), l'union de l'hôpital religionnaire à celui des papistes (1667), l'exclusion des protestants du consulat (1679). Ces mesures répressives ne sont pas plus efficaces que les tentatives de séduction. Seuls "les missionnaires bottés" obtiendront la conversion apparente des protestants. Le notaire fanatique Borrely affirme : "il n'y a pas de mission qui en amènent autant que les dragons". De même le très catholique seigneur de Cabrières, Claude de Rovérié, ridiculisant un chanoine écrit peu après l'abjuration générale des religionnaires nîmois : "le moindre soldat du régiment de la Fère ou de Provence a eu plus de part que lui." La résistance protestante se manifeste par l'abstention de la pratique ; à peine 7% des nouveaux convertis font leurs Pâques en 1694. Après six ans d'exil en Suisse, Claude Brousson revient et devient le principal animateur d'une résistance encore assez pacifique. Il est arrêté en 1698 et son martyr sur l'Esplanade de Montpellier a un immense retentissement dans la région. La résistance protestante donnera lieu au prophétisme et à l'insurrection camisarde, mouvement essentiellement populaire et rural dont les succès auront un grand écho à Nîmes. Massacres d'assemblées surprises, déportation aux galères, emprisonnements à la tour de Constance ou à celle de Sommières, ruine économique des Cévennes ne feront pas se démentir la ferveur calviniste. En 1704, lorsque Jean Cavalier viendra s'entretenir à Nîmes avec le maréchal de Villars, il sera "par toute la ville suivi de la populace comme s'il eut été un des plus grands seigneurs". Nommé colonel, il terminera sa carrière comme gouverneur de Guernesey. Le vieux roi se meurt ; août 1715 se réunit près de Nîmes le premier synode du désert animé par Antoine Court. Paul Rabaut, devenu à partir de 1741 le principal ministre du pays nîmois évoque l'allégresse et la ferveur des foules de tous âges, suivies de charrettes d'impotents qui se rendent le dimanche matin aux assemblées tenues au lieu -dit "la font de Langlade". La puissance économique des protestants a survécu à la révocation de l'Edit de Nantes ; l'activité économique a été moins affectée par les conséquences de la suppression du protestantisme qu'on ne le croyait naguère. Elle reste dominée par les marchands religionnaires devenus NC (théoriquement). La bourgeoisie réformée nîmoise ne s'associera pas à la révolte des camisards et sa force financière contribuera à la persistance et au renouveau du protestantisme au XVIIIe siècle.</p> <p>BIBLIOGRAPHIE</p> <p>BOISSON E. - De la ville de Sommières - Hamelin 1849. MICHELET J. - Histoire de France - T.9, Flammarion, 1856. LE ROY LADURIE E. - Histoire de France - L'Ancien Régime - Hachette, 1991. RENAUDET A. - Humanisme et Renaissance - Genève, 1958. STAUFFER R. - La Réforme - PUF, 1970. LEBRUN F. - L'Europe et le Monde - 16. 17. 18. ème siècle - Colin, 1995. DELUMEAU J. - Naissance et affirmation de la Réforme - PUF, 1991. VIC et VAISSETTE - Histoire du Languedoc - Toulouse, 1844. BORDESSOULES - Hérault de la préhistoire à nos jours - 1993. MIQUEL P. - Les Guerres de Religion - Fayard, 1980. BOSC H. - La Guerre des Cévennes - T1, Presses du Languedoc, 1985. GARRISSON J. - Protestants du Midi - 1559-1598 - Privat, 1980. MISON M. - Le théâtre sacré des Cévennes - Presses du Languedoc, 1971. LEONARD E.G. - Histoire générale du Protestantisme - vol. 1, Paris, 1981. BLUCHE F. - Louis XIV - Fayard, 1986. COTTRET B. - L'Edit de Nantes - Perrin, 1997.</p> <p>Histoire de la France moderne - T. 1, 2, 3, Seuil, 1993. Histoire de Nîmes - Edisud, 1982. Histoire du Fanatisme - M. de Brueys de Montpellier, 1713. Histoire de France - T. 7, 8, 9, Culture Art Loisirs, 1970. Galères de France et les galériens protestants des 17 et 18 ème siècles.</p> <p>DOCUMENTS</p> <p>Archives communales de la ville de Sommières : Registres des délibérations du C.M. (série BB). Affaires religieuses (série GG).</p></div> LES DEBUTS DE LA POSTE AU MOYEN AGE /SSH/spip.php?article119 /SSH/spip.php?article119 2008-12-13T16:25:54Z text/html fr <p>Au début du moyen âge, le pouvoir royal en se stabilisant, eut besoin pour être en contact avec ses vassaux et ses sujets de créer une organisation chargée d'acheminer des ordres et des règlements sous forme de lettres (closes ou patentes). Au départ le Roi utilise des gentilshommes de sa cour pour des missions importantes et urgentes, ces derniers sont d'ailleurs plus des ambassadeurs que de simples messagers ; investis de la confiance du souverain, ils peuvent parler en son (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> <div class='rss_texte'><p>Au début du moyen âge, le pouvoir royal en se stabilisant, eut besoin pour être en contact avec ses vassaux et ses sujets de créer une organisation chargée d'acheminer des ordres et des règlements sous forme de lettres (closes ou patentes).</p> <p>Au départ le Roi utilise des gentilshommes de sa cour pour des missions importantes et urgentes, ces derniers sont d'ailleurs plus des ambassadeurs que de simples messagers ; investis de la confiance du souverain, ils peuvent parler en son nom. Mais avec l'accroissement de cette correspondance, on assiste à la création d'un corps spécialisé : les messagers (du latin : envoyé). Ce fût d'abord les messagers <i> "à pié" </i>, puis à cheval ou chevaucheurs, titres officialisés par ordonnance de Philippe V en 1318 .</p> <p>Leur origine remonte à celle de la Royauté. Dans un texte de 1101, une donation par Philippe I à un monastère de Paris, on trouve un sieur Baldinius, qualifié de veredarius (messager).</p> <p>Des manuscrits de l'époque nous les représentent, vêtus d'un justaucorps rouge, jambes dégagées, les armoiries royales cousues sur le vêtement et l'épée au côté.</p> <p>Ils transportaient les lettres dans des boites décorées et armoriées, en cuir puis en métal (mentionné en 1306 dans les comptes de Mahaut d'Artois). En plus de ces attributs, ils portaient sur eux, l'acte attestant leur fonction et leur mission et un document qui leur assurait le <i> "libre passage" </i> sur le territoire royal.</p> <p>Suivant l'éloignement et l'urgence de leur mission ils pouvaient réquisitionner les chevaux des particuliers. Mais à la suite de nombreux abus, le pouvoir royal sera obligé de réglementer ce droit.</p> <p>Ordonnance de Louis IX 15/2/1345 <i> "Défends le droit de prise, sauf Princes de Sang et chevaucheurs" </i>. Devant cette lourde charge certaines villes obtiennent l'exemption de ce droit (Paris 1342). Certaines corporations, comme les arbalétriers de Paris (1359), les marchands se rendant aux foires de Champagne et de St Denis et les ecclésiastiques en bénéficient aussi.</p> <p>Les textes nous prouvent l'existence du corps des chevaucheurs du Roi. Nous allons examiner le fonctionnement de cette organisation.</p> <p>Ils appartenaient à l'hôtel du Roi, composé de 6 offices. Les chevaucheurs dépendaient de l'un d'eux : l'écurie du Roi, sous les ordres du Grand Ecuyer. Les Messagers à pied semblent avoir été rattachés à la chambre au denier (comptabilité), autre office de l'hôtel du Roi. Leur nombre fût variable, lié à l'état des finances et à l'activité du souverain.</p> <p>En 1231, Louis IX dispose de 16 chevaucheurs pour une dépense de 8 livres. 1290, Philippe le Bel n'en utilise que 4, mais les dote de 2 chevaux. 1350 Philippe de Valois, 13 messagers et 6 chevaucheurs. Sous Charles VI en 1386 on atteindra 50 pour revenir à 18.</p> <p>Ils recevaient un salaire ou des gages ; seules les journées de course étaient comptées.</p> <p>En 1225 un Messagié aura 3 deniers de gages, une provende (nourriture pour la monture) et 10 sols pour une robe (employé dans le sens de vêtements, qui devaient être fournis).</p> <p>En 1303 le Sieur Francescus touchera 164 jours de gages.</p> <p>En plus du salaire et des avantages en nature, ils reçoivent des dons et des cadeaux de leurs destinataires, surtout en cas de bonnes nouvelles. Ils seront, mais plus tard, exonérés de certaines taxes.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> 26/01/1480 : Lettres apportées de Paris au sénéchal de Beaucaire, par un chevaucheur de l'écurie du Roi. Le détail est intéressant : lettres du Roi Louis XI, lettres du Général des finances, lettres du Procureur Général. Il reçut 10 écus d'or de gratification des consuls de Beaucaire.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ordonnance prise à Vincennes 15/01/1346, fixant à 6 sols tournois par jour, le prix revenant aux messagers.</p> <p>On peut penser qu'ils ajoutaient à ces avantages le transport payant de correspondance pour le public.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Reçu de la ville de Noyon 20/08/1410, à un chevaucheur du Roi pour deux lettres venant de Paris, envoyées par l'Université.</p> <p>Au début du XVe siècle, on pense que certains furent placés auprès d'officiers supérieurs de Province. En 1432 : auprès du Sénéchal de Beaucaire, G. Harmengaut. En 1461 : auprès du Gouverneur de Montpellier, A. Matois.</p> <p>Pour illustrer le rôle des chevaucheurs, voici un document concernant notre région, extrait des Archives du Gard.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> 25/11/1359 : <i> "Le messager, Jean de Soissons, attaché au comte d'Anjou fils du Roi Jean, est arrivé à Villefort, diocèse d'Uzès, par la voie Régordane,venant de Paris et se rendant à Montpellier, porteur de lettres closes pour cette ville et pour Avignon. Malade et cloué au lit, après avoir présenté la lettre patente avec le grand Sceau rouge du Comte attestant sa qualité de Messager ; il se fit rédiger une lettre testimoniale, scellée du Sceau du Baile de Villefort, afin qu'elle lui serve d'excuse auprès de ses maîtres et justifie son retard" </i>. On peut retenir de ce document :</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Le chemin suivi = La Voie Régordane, voie commerciale depuis l'Antiquité.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> La présentation d'un acte attestant sa fonction.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Le port d'un écu d'argent, insigne qui est, peut-être, celui des chevaucheurs.</p> <p><img src="/SSH/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Enfin, le souci pour le messager d'officialiser son retard, gage du sérieux de sa mission.</p> <p>Pour exécuter leur mission de messager, ils devaient emprunter un réseau, vestiges de voies romaines, réseau assez dense et mal entretenu.</p> <p>Si les chemins sont soumis au péage (ponts, gués...), leur utilisation commerciale reste libre et non réglementée par le pouvoir royal. Par contre, messagers et chevaucheurs doivent affronter des situations variées et délicates.</p> <p>Gués impraticables, en cas de crue ; il n'existait aucun pont sur le Rhône entre Lyon et Arles avant 1303, date de la construction du pont de Saint-Esprit. Petits seigneurs et routiers, à l'affût d'un mauvais coup. Epidémies (la peste en particulier).</p> <p>Malgré ces difficultés, le transport s'effectuait avec une relative rapidité, pour l'époque (on parle de 30 km/jour et même plus).</p> <p>Les messagers étaient armés et porteurs des armoiries de leurs maîtres, ce qui devait les assurer d'une certaine considération et la crainte de représailles en cas d'agression.</p> <p>Les chevaucheurs du Roi seront les précurseurs des Maîtres de poste et de la poste aux chevaux, lorsqu'ils deviendront <i> "chevaucheurs, tenant postes Assises" </i>, c'est-à-dire sédentaires et installés le long de routes postales (dans le sens route Montée en Poste).</p> <p>Le service du Roi deviendra le courrier de Cabinet. Ces routes apparaîtront sous Louis XII, constituant l'ossature du Système postal de l'Ancien Régime.</p> <p>A côté de cette organisation officielle vont apparaître des services de transmission de lettres et paquets, toujours liés à la liberté de la route, dont le plus simple sera le messager de métier, qui, après signature d'un contrat, se charge de livrer divers objets. A Paris, le rôle de la taille fait état de 13 messagers de métiers.</p> <p>Chaque organisation mériterait une étude approfondie. Elles ne sont évoquées ici, que succintement.</p> <p>Avec leur émancipation nouvellement acquise, les villes un peu importantes créent des messagers de ville ou des consuls, au début aux fonctions multiples (crieurs publics, huissiers...) puis spécialisés dans la transmission de correspondance. On trouve en 1384, G. Vidal messager juré (qui prête serment) des Capitouls de Toulouse.</p> <p>On devrait pouvoir en retrouver l'existence dans les Archives de Sommières.</p> <p>Des organismes publics possèdent leurs propres chevaucheurs ; ce sont les messagers des corps constitués : trésorier de France, Cour des Aydes, Chambre des Comptes qui en entretiennent 18.</p> <p>La Poste des religieux est très ancienne ; par exemple les abbayes de Valmagne, Fontfroide dépendaient de l'ordre de Cîteaux dont la maison mère était en relation avec toute l'Europe.</p> <p>Le Pape Jean XXII, intronisé à Avignon en 1316, envoie 50 chevaucheurs pour son élection. L'Italie gardera des contacts étroits avec cette ville : ébauche d'une poste internationale.</p> <p>Il existe un curieux document de 1139, Guide pour pélerins se rendant à St Jacques de Compostelle avec étapes, routes et reliques à vénérer...</p> <p>Enfin, les Messsageries de l'Université de Paris, créées sous Philippe-Auguste, méritent une attention particulière, tant fut leur importance au Moyen-Age et au-delà. Au départ, servant de relais entre l'étudiant et son diocèse (ou son Pays), elle vont devenir une véritable entreprise qui fut à l'origine des Messageries. En effet, au transport des lettres, elles joignirent celui des voyageurs, des marchandises et des sacs de procédures (et même des prisonniers).</p> <p>Il reste beaucoup de zones d'ombre dans l'étude de cette organisation, certaines sont à découvrir, comme la poste des Corporations. Les diverses archives n'ont pas dévoilé tous leurs secrets. De plus, les ouvrages sur cette spécialité sont peu nombreux et englobés dans des études générales.</p> <p>Mais cette activité du transport des correspondances par sa variété, son intensité, et malgré le fait qu'une grande partie de la population ne maniait pas l'écriture, démontre que le Moyen-Age, n'était pas la période figée que l'on a souvent voulu nous montrer.</p> <p><strong>SOURCES</strong></p> <p>VAILLE E. - <i> Histoire des Postes </i> - (8 volumes) P.U.F.</p> <p>MENARD - <i> Histoire de Nîmes </i>- Tome IV.</p> <p>BOISSON E. - <i> Histoire de Sommières </i>.</p> <p>RENARD E. - <i> La poste en Languedoc </i> - Annales du Midi.</p></div> LA SAUSSINETTE OU L'HISTOIRE D'UNE BIENFAITRICE /SSH/spip.php?article118 /SSH/spip.php?article118 2008-12-13T16:24:14Z text/html fr <p>Quand le présent exauce le passé Le 18 Octobre 1997, la Communauté de Communes du Pays de Sommières inaugurait la crèche familiale "l'Enfantine" sur la rive droite de Vidourle, dans la propriété restée connue sous le nom de "Saussinette" 1. La crèche de la Saussinette est une crèche intercommunale accueillant les enfants des communes du Pays de Sommières : Aspères, Congénies, Junas, Lecques, Montmirat, Montpezat, Aujargues et bien entendu Sommières. En effet, pour un franc (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> <div class='rss_texte'><p><strong>Quand le présent exauce le passé</strong></p> <p>Le 18 Octobre 1997, la Communauté de Communes du Pays de Sommières inaugurait la crèche familiale <i> "l'Enfantine" </i>sur la rive droite de Vidourle, dans la propriété restée connue sous le nom de <i> "Saussinette" </i>1. La crèche de la Saussinette est une crèche intercommunale accueillant les enfants des communes du Pays de Sommières : Aspères, Congénies, Junas, Lecques, Montmirat, Montpezat, Aujargues et bien entendu Sommières. En effet, pour un franc symbolique, la municipalité sommiéroise vendait en septembre 1996, le terrain de la Saussinette à la Communauté de communes2.</p> <p>A flanc de colline, dans un cadre de verdure et de calme, la toute nouvelle crèche au toit futuriste partage le site avec le centre de loisirs. Il suffit de suivre le petit panneau <i> "La Saussinette" </i> en direction du collège pour découvrir un lieu ignoré, protégé du brouhaha de la ville et parfumé aux effluves de cyprès. Pas à pas, la propriété livre ses secrets : un petit chemin conduit au tombeau imposant, lessivé par le temps de l'ancienne propriétaire : Amélie-Félicité Saussine, honorable bienfaitrice de la ville au XIXe siècle. Décédée à Paris en 1884 à l'âge de 44 ans, elle repose actuellement dans sa propriété de Sommières, face à son ancienne maison, aujourd'hui réservée aux jeux des enfants du centre aéré3. Voilà plus de cent ans, Madame de Chambure, née Saussine, léguait à la ville sa propriété et une fortune considérable, à charge d'établir <i> "une oeuvre de charité dirigée par des laïques catholiques." </i>4</p> <p><i> "La Saussinette", "Saussines", "place Saussine", </i> voilà trois mots que connaissent bien les Sommiérois et qui nous renvoient à la généreuse donatrice.</p> <p>Tout d'abord, remarquons que le village de Saussines, à l'ouest de Sommières, n'a aucun quelconque rapport avec la famille Saussine dont Amélie-Félicité fut la dernière descendante. A ce propos on notera le <i> "s" </i> à la fin du toponyme qui est absent du nom de famille.</p> <p>Le nom de <i> "Saussine" </i> renvoie aussi les Sommiérois à la place Saussine, derrière l'église Saint-Pons, dans le coeur de la vieille ville. Après avoir été baptisée place du Grenier à Sel puis place du Temple, elle devient place Saussine rendant ainsi hommage à la grande famille d'entrepreneurs qui ont effectué dès le XVIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle de grands travaux dans Sommières.</p> <p><strong>1. LA FAMILLE SAUSSINE A SOMMIERES</strong></p> <p><strong>Qui était Amélie-Félicité Saussine ?</strong></p> <p>Ivan Gaussen (1896-1978) dans <i> "Sommières, promenade à travers son passé" </i> consacre un chapitre aux personnalités sommiéroises sans oublier Amélie-Félicité Saussine. Elle appartenait à la famille des entrepreneurs Saussine, des "massons" comme on peut lire dans les archives du XVIIIe siècle.</p> <p>Gaussen écrit : <i> "Le petit-fils de l'entrepreneur Saussine étant allé s'établir à Paris sous le Second Empire, sa fille Amélie-Félicité Saussine devient Madame de Chambure". </i> Nous en déduisons donc que le Sieur Jean Saussine fut son arrière grand-père si nous suivons les dires de Gaussen. On lit aussi que ce sont les entrepreneurs Saussine <i> "qui furent au cours du XVIII </i><i> e </i><i> siècle, chargés de la plupart des grands travaux effectués dans la commune" </i> : construction de la Maison Commune ou mairie, travaux de rénovation de l'église Saint Pons et de son clocher en 1747, sous l'impulsion de la communauté catholique ; ouverture de la Porte Narbonne en 1752 (rue Général Bruyère) et restauration du couvent des Récollets en 1772 (actuel pensionnat Maintenon).</p> <p>Amélie-Félicité est née le 8 octobre 1840 sous La Restauration1, a grandi pendant la IIe République2 et vécu sous le Second Empire3, elle s'est éteinte en 1884 sous la IIIe République4. Devenue Madame de Chambure, à la tête d'une très grosse fortune, elle laissa par testament olographe5 des sommes considérables à la commune de Sommières, au Bureau de Bienfaisance6 et à la Fabrique curiale7. C'est l'histoire de ce considérable legs qui va nous occuper plus loin après avoir effectué une brève présentation - au regard des archives communales - des membres Saussine ayant laissé leurs traces à Sommières.</p> <p>Dresser un portrait psychologique de notre bienfaitrice n'est pas ici notre propos mais essayons néanmoins de replacer cette dame dans son contexte pour mieux comprendre ce legs.</p> <p>Amélie-Félicité Saussine est une femme du Second Empire, elle est issue d'un milieu aisé et a épousé Monsieur Pelletier de Chambure, lui aussi très fortuné. Elle appartient certes à ce grand demi-siècle des bouleversements (1850-1880), actrice d'une seconde et troisième révolution industrielle, mais elle n'a pas eu le temps de vivre dans le contexte des débats sociaux de la IIIe République.</p> <p>Il faut entrevoir dans son geste celui d'une bienfaitrice de son temps, une femme résolument catholique, soucieuse de son prochain, respectueuse de l'institution cléricale. Amélie-Félicité de Chambure fut bien loin, semble-t-il, de la pensée anticléricale qui animait les débats politiques des années 1870-1880.</p> <p><strong>Les Saussine à Sommières : essai de filiation.</strong></p> <p>Revenons à ses ancêtres et essayons de trouver des preuves de filiation grâce aux documents administratifs de l'époque.</p> <p>Le nom de Saussine est mentionné dès 1599 dans le registre paroissial catholique1.</p> <p>Au regard du registre GG N°16 -Baptêmes, Mariages- nous retrouvons, dans l'ordre chronologique, la mention du baptême de <i> "Pierre Saussine, fils de Jean Saussine maître maçon et Suzanne </i> <i> Alcais" </i> avec pour <i> "parrain Pierre Saussine de Caveirac et Elisabeth Alcais, oncle et tante" </i> le 11 novembre 1725.</p> <p>De même, en février 1732, nous lisons le <i> "mariage de Jean Saussine, âgé de 36 ans, masson,fils de Jean Saussine et Anne Paul Armand, 37 ans, fille de Jean Armand tondeur de draps et Françoise Rousset". </i> Nous pouvons penser que ce dernier Jean Saussine est le frère de Pierre, cité plus haut.</p> <p>De même, dans ce registre, on mentionne le 8 décembre 1733, le <i> "baptême de Jean Saussine fils légitime de Pierre Saussine et Louise Delon" </i>.</p> <p>Mais l'intérêt est de savoir si Jean Saussine né en décembre 1733 a réalisé les travaux cités par Gaussen sachant qu'il était l'arrière grand-père de notre bienfaitrice.</p> <p>A la naissance de Amélie-Félicité, le Sieur Jean Saussine aurait été âgé de 107 ans. Cependant, si nous considérons qu'il a effectué les travaux de rénovation de l'église Saint-Pons en 1747, nous voyons par un simple calcul qu'il n'était âgé que de 14 ans à ce moment là. Jean Saussine, marié en 1732 à l'âge de 36 ans et lui aussi <i> "masson" </i> était âgé de 51 ans lors des travaux de rénovation à l'église. Or, nous pouvons supposer que le Jean Saussine, marié à 36 ans en 1732, a eu, lui aussi, des enfants capables d'effectuer des travaux dans les années 1760. Les travaux entrepris au XVIIIe siècle à Sommières ont aussi pu être réalisés par plusieurs membres de la famille Saussine.</p> <p>De même, dans le registre DD 26, en 1765 on lit : <i> "un devis pour le renouvellement de la plantation des arbres de la promenade le long du Vidourle, avec adjudication des travaux en faveur de Jean Saussine au prix de 90 F chacune, longueur de 210 toises, les 30, je dis trente, arbres plantés furent des aubes envoyés de la commune de Vallabrègues, qui coûtèrent ensemble 18 F sur place". </i></p> <p>Nous sommes obligés de conclure par le calcul2 que plusieurs membres de la famille Saussine ont été sollicités pour ces divers travaux dans Sommières. Armand Lombard Dumas nous le confirme dans son histoire locale3 en parlant d'un nouvel agrandissement de l'hospice en 1741 ; il écrit <i> "c'est Pierre Saussine, maçon, qui, sous la caution de son frère Jean Saussine, se charge des travaux moyennant 1,100 livres" </i>. Plus loin, il s'agit encore des <i> "frères Saussine" </i> ayant entrepris des travaux de maçonnerie à l'hospice en 1783.</p> <p>Outre les difficultés de filiation dues au fait que les prénoms Pierre et Jean sont très fréquents chez les Saussine, nous pouvons faire déjà plusieurs remarques concernant cette famille :</p> <p>1- Elle était installée depuis très longtemps à Sommières, dès le XVIe siècle, et dans les environs, notamment à Caveirac (village près de Nîmes, dans la plaine de La Vaunage). Nous savons aujourdíhui que les entrepreneurs Saussine avaient une maison sur l'ancienne Place du Temple, aujourdíhui place Saussine.</p> <p>Amélie-Félicité, elle, ne vécut pas à Sommières d'après Lombard Dumas, mais <i> "elle avait l'habitude de venir prendre ses vacances à Sommières" </i>. Sommières fut donc le berceau de la famille Saussine, et Amélie-Félicité repose sur la terre de ses aïeux. Elle avait fait édifier son caveau pour abriter les cendres de son aïeul en y réservant sa place. Madame de Chambure est morte à Paris le 9 mai 1884 mais son corps fut transporté de Paris à Sommières un an après. Il s'agit bien là d'une preuve supplémentaire d'attachement à la ville.</p> <p>2- De 1770 à 1790, au regard des archives communales, nous retrouvons de façon systématique le nom des Saussine s'agissant des travaux de maçonnerie. Les Saussine ont un sens aigu des affaires ; nous dirions aujourdíhui qu'ils étaient les plus compétitifs sur le marché de la construction. Lombard Dumas nous confirme cette remarque : <i> "C'étaient deux hommes laborieux et honnêtes, bien doués du côté de l'intelligence, hardis entrepreneurs primant tous leurs concurrents dans les adjudications" </i>1.</p> <p>3- Les Saussine sont à première vue des catholiques, nous retrouvons leurs traces dans les registres paroissiaux catholiques, dès 1599, et nous savons que les Guerres de Religion2 n'ont pas épargné Sommières. Amélie-Félicité Saussine légua un capital non seulement à la commune de Sommières mais aussi à la fabrique curiale, moyennant la célébration de deux cents messes annuelles (soit environ 4 messes par semaine) <i> "pour le repos de mon âme", </i> écrit-elle3. Son legs n'oubliait pas non plus la Mense Épiscopale4 de Nîmes comme nous le verrons et cette libéralité de bonne catholique fut la source majeure d'entrave à l'application de son testament.</p> <p>L'Evêque de Nîmes en personne célébra le service religieux lorsque la bienfaitrice fut enterrée à Sommières. Mais si nous cherchons bien du côté de ses ancêtres, nous retrouvons son bisaïeul <i> "enterré jadis, en sa qualité de huguenot, dans une olivette loin de la ville" </i>5. De même, semble-t-il, le frère d'Amélie-Félicité fut élevé dans la religion protestante. Ce mélange des confessions nous permet de comprendre le geste de cette bienfaitrice. Elle léguait à la commune une rente à charge <i> "d'établir une société de charité maternelle appelée à rendre les plus grands services aux familles les plus pauvres des deux cultes" </i>6 et elle écrit : <i> "toutes les pauvres mères, sans distinction de religion, seront appelées à en profiter" </i>. Ce voeu traduit un esprit oecuménique, soucieux de charité publique mais aussi de tolérance. Lombard Dumas nous dit d'ailleurs que la tombe de son bisaïeul huguenot <i> "devint un objet de vénération" </i>. Amélie-Félicité eut le souci de faire construire un caveau où elle pourrait reposer avec son ancêtre.</p> <p><strong>2. HISTOIRE D'UN LEGS PEU COMMUN.</strong></p> <p>Pas moins de cinq ans et neuf mois furent nécessaires à l'application du testament de Madame de Chambure née Saussine.</p> <p>La première délibération du conseil municipal7 où il est fait lecture du testament de Amélie-Félicité date du 5 janvier 1886. Après quelques vingtaines de pages de délibérations, nous nous retrouvons à la fin de cette affaire, le 8 septembre 1891, en <i> "séance extraordinaire" </i> pour le <i> "règlement définitif de la succession de Chambure Saussine". </i> Le legs de Chambure a occupé pendant ces presque six années la municipalité sommiéroise, rempli des pages entières de registre plus qu'aucun autre legs durant ce XIXe siècle. Nous retrouvons d'ailleurs plusieurs legs mineurs occupant seulement quelques lignes du fameux registre 1885 -1904.</p> <p>De même, le legs de Chambure Saussine est contemporain des changements de municipalité. Le 27 mai 1888, Monsieur Frédéric Gaussorgues est élu maire "ayant obtenu 21 voix soit la majorité absolue, sur 22 conseillers municipaux votants". Monsieur Alphonse Olivier, ancien maire cède sa place. Mais c'est avec la même véhémence, la même endurance, que les municipalités successives ont traité cette affaire. D'une plume à l'autre, il ne s'agissait à aucun moment d'abandonner le legs malgré les difficultés et les entraves occasionnées par les héritiers naturels. Le conseil municipal fut toujours d'accord avec son maire, et jamais dans cette affaire les avis se montrèrent différents sur la suite à donner.</p> <p>Et pour cause : le legs de Amélie-Félicité Saussine était considérable.</p> <p><strong>Les voeux d'une bienfaitrice soucieuse de charité publique.</strong></p> <p>Le 13 avril 1881, Amélie-Félicité Saussine rédigeait son testament à Paris. La délibération relative à l'acceptation des legs de Madame de Chambure, séance du 5 janvier 1886 parle en effet de <i> "testament olographe" </i>. Elle mourrait quelques trois ans après, le 9 mai 1884. Peut-être s'était elle sentie malade et avait-elle voulu prendre ses dispositions en conséquences.</p> <p>A première vue, si nous ne connaissons pas la <i> "petite histoire" </i> de Amélie-Félicité, nous comprenons le profond désaccord qui exista entre Monsieur Pelletier de Chambure, son mari, et la commune de Sommières tout au long de l'affaire. Sa femme léguait des sommes considérables à son détriment. Or, nous apprenons qu'en 1881, au moment de la rédaction de son testament, elle n'était pas encore mariée : Amélie-Félicité venait de perdre son fiancé, un jeune officier de marine. <i> "Ses nombreuses dispositions de bienfaisance semblent indiquer que la testatrice se croyait à jamais vouée au célibat" </i>1.</p> <p>Le 1er Avril 1884, Mlle Saussine devenue Mme de Chambure2, ajoutait un codicile à son testament mais qui ne modifiait que fort peu ses premières dispositions.</p> <p>Elle léguait :</p> <p>Premièrement, tous les immeubles situés dans le département du Gard à la commune de Sommières.</p> <p>Deuxièment, elle léguait à perpétuité à la Fabrique de l'église paroissiale de Sommières une rente annuelle de deux mille francs (2 000 F) pour l'entretien de ces immeubles à Sommières et dans les communes environnantes.</p> <p>La ville de Sommières devait avoir un droit de contrôle sur leur entretien.</p> <p>La Fabrique et la ville partageraient ce qui pourrait être épargné sur la rente ainsi que les fruits de la terre. De plus, une indication invitait la Fabrique et la commune à établir sur ces immeubles <i> "un institut de charité dirigé par des laïques catholiques" </i>.</p> <p>Troisièment, à la ville de Sommières une rente perpétuelle de mille cinq cent francs (1 500 F) à charge d'établir dans la ville une société de Charité Maternelle. Cette rente devait revenir à la ville au décès de Mlle Serre.</p> <p>Quatrièment, à la ville, des capitaux déposés à la caisse des retraites <i> "au profit de divers" </i>3 à charge de célébrer deux cents messes annuelles et d'entretenir l'hospice.</p> <p>Enfin, l'usufruit de la moitié de la qualité disponible placée en rente française à 3% ou en obligations de chemin de fer à Madame Blanche de Montaut1. Au décès de celle-ci, ladite rente reviendrait à la mense Épiscopale de Nîmes pour "la création et l'entretien d'une oeuvre d'incurables femmes", avec la clause suivante : si dans les deux ans après le décès de Mme Montaut, cette oeuvre n'avait pas été fondée, la ville de Sommières recueillerait la rente <i> "à charge de l'effectuer aux besoins de l'hospice" </i>.</p> <p><strong>La commune défend ses intérêts.</strong></p> <p>Amélie-Félicité donnait à la ville ses immeubles possédés à Sommières et dans les communes environnantes, rien ne pouvant être vendu et aliéné. La rente perpétuelle léguée à la Fabrique pour leur entretien, sous le contrôle de la commune, était plus que suffisante. L'épargne de la rente, selon les dires du conseil municipal, <i> "assurerait une recette annuelle à la Caisse Municipale" </i> 2. Les capitaux de la Caisse des retraites permettraient de donner à l'hospice de Sommières <i> "un développement considérable" </i>. Le conseil municipal affirmait alors que les deux cents messes annuelles exigées par la bienfaitrice constituaient une charge légère.</p> <p>Pour toutes ces raisons, la commune de Sommières décidait d'accepter les legs à l'unanimité, et parlait tour à tour de "bienfait" quant à la possession du legs pour la Fabrique, <i> "d'avis très favorable" </i> pour l'acceptation, et <i> "d'avantages résultant pour la commune, des libéralités de Mme de Chambure" </i>.</p> <p><strong>Le pouvoir spirituel contre le pouvoir temporel : La commune face à l'Evêque de Nîmes.</strong></p> <p>Dans la séance du 7 mai 1887, l'affaire prit une nouvelle tournure. Une copie des conventions intervenues entre l'évêque de Nîmes et les héritiers de Mme de Chambure Était soumise au conseil municipal par le Préfet du Gard. Ces conventions ne nous sont pas connues dans le détail, mais il apparaît qu'elles portaient entre autre sur la vente projetée des immeubles situés dans le département du Gard.</p> <p>Amélie-Félicité, dans son testament, léguait à la mense épiscopale de Nîmes la rente de son amie Blanche de Montaut au décès de celle-ci et, <i> "à charge de la faire servir à l'entretien d'une </i> <i> oeuvre d'incurables femmes" </i>, cette rente annuelle devant revenir à l'hospice si cette oeuvre n'était pas fondée".</p> <p>La commune s'éleva aussitôt contre ces conventions : ces divers immeubles avaient été mis aux mains de la commune et de la Fabrique par le testament de la donatrice. Ils ne pouvaient donc être vendus par l'évêque de Nîmes !</p> <p>C'est à ce moment qu'entra en jeu la jurisprudence du conseil d'Etat.</p> <p>D'un côté, la commune de Sommières avait besoin de l'aval de celui-ci pour accepter la donation3. De l'autre, la jurisprudence s'opposait à la délivrance des legs faits en faveur de la Mense épiscopale de Nîmes pour la création et l'administration d'établissements charitables. En effet, les conditions imposées par Mme de Chambure ne rentraient pas dans les attributions des menses épiscopales. La commune de Sommières, devant l'impossiblité de l'évêque de fonder l'oeuvre charitable prévue, demandait à être substituée à la mense épiscopale.</p> <p>Il s'ensuivit une annulation pure et simple des dites conventions par Monsieur le Ministre. Ainsi, la nouvelle attribution des biens refusés à l'évêque, déclaré incapable de recevoir1, devait être discutée avec les héritiers naturels et les légataires. Le conseil municipal écrivait : <i> "Nous devons donc demander à la famille de Mme de Chambure son consentement à l'exécution de toutes les dispositions fermes ou éventuelles qui intéressent la commune ou l'hospice de Sommières" </i>. Le Ministre, par sa réponse du 12 mars 1887 partageait les vues de la commune et considérait cette convention comme <i> "nulle et non avenue" </i>.</p> <p><strong>La commune contre les héritiers naturels : quand le dialogue est impossible.</strong></p> <p>Le conseil municipal décida de nommer une délégation chargée de se rendre à Paris afin de rencontrer les héritiers au sujet de la nouvelle attribution des biens.</p> <p>Les héritiers naturels de Amélie-Félicité étaient selon la délibération du 28 février 18882 : <i> "Mme Bouchez, veuve Saussine" </i>3 qui était alors la mère de la testatrice, <i> "M. Léon Saussine" </i>4 son frère et <i> "M. Emile-Pelletier de Chambure" </i>5 son mari. Frédéric Gaussorgues dira plus tard que cette délicate affaire fut réglée grâce à <i> "l'esprit de conciliation" </i> de M. Léon Saussine.</p> <p>En effet, il faut savoir qu'Amélie-Félicité n'entretenait pas de bonnes relations avec sa mère. Elle écrivait à la fin de son testament : <i> "Je ne laisse rien comme souvenir à ma bonne mère quoique son affection me soit très chère, ce que j'ai de plus </i> <i> précieux comme souvenir vient de mon bien-aimé fiancé </i>6<i> , et depuis sa mort elle a témoigné pour lui tant d'aversion que j'ai toujours senti une barrière entre ma mère et moi... Qu'elle me permette de lui dire que je l'aime beaucoup et qu'un peu de sympathie de sa part aurait suffi pour nous rendre heureux comme on peut l'être ici-bas". </i></p> <p>Quant à M. Léon Saussine, son frère, elle l'exclut de sa succession.</p> <p><i> "Seigneur, que le ressentiment soit banni de mon coeur, que l'exclusion de mon frère ne soit pas considérée comme le résultat d'un mécontentement. Je le supplie d'écarter cette pensée de son coeur". Puis elle expliquait son geste par le fait que son frère était suffisamment riche </i>7<i> , ayant assez d'aisance pour vivre en plus dans le luxe. De même, elle évoquait les enfants de son frère : "Ils me sont restés étrangers puisqu'il ne m'a jamais été permis de les aimer... Je considère la fortune comme un instrument dangereux entre les mains d'enfants dont l'éducation n'a pas élargi le coeur : elle ne servirait qu'à les resserrer dans l'égoïsme et à les rendre odieux à ceux qui souffrent". </i></p> <p>On comprend dans ces conditions que l'application du testament ne fut pas chose facile.</p> <p>La délégation envoyée par la mairie était composée d'un membre du conseil municipal en la personne de Frédéric Gaussorgues8, alors conseiller général du canton de Sommières, et de l'ordonnateur de l'hospice, Lombard Dumas.</p> <p>La municipalité exprima alors son <i> "désir de ne contrarier, dans aucun de ses effets, les volontés de Mme de Chambure" </i>. La rencontre des deux parties fut jugée préférable à un règlement par correspondance, et le conseil ne manqua pas de rappeller que les membres de la famille Saussine avaient donné <i> "tant de témoignages d'attachement" </i>.</p> <p>La mission de délégation envoyée à Paris ne put rencontrer les héritiers naturels , à la suite "du refus de Mme et M. Saussine son fils de s'aboucher directement avec nos délégués"1. Mme Elizabeth Saussine et M. Pelletier de Chambure avaient décidé de s'en remettre à la Justice pour régler la succession : l'affaire fut confiée à un liquidateur judiciaire, en la personne de Maître Languest, notaire à Paris.</p> <p><strong>Le décret tant attendu, les espoirs déçus.</strong></p> <p>Le 19 janvier 1889, un décret du Président de la République2 était lu au conseil municipal. Il autorisait l'acceptation de tous les legs faits à la commune. Aux termes du même décret, la Mense Épiscopale ne fut pas autorisée à accepter les legs qui lui avaient été faits à titre universel et particulier.</p> <p>La Fabrique de Sommières dut accepter seulement une rente irréductible de mille francs pour la célébration des deux cents messes annuelles à cinq francs l'une. Les cinq cents francs de rente qui lui revenaient furent attribués au Bureau de Bienfaisance.</p> <p>On notera dans ces tiraillements l'attitude de Frédéric Gaussorgues : il fut, semble-t-il, toujours soucieux de trouver une entente à l'amiable avec les successeurs de la bienfaitrice. En février 1888 en effet, le conseil municipal décidait qu'il devait demander l'autorisation de plaider en justice contre les héritiers naturels. En janvier 1889, suite au décret du Président de la République, Mr le Maire fut <i> "d'avis qu'une démarche respectueuse devait être faite" et que le recours à l'action judiciaire aurait lieu en cas "d'opposition ou de résistance". </i></p> <p><strong>La liquidation judiciaire, un désastre pour la commune de Sommières.</strong></p> <p>Le 8 septembre 1891, le conseil de Sommières se réunit pour la dernière fois au sujet du legs de Chambure.</p> <p>La commune accepta les décisions du liquidateur qui, selon elle, avait <i> "interprété d'une façon équitable les intentions de la testatrice" </i> et n'oublia pas de faire remarquer que cette affaire préoccupait le conseil et la population toute entière depuis plusieurs années. A ce titre, Mr Gaussorgues proclama dans une affiche publique les précieux avantages retirés par Sommières, et se fit auprès des héritiers de Mme de Chambure, l'interprète de la reconnaissance des Sommiérois envers la bienfaitrice.</p> <p>1- Sommières reçut tous les immeubles situés dans la commune de Sommières, parmi lesquels le <i> "chalet" </i> (actuelle Saussinette)3, une maison sur l'ancienne Place du Temple et diverses parcelles, le tout représentant un capital de 20 000 francs.</p> <p>Le Conseil d'Etat avait jugé que la Fabrique était dans l'incapacité légale de recevoir et administrer ces immeubles : ils revenaient donc à la commune ainsi que la rente prévue pour leur entretien. Cette même rente fut réduite et de 2 000 francs prévue initialement, on passa à 1 415 francs par an à 3%. Soit en capital une somme d'environ 33 000 francs.</p> <p>Une somme de 6 994,60 francs en espèces et 2 580 francs de rentes à 3% pour les besoins de l'Hospice au décès de Mme Montaut, usufruitière. Soit en nue propriété une somme de 70 000 francs.</p> <p>2- Le Bureau de Bienfaisance reçut 500 francs de rente à 3% et une somme de 2178,88 francs en espèces. Soit en capital arrérages1 compris 15 500 francs.</p> <p>3- La Fabrique Curiale eut 1 000 francs de rente à 3% et 4 357,77 francs en espèces. Soit en capital arrerages compris 31 000 francs.</p> <p>Lors de l'approbation du projet de liquidation de la succession, Frédéric Gaussorgues fit néanmoins remarquer dans quelles proportions considérables avait été réduite, pour des causes diverses, ladite succession. Le conseil municipal accepta ce projet, le soumit à deux notaires de la ville, Maîtres Fermaud et Chrestien2 et ne manqua pas d'exprimer sa déception.</p> <p>La succession de Mme de Chambure, suite à la liquidation judiciaire, avait été considérablement réduite : le montant de ses biens s'élevait initialement à 107 800 francs selon Lombard Dumas, déductions diverses faites, il ne s'élève plus qu'à 376 365 francs.</p> <p>De cette somme restante, il fallut encore soustraire le montant total des legs3 qui s'élevait à 414 567 francs. Or, surgit un déficit qui exigea la réduction proportionnelle des diverses rentes prévues par Mlle Saussine. D'autre part, la survivance de Mme Saussine, mère d'Amélie-Félicité, avait diminué cette succession d'un quart pour la part réservataire, et la défunte était en outre débitrice envers sa mère de sommes importantes4.</p> <p>Les legs de Amélie-Félicité Saussine étaient considérables. Il est malaisé de convertir les diverses sommes énoncées en francs actuels étant donné les nombreuses dévaluations monétaires survenues au XIXe siècle. Replaçons nous plutôt dans la vie sommiéroise des années 1880-90 : la ville dépense six cent francs (600 F) en 1890, voire mille francs (1 000 F) en 1902 pour l'entretien des bâtiments communaux5. En 1890, les dépenses totales de la commune s'élèvent à 28 971,80 francs pour l'année.</p> <p>La rente de presque 1 400 francs accordée aurait donc permis, à titre de comparaison, de couvrir toutes les dépenses engagées par la mairie pour l'entretien de Sommières pendant un an et plus. De même, une somme de 6 994,60 francs était léguée à la commune : nous savons par exemple que les frais de réparations de l'hospice suite à l'incendie de 1888 s'élevèrent à 5 835 francs6. De plus, la maison Saussine fut mise à ferme7 pour la somme de 170 francs plus tard, ce qui assurait à la ville un revenu régulier non négligeable.</p> <p>Le Bureau de Bienfaisance qui venait en aide aux pauvres de la ville vit un accroissement notable de ses ressources : elles atteignaient 380 francs en 1891 et furent tout à coup augmentées de 500 francs de rente !</p> <p><strong>Quand le présent exauce le passé, Amélie-Félicité et les enfants.</strong></p> <p>Au-delà des innombrables délibérations, des tiraillements que ces legs ont pu susciter, Sommières se souvient qu'Amélie-Félicité fut une bienfaitrice.</p> <p>Soucieuse des pauvres, atterrée par la misère des plus démunis, elle léguait une partie de ses biens à la création <i> "d'oeuvre pour les incurables femmes" </i>, les rentes concédées à diverses personnes devaient revenir au décès de celles-ci à "<i> la Société de Charité Maternelle de Paris" </i>1, à <i> "la Société protectrice de l'enfance de Paris" </i> ou encore à une oeuvre d'incurables : <i> "Les enfants y seraient reçus dès l'âge le plus tendre et pourraient y rester jusqu'à leur mort" </i>2, elle prévoyait d'instruire ces enfants <i> "car, il serait désirable que, bien qu'infirmes, ces enfants acquièrent toute l'habileté dont ils sont susceptibles, afin que la vie ne leur apparaisse pas comme un lourd fardeau dont le poids se fait plus pesamment sentir en raison de leur infirmité". </i></p> <p>Ces gestes furent dictés par le coeur, elle ne spoliait pas sa famille déjà assez riche, d'après elle. Elle avait une conception de la vie très noble : l'aisance, selon elle, devait certes contribuer au bonheur mais, en aucun cas, permettre d'assouvir des désirs de luxe. Elle n'hésita jamais, semble-t-il, à suivre sa propre ligne de conduite : elle souhaitait que sa fortune profite aux plus démunis et ni son mariage, ni sa famille n'infléchirent ses décisions.</p> <p>Il semble qu'Amélie-Félicité était bien en avant sur son siècle : elle mourut, ayant peu vécu sous la IIIe République, mais elle se situait déjà par ses gestes et ses vues sur la société au coeur du mouvement contemporain des idées, participant aux progrès d'une mentalité démocratique3.</p> <p>Aujourd'hui, celle qui mourut sans enfants, repose dans sa propriété qui lui était si chère, au rythme des rires et des cris d'enfants : ceux de la toute nouvelle crèche et ceux des plus grands du centre aéré. Amélie-Félicité a été en partie exaucée.</p></div> LA MARQUISE DE VILLEVIEILLE CONTRE LE CURE BAP OU LES MESAVENTURES D'UN BRACONNIER /SSH/spip.php?article117 /SSH/spip.php?article117 2008-12-13T16:22:29Z text/html fr G. Vidal <p>La chasse, à l'origine moyen de subsistance de l'homme, puis sport réservé à la noblesse et l'aristocratie, a toujours été étroitement règlementée, les bénéficiaires de ce droit défendant âprement leur privilège. Les autorités policières ont sévèrement réprimé et pénalisé les contrevenants, traînant devant les tribunaux certains récalcitrants. Jean-César Bap - il se fait aussi appeler de Bap - curé de Sommières quelques années avant la Révolution Française en fera la (...)</p> - <a href="/SSH/spip.php?rubrique16" rel="directory">SSH 1998 Bulletin N°6</a> / <a href="/SSH/spip.php?mot24" rel="tag">G. Vidal</a> <div class='rss_texte'><p>La chasse, à l'origine moyen de subsistance de l'homme, puis sport réservé à la noblesse et l'aristocratie, a toujours été étroitement règlementée, les bénéficiaires de ce droit défendant âprement leur privilège.</p> <p>Les autorités policières ont sévèrement réprimé et pénalisé les contrevenants, traînant devant les tribunaux certains récalcitrants.</p> <p>Jean-César Bap - il se fait aussi appeler de Bap - curé de Sommières quelques années avant la Révolution Française en fera la triste expérience.</p> <p>Au mépris des lois il chassera sur les terres de Montredon et de St-Amans, propriété de Madame la Marquise de Villevieille, dame Françoise Mélanie de la Fare qui n'hésitera pas à lui intenter un procès.</p> <p>Nous avons retrouvé un original daté de 1774 de l'argumentation développée par Maître Valladier, avocat de la Marquise. Voici quelques extraits :</p> <p><strong>Préambule</strong></p> <p><i> L'animosité aveugle : Monsieur Bap s'est trop livré à la sienne ; il n'a pas réfléchi, ni sur la circonspection que son caractère lui imposait pour lui-même, ni sur la justice qu'il devait aux autres. Pour soutenir un abus prohibé de la chasse, dont l'amusement le plus indifférent est interdit aux prêtres, et que Monsieur Bap n'a aucun droit de se permettre dans la terre de Montredon et de St­Amans, il s'est déchaîné en désespéré contre tout ce qui s'est présenté sur ses pas. </i></p> <p><i> Il a attaqué le droit prohibitif de la chasse, que les fiefs nobles et la sixième portion de la Justice en paréage avec le roi assuraient incontestablement à la maison de Villevieille en 1772, son année de tour. </i></p> <p><i> Il a contesté l'exercice de ce droit à la dame de Villevieille à qui le Marquis de Villevieille son fils, a cédé, par contrat du 17 avril 1771, l'usufruit, pendant sa vie, des terres et domaines de la Maison de Villevieille, notamment de la sixième partie de la Baronnie de Montredon et de St-Amans, fiefs, directes et cencives en dépendant, avec clause qu'elle jouirait de tous les honorifiques de la dite terre et seigneurie, avec les mêmes avantages que si elle avait la propriété... </i></p> <p><i> Repoussé dans tous ses efforts téméraires et terrassé par l'évidence ; il s'est armé de la diffamation ; et d'un écrit adressé à la justice, on a fait un libellé. </i></p> <p><i> La dame de Villevieille n'en sera pas émue : la piété sacrifiera même à la religion des vérités que Monsieur Bap a eu l'imprudence de provoquer... </i></p> <p><i> La dame de Villevieille va donc justifier ses procédés </i></p> <p><strong>Sur les procédés</strong></p> <p><i> Monsieur Bap aime la chasse : il prend à ferme celles des Seigneurs voisins ; et la bienfaisance de la maison de Villevieille toléra longtemps qu'il suivit cette noble passion dans les terres dont elle a le droit prohibitif. Mais Monsieur Bap dédaigna de n'en rien tenir de la bienfaisance ; il aspira au droit de chasser : la dame de Villevieille n'avait pas celui de déroger aux titres de sa maison ; elle était plus éloignée encore d'exiger que Monsieur Bap fit le sacrifice des siens. Elle donna ordre à son Procureur Fiscal de poursuivre une Ordonnance de ses Officiers, portant défenses à toutes personnes de chasser ou faire chasser dans le territoire de Montredon et de St-Amans, à peine d'amande et d'enquis ; cette ordonnance rendue le 25 janvier 1772 fut publiée et affichée le lendemain... </i></p> <p><i> Les défenses publiées n'ayant pas empêché Monsieur Bap de chasser, même les fruits pendants, il fallait, ou reconnaître ses prétentions sur les terres de Montredon et de St-Amans, ou le citer en justice ; ce dernier parti étant devenu nécessité, il fut porté plainte le 25 mai 1772. </i></p> <p>Condamné par la Maîtrise le curé Bap fait appel à la Cour, imprime des mémoires dans lesquels il conteste le droit de chasse de la maison de Villevieille et à la dame l'exercice de ce droit.</p> <p>Le ton monte. Bap s'en prend aux agents et aux écrits produits pour la défense de la dame de Villevieille, <i> "leur impute </i> <i> des calomnies, des noirceurs..." </i>, il se laisse ainsi <i> "entraîner par la fougue de l'humeur...". </i></p> <p><strong>Sur le droit</strong></p> <p>1- Le curé Bap, convaincu de la faiblesse de ses objections, va essayer néanmoins de les justifier.</p> <p><i> "Les premiers hommes vivaient sans occupation et subsitaient de la chasse comme de la pêche ; aujourd'hui ce sont pour les particuliers des états d'oisiveté et des occasions de malfaire." </i></p> <p>2- La dame de Villevieille ne veut pas contester à Monsieur Bap la qualité de noble qu'il se donne (de Bap), cependant <i> "la noblesse n'a point le privilège de chasser aux cailles dans la terre d'un autre seigneur, moins encore au printemps et avec chien courant, à moins d'une permission expresse...". </i></p> <p>De plus <i> "la chasse aux cailles avec chien couchant est plus particulièrement encore prohibée...d'autant que la chasse du chien couchant fait qu'il ne se trouve presque plus de perdrix et de cailles. </i></p> <p><i> Ainsi donc, quand la qualité de prêtre n'aurait pas interdit la chasse à Monsieur (de) Bap, il n'aurait pu trouver dans la noblesse le privilège de chasser dans les terres de Montredon et de St-Amans, aux cailles, dans le printemps, avec chien couchant." </i></p> <p>Le curé Bap fait référence à la confrérie des Quatre Prêtres et du collège de St-Michel dont il est syndic et affirme que ces institutions avaient de véritables fiefs nobles dans l'étendue du territoire de Montredon et St-Amans. Toutefois, il faut qu'il prouve l'autenthicité de cette noblesse, encore que le syndic n'en serait pas pour cela autorisé à chasser dans ces terres.</p> <p><i> "Elles sont censées roturières s'il n'appert de leur nobilité par un hommage ancien de cent ans, suivi d'un dénombrement reçu dans les formes, à moins qu'il n'y ait d'autres titres suffisants de nobilité." </i></p> <p>Bap cite un acte d'amortissement du mois d'octobre 1370, un second acte d'amortissement du 13 janvier 1376, des déclarations faites au roi en 1487. S'ensuivent de longs textes en latin, tant de droit, que de lettres patentes. Quoiqu'il en soit il n'arrive pas à prouver si ces fiefs sont des fiefs nobles. Tous les efforts de Monsieur Bap sont donc vains ; ses recherches n'ont abouti qu'à constater <i> "l'impossibilité que les confrèries des Quatre Prêtres et le collège de St-Michel aient aucun fief noble, aucune directe noble, aucune cencive noble dans l'étendue de la baronnie." </i></p> <p>Il est évident que Monsieur Bap n'a aucun droit de chasse ; et il est également incontestable que le droit prohibitif de la chasse appartient à la maison de Villevieille en l'année 1772. Il n'est pas moins certain que la dame de Villevieille ait personnellement l'exercice de ce droit prohibitif en sa qualité d'usufructeresse.</p> <p><strong>Sur la procédure</strong></p> <p>Notre curé, coincé sur le plan purement juridique, essaie d'insinuer qu'il y a vice de forme dans la plainte de la dame de Villevieille. Peine perdue. De plus, il est fait référence à une affaire similaire qui s'est déroulée au cours de l'année 1768 : le sieur de Lanogarède avait chassé dans le mandement de Randon. Il avait été condamné à cent livres d'amende. En application de l'article 18 du titre 30 de l'Ordonnance de 1669. <i> "La défense de chasser dans les vignes et dans les blés, dans les temps défendus </i> <i> est reconnue si généralement préjudiciable aux biens publics, que le parlement de Guyenne, par arrêt du 29 avril 1681, a fait, dans son ressort, très expresses inhibitions et défenses à toutes personnes, de quelques qualité et conditions qu'ils soient, de chasser dans les vignes ni autres endroits pendant que les vignes seraient en pied. La chasse est donc bien incontestablement interdite à toutes personnes, pendant le temps prohibé, non seulement dans les terres mêmes qui sont ensemencées et dont les blés sont en tuyau, mais encore dans les terres limitrophes qui ne sont point semées, par l'occasion trop prochaine que celles-ci fourniraient aux chasseurs de passer dans celle-là. </i></p> <p><i> Monsieur Bap a avoué avoir été quelques fois à la chasse avec un chien et un fusil dans le territoire de St-Amans et Montredon, ce qu'il réduit à trois fois pendant le printemps, ajoutant que, lorsqu'il chasse, il n'entre point dans les terres ensemencées, et qu'il suit les chemins et les sentiers, se servant d'un appeau pour appeler les cailles." </i></p> <p>Il lui est rétorqué que <i> "l'appeau peut bien attirer la caille près du chasseur ; mais il ne la fixe pas sur la ligne du chemin. La caille file à droite ou à gauche et elle tombe dans les blés si le coup l'abat. </i></p> <p><i> Ce n'est pas avec plus de justesse que Monsieur Bap fait valoir la docilité singulière de sa chienne car les Canons prohibent aux ecclésiastiques l'entretien de chiens de chasse." </i></p> <p>De nombreux témoins affirment avoir vu Monsieur Bap sur les trois ou quatre heures de l'après-midi, chassant avec chien et fusil dans les terres semées en blé au quartier appelé la Plaine de St Laze. Bien évidemment Bap s'en prend vigoureusement aux témoins, le sieur Favas et le sieur Bruguière, chirurgien major.</p> <p>L'argumentation de la dame de Villevieille conclut : <i> "Monsieur Bap ne présente donc à la justice que des calomnies </i> <i> pour étayer un délit. La justice vengera l'ordre pubic, en proscrivant son appel." </i></p> <p>Le texte est signé Monsieur de Coulomb, rapporteur, Maître Valadier, avocat, Casseirol, procureur.</p> <p>La publication est faite à Nîmes, chez la veuve d' A. Belle, imprimeur du roi et du Conseil Supérieur, près du Palais.</p> <p>Nous ignorons l'issue du procès, l'accusé, coriace se défendant pied-à-pied. Nous pensons que Jean-César de Bap, curé pré-révolutionnaire de Sommières a été sauvé par l'abolition des privilèges, dans la nuit du 4 août 1789. Comme quoi, les révolutions ont quelque chose de bon, même pour les curés braconniers.</p></div>